Temporalités

Publié le 26 janvier 2010 par Jef06

Le temps est avant tout une notion subjective: lent et paresseux quand on s’ennuie, court et en manque quand on agit et qu’on y prend plaisir. Long lorsqu’on est jeune, plus long quand on est plus jeune. Rappelons-nous, enfant, comme une année scolaire nous paraissait interminable et comment les grandes vacances nous semblaient si longues. Or, il me semble aujourd’hui que la rentrée de Septembre, c’était hier et je sais que nous allons nous retrouver fin Juin sinon demain, au moins après-demain.

Le temps est paradoxal car l’instant présent est déjà du passé à partir du moment où l’on y pense et, le futur, le notre, est tellement déterminé par le structurel du passé qu’il apporte rarement de vraies surprises.

Plus encore, l’échelle du temps apporte du sens. Le rythme auquel on le re-déroule nous amène à voir les choses différemment.

Par delà l’agitation évènementielle sarkozienne, nous regardions dimanche soir avec l’ami Thierry “L’année 2009 du zapping” sur Canal + et j’ai été frappé par le décalage qui apparaissait, encore plus évident, entre les paroles de notre Président et ses actes, entre ses annonces et leurs résultats, la visible de sa “com” et le profond mépris à notre intelligence qu’elle constitue, en même temps que se dénudait la logique profonde de sa politique: le service de sa clientèle accompagné des enfumages sécuritaires et identitaires pour garder les votes des veaux et des vieux. Les faits marquants d’une année en deux heures, avec des extraits d’actualités télévisées prennent un sens différent, plus fort, plus marqué.

Ce raccourci des évènements de 2009 décryptés par le zapping mettait en évidence avec une clarté crue le changement de République que nous subissions mieux que 1 000 tracts ou 1 000 discours. En quelques séquences, s’affichait le décalage entre le discours sur la crise et les mesures effectivement prises, G 20 aidant… En quelques spots s’affichait le désastre de Copenhague, la vulgarité du népotisme de l’épisode du Prince Jean, le pipeau des déclarations sécuritaires, la logique de clan du gang du Fouquet’s, et la mobilisation électorale des boeufs (et beaufs) sur l’identité nationale… Cette année 2009 du zapping était l’exact inverse du show sarkozien de TF1.

Si vous l’avez ratée, je vous conseille d’essayer de la regarder.

- Spectacle sarkozien lundi sur TF1: Avocat des patrons du CAC 40 dont il justifie les revenus extravagants, défenseurs d’Henri Proglio et de sa double casquette, même provisoire, procureur indulgent des banquiers, Nicolas Sarkozy paie le péché originel de sa stratégie : une trop grande proximité avec la caste de l’argent”. Libération. Et la revue de presse. Pour Le Monde: “Face aux Français, Nicolas Sarkozy choisit le registre de la compassion”, sur Marianne. Sur les blogs: Les décodeurs, Je suis belge…, Comprendrelatélé, Déchiffrages, et un commentaire sur “Actu bien pris tes comprimés“: “Le bonimenteur a bonimenté, l’illusionniste illusionné… Seul, le fanfaron, a légèrement modéré ses habituelles forfanteries…”. Les réactions de Stéphane Guillon. Le show vu par la presse étrangère dans le Figaro: “C’est un président monarque qui s’offre deux heures de prime time pour tenter de redorer son image. Il écoute les doléances de ses sujets qui souffrent, comme le bon roi à leur chevet”.

Image empruntée à MédiaPart

- Le syndicaliste du panel de TF1 donne son avis sur le show. Le Post.

-  H1N1, l’OMS sous la coupe des laboratoires ? Le Figaro.

- F. Hollande et M. Valls peinent à trouver la cohérence de N. Sarkozy… Marianne. Pourtant, la cohérence de sa politique au profit de sa clientèle est aveuglante…