Dette : le jour où la France regrettera de ne pas avoir élu Bayrou

Publié le 10 février 2010 par Lheretique

Je regarde avec une grande inquiétude (frayeur ?) les évènements de Grèce. La Grèce est contrainte, en raison de ses déficits publics, d'appliquer un plan de rigueur sans précédent. Coupes sombres dans les programmes sociaux, blocage des salaires des fonctionnaires, et même parfois diminution de leurs revenus avec suppression des primes, l'heure est noire dans le pays.

Or, la Grèce est notre avenir, à nous autres Français. Les bêtises crasses de Nicolas Sarkozy ont fait exploser nos déficits comme jamais ; contrairement à ce que tente d'expliquer malhonnêtement le gouvernement, la crise n'en est pas la cause principale. Seuls Bayrou et le MoDem continuent d'évoquer ce danger mortel, et, lorsqu'ils proposent des mesures, se gardent bien d'annoncer de nouvelles dépenses. Les autres sont silencieux. Sarkozy et Fillon font de l'agit-prop mais se foutent littéralement de la gueule du monde et des autres partis politiques. Après avoir vidé consciencieusement les caisses, et continuer à le faire, voilà que Nicolas Sarkozy convie toutes les forces politiques à un grand colloque sur la dette. Mais de qui se moque-t-il ? Qu'il commence par annuler toutes les mesures débiles qu'il a prises dans le domaine de la fiscalité et les nouvelles dépenses publiques qu'il a généré.

Les Français doivent comprendre  : tout ce que nous avons vécu ne sera rien à côté de qui va leur tomber dessus s'ils soutiennent les dépensiers (Sarkozyste et socialistes !) aux différentes élections. Et ce sera très très brutal.

Que va-t-il se passer en 2013, quand nous allons atteindre les 100% du PIB de dette ? La Cour des Comptes ne cesse de mettre en garde le gouvernement. J'en ai assez de ces politiques qui tablent toujours sur la croissance pour effacer leurs conneries. Promesses d'ivrogne qui vont finir par nous coûter très cher. Je note d'ailleurs ce qu'écrivait Thierry Breton dans Le Monde le 1er février dernier :

Notre dette publique, selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) et de Bruxelles, aura augmenté de plus de 50 % entre 2007 et 2012, passant de 1 210 à environ 1 850 milliards d'euros. De 64 à environ 90 % du PIB. [...]

De fait, notre propre histoire économique nous enseigne que, à l'opposé d'une idée trop répandue en France, les déficits et la dette ne créent pas la croissance : au contraire ils l'asphyxient sur le moyen terme ! Sur les trois dernières décennies, notre croissance potentielle n'a cessé de baisser à mesure que s'accumulaient déficits et dette. Evidemment, le chômage structurel a suivi. Le parallèle historique parle de lui-même. Ma conviction est faite : le véritable investissement d'avenir, c'est le désendettement.

Bon sang de bois : c'est que n'a cessé de dire Bayrou depuis quatre ans. C'est quasiment le préambule du programme économique du MoDem. C'est évident, la véritable relance, c'est celle-là, le désendettement. Cela dit, il ne manque pas d'air, le Thierry Breton : non seulement il n'a rien fait pour juguler la dette quand il était Ministre de l'économie, mais en plus il propose de créer un nouveau plafond à 90-100% du PIB pour prendre acte de la situation des États européens. Eh bien non ! Non, et non ! je suis contre. Totalement contre. C'est comme l'ivrogne qui se sert sa dernière rasade de gnôle et déclare ainsi préparer la cure. Il faut que nous revenions vers les 60%.

Il faut commencer par faire un bilan en établissant nos priorités (et cela doit faire l'objet d'un débat) ; pouvons-nous, par exemple, continuer à jouer les gendarmes du monde ? Non, pas avec nos finances. Mieux vaut préserver les fonds nécessaires pour moderniser nos équipements plutôt que de dépenser des fortunes dans les opérations extérieures, avec in fine un matériel déliquescent.

Il faut revenir sur la suppression de la publicité à la télévision, reconsidérer toutes les niches fiscales et supprimer celles qui n'apportent pas clairement des emplois en plus, réexaminer le bouclier fiscal et ne conserver que ce qui est pertinent, revenir sur les gratuités accordées quand elles ne répondent pas à un impératif social clair face à la détresse et à la misère.

Il faut aussi refuser l'inflation des coûts que génèrent tous les opérateurs de l'État dont les effectifs ne cessent de gonfler.