Les pétromonarchies arabes face à un triple péril (1/3)

Publié le 30 janvier 2010 par Tanjaawi

Golfe arabo-persique: Bouc émissaire idéal de la faillite du système financier occidental, les pétromonarchies arabes face à un triple péril démographique, militaire et domestique.

  • Le G20, une nouvelle configuration de l’ordre international.
  • L’anglosphère Wasp (white anglo saxon protestant) ne constitue plus le centre de l’Amérique, pas plus que les Etats-Unis ne constituent plus désormais le centre de l’Occident, ni l’Occident, le centre du monde.
  • Paris, 6 novembre 2008. Le G-20, le groupement des vingt premières puissances économiques du monde, se tient le 15 Novembre à New York afin de tenter de remédier au dérèglement du système bancaire occidental, dans une démarche qui signe la cooptation forcée des pays extra-occidentaux dans la prescription d’un nouvel ordre financier international.

    Sur les vingt pays membres de ce forum, qui fera date dans l’histoire, le Monde occidental est ainsi représenté par huit membres (Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, France, Canada, Italie, Australie et Union européenne), l’Asie par cinq membres (Chine, Inde, Japon, Indonésie et Corée du sud), l’Amérique latine par trois (Brésil, Argentine et Mexique), l’Océanie, le Monde arabe et l’Afrique sont représentés par un membre chacun, l’Australie pour l’Océanie, l’Arabie saoudite pour le Monde arabe et l’Afrique du sud pour l’Afrique. Survivance d’une structure post-coloniale, ce forum est marqué par une sur représentation de l’Europe (cinq membres sur vingt, soit le quart du G-20)  et une sous représentation du Monde arabo-musulman, pourtant abondamment sollicité pour le renflouement de l’économie occidentale et une sous représentation identique de l’Afrique, pourtant premier exportateur mondial d’Or, de platine, de diamant, de bauxite, de manganèse, second exportateur de cuivre et de pétrole brut et premier producteur mondial de caco, de thé, de tabac.

    Sur fond d’une vive rivalité entre le Royaume Uni et la France, le premier ministre britannique dans une démarche d’une placidité efficace qui tranche avec l’activisme chauvin de son homologue français, a exhorté les pétromonarchies à contribuer au financement d’un nouveau fonds international en vue d’aider l’économie des pays sinistrés par la faillite bancaire américaine. Gordon Brown, qui passe pour de nombreux observateurs internationaux comme le véritable sauveur du système économique occidental par son impulsion première de la recapitalisation étatique du système bancaire européen, a fait cette proposition lors de sa tournée début novembre dans le Golfe, alors que le président Nicolas Sarkozy envisageait de doter la France d’un Fonds souverain à l’effet de faire barrage à une nouvelle invasion sarrasine, économique celle là, –un «Poitiers économique» en somme–, afin d’éviter une mainmise des Fonds Souverains arabes ou asiatiques sur les joyaux de l‘économie française .

    Président en exercice de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy s’est impliqué, d’une manière vibrionnaire,  dans la préparation de ce sommet au point de se poser comme le chef intérimaire du camp occidental durant le règne crépusculaire du président américain George Bush. Il risque toutefois de pâtir du prestige du nouveau venu sur la scène internationale, le nouveau président américain, Barak Hussein Obama, premier président afro-américain de l’histoire, reléguant au rang de gadget médiatique, sa garde rapprochée de la diversité culturelle, en pleine déconfiture, Rachida Dati (Justice), Rama Yade, (Droits de l’Homme) et Fadela Amara (logement et insertion sociale). L’aura médiatique de Nicolas Sarkozy risque en outre de pâtir de la conférence sur « le dialogue des religions » qui se tiendra le 11 novembre à new York, avec, pour la première fois, la participation conjointe du Roi Abdallah d’Arabie saoudite et du président israélien  Shimon Perez.

    Au delà de cette fébrilité diplomatique, le G20 de Washington signe dans le champ subliminal  la nouvelle configuration de l’ordre  international tel qu’il se dégage au terme de la double mandature de George Bush (2000-2008), qui se  résume par cette équation: L’angloshère Wasp (white anglo saxon protestant) ne constitue plus le centre de l’Amérique, pas plus que  les Etats-Unis ne constituent plus désormais le centre de l’Occident, ni l’Occident, le centre du monde.

    René Naba | 06.11.2008Paris