Max | Palette

Par Aragon

Ne sachant plus que faire,

le mal étant trop grand,

j'ai ouvert ma poitrine tantôt.

J'ai pris mon coeur entre mes doigts,

il n'était qu'ombre, sang, vestige de lumière,

sur ma palette nue l'ai déposé.

C'est alors que j'ai vu tous ces yeux,

les yeux qui sont autour de la coupe

claire du monde, grands ouverts,

en partage, en attente. Vos yeux.

J'ai pressé les pupilles, de la peinture a jailli,

éclaboussante et vive, mille taches éclatantes

furent vites posées sur le morceau de bois.

Mille taches d'espoir, mille taches d'amour.

Vous étiez enfin là, pourquoi auparavant,

doutais-je de vous voir ?

Ma palette est bien faite à présent,

elle est remplie de vous, elle est pleine d'espoir,

de folie, de passion, de toutes ces couleurs

que l'on ne peut nommer, je sais,

je sais enfin qu'un pauvre coeur,

solitaire et meurtri ne peut se décliner

que sur les yeux aimants des enfants de ce monde.

Je peux enfin commencer à peindre la vraie vie...

photo "coeur" © Arthémisia / http://corpsetame.over-blog.com/