Rien de va plus chez Louboutin

Par Lilicastille


Mais que se passe-t-il au royaume de la chaussure de luxe, au temple de l’extase orteillesque, là où toute femme normalement constituée est certaine de prendre son pied ?




Je vous assure que je suis loin de prendre le mien en écrivant ce billet râleur mais mon amour de la pompe me met le talon aiguille sous la gorge et m’oblige à vous faire part des récentes expériences malheureuses de certaines de mes amies amoureuses de la chaussure de grand art.

Il est vrai que le plus grand ami de la femme (l’homme a le chien, la femme, Louboutin) n’a jamais été réputé pour concevoir les pièces à chausser les plus confortables, toutefois le génie de ses créations a toujours su soigner nos quelques ampoules passagères. Mais avec la dernière collection, rien ne va plus, on dépasse tout entendement et le Grand maître bottier semble avoir la patte cassée.
Loin de vouloir mettre un coup de pied dans la fourmilière, je vous fais donc part des témoignages de certaines de mes amies.


Christine, taille de guêpe et chef d’entreprise : « Mon mari m’a offert pour mon anniversaire une paire d’escarpins Louboutin noirs ouverts avec un élastique au dessus du talon. Après les avoir portés une fois, voici que le cuir de l’élastique craque est laisse entrevoir la bande blanche qu’il entoure. Je t’avoue que s’il s’était agi d’une paire d’Andrè, j’aurais trouvé ça normal et passé l’éponge. Mais là, vu le prix de la paire, on s’attend à de la qualité sans faille. Alors j’ai ramené la paire à la boutique qui me l’a réparée gratuitement. Je la récupère et la porte de nouveau en pensant que le défaut faisait partie du passé. Au bout de quelques heures, l’élastique m’a de nouveau lâchée : un bon blanc bien cheap sur fond de collant noir opaque. Super classe pour mon rendez-vous clientèle ! »


Vous ne connaissez pas Christine la Tenaille mais moi si. Alors je ne fus pas surprise lorsqu’elle me dit qu’elle ne lâcherait pas l’affaire. Elle retourna donc à la boutique et exigea réparation. Elle confia de plus belle ses escarpins aux bons soins du SAV de Louboutin et les récupéra quelques jours plus tard, réparés de nouveau : « Comme j’étais garée en double file, je les ai retirés à la boutique sans les essayer. Arrivée chez moi je les est ai enfilés et là : impossible de les chausser, l’élastique ayant coupé trop court, mes chaussures de rêve avaient perdu une taille de facto et me faisaient souffrir la calvaire. » Double mauvais point pour la maison Louboutin : la chaussure et le SAV.


Si ce n’était qu’un cas isolé, je passerais volontiers l’éponge je ne vous alarmerais pas, vous les adoratrices de talons de 12.
Mais l’histoire se répète et s’amplifie avec le cas de Sandrine, bombe fatale et Directrice de Département, qui achète sa première paire de bottes signées Louboutin. Sublimes, racées et au coup de pied fatal, elles lui font mal au bout du deuxième jour, mais comme nous toutes, elle encaisse. Sandrine les chouchoute, les regarde et les caresse. Un soir, elle les porte nue et là, ô malheur ! Elle découvre l’impensable : l’asymétrie bottesque. SI si, ça existe, chez Christian Louboutin en tout cas. Une botte dépasse de 2 centimètres (fidèlement mesurés par Sandrine en tenue d’Eve) sa compère. Ca la fout mal pour une paire à 1 000 €.


Et la liste n’en finit plus de s’allonger : shoe must go on ! Isa, fashionista irrécupérable et PDG de sa boîte qui ne compte plus ses paires de chaussures de peur de choper un sacré coup de vieux, s’est laissé surprendre par une paire de stilettos de Louboutin dont la couture lâchait au niveau du talon, après les avoir porté seulement quelques heures. Et enfin, moi même, Lili de mes deux (chaussures bien sûr) qui ai craqué pour ma énième paire du grand Christian, de très belles bottes noires, la pièce atemporelle aussi chic que sexy, mais aussi inconfortables que sublimes, ne m’offrant qu’une assise imparfaite, la voute plantaire ballante dans une chaussure à ma taille, et qui m’ont arraché la peau des deux pieds.


Déçue par la succession de ces déboires indignes d’une telle griffe, j’ai passé mon chemin rue de Grenelle et  c’est alors que je fis une merveilleuse découverte au numéro 28 :  la boutique IRIS et son choix pointu de chaussures arty  de luxe. Chloé, Marc Jacobs, Balenciaga, Galliano, Pierre Hardy, que de l'excellent choix. Certes, si vous recherchez des chaussures de ploucasse du genre Dior ou Vuitton, vous pouvez passer votre chemin, vous n’en trouverez point. Si non foncez ! Les collections sont soldées à 70 % et il reste encore un maximum de tailles. Duc coup, je me suis octroyée deux gros plaisir, deux immenses noms pour une toute petite somme… dont ces très belles bottes en veau plongé noires ourlées de doré... soldées à 70% !



 

Alors, en attendant que Christian fasse son mea culpa et se reprenne avant que sa mauvaise réputation ne fasse le tour de la capitale, je délaisse volontiers la semelle rouge sans rougir pour les bons plans des copines et des créateurs aux semelles couleur chair.


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