« Thaïlande et identité nationale »

Publié le 21 février 2010 par Raoul Sabas

Le 21 février 2010

Objet :

« Thaïlande et identité nationale »

Monsieur Eric Besson

Ministre de l’immigration et de l’identité nationale 
101, rue de Grenelle 
75323 Paris cedex 07

Monsieur,

En un temps, où vous combattez valeureusement pour tenter vainement de définir, ou de redéfinir, une identité nationale française, pourtant à jamais perdue depuis 1981 et l’arrivée de la gauche au pouvoir grâce au concours nocif de soi-disant intellectuels et de pseudo-philosophes faiseurs d’opinion, parmi lesquels je place au premier rang Bernard-Henri Lévy, adepte de tout et son contraire dans ses rêves de cosmopolitisme paisible, sans oublier les « politiques » de gauche, un évènement fortuit survenu récemment au Parc Lumpini de Bangkok m’a permis de mesurer, s’il en était besoin, la différence énorme qui sépare l’identité nationale thaïlandaise, une vraie réalité, de notre prétendue identité nationale sans cesse démentie au quotidien dans son hymne national, son drapeau, sa langue et son Histoire, voire la couleur de peau.

En effet, pour mesurer l’importance de l’évènement banal relaté, il suffit de se rappeler notre hymne national honteusement sifflé lors de matchs de football au stade de France contre des équipes du Maghreb, avec les excuses victimaires de tous les « vertueux censeurs » d’aujourd’hui, dont le principal défaut, preuves matérielles à l’appui, est de refuser de débattre sur le fond, ce qui est évidemment très pratique pour avoir toujours raison et lancer ses anathèmes de toutes sortes, essentiellement au prétexte de « stigmatisation » de l’islam et de ses fidèles ou non, religieusement parlant.

Par comparaison, le respect accordé à l’hymne national thaïlandais dans ce parc de Bangkok permet de juger ô combien de l’unité d’un peuple autour de ce symbole. En effet, alors que nombre de joggers, promeneurs, joueurs de badminton et autres se livraient à leurs occupations favorites, dès le premier son de la musique nationale, venu de je ne sais où, tous se figèrent aussitôt sur place, témoignant ainsi d’un premier critère réunissant effectivement tout un peuple, comme il en allait également ici auparavant – sauf à quiconque, évidemment, d’établir le contraire pour les années antérieures à 1981, où, à ma connaissance,  la Marseillaise n’avait jamais été sifflée en public – ici, tout au moins !

Néanmoins, si le respect, voire l’amour, du drapeau et de l’hymne national suffisent déjà à témoigner d’une identité commune comme en Thaïlande, la langue n’est pas non plus le moindre critère unitaire d’un peuple. Or, même sur ce plan, notre pays atteste aujourd’hui qu’il n’a même plus sa propre langue en signe d’unité, ainsi que chacun a pu le constater au quotidien dans des lieux publics, et comme j’en ai eu encore confirmation dans l’aire de récupération des bagages de Roissy avec de jeunes maghrébins et l’incident survenu avec le préposé à la sortie des bagages. En effet, non contents de parler arabe entre eux au milieu d’une importante cohorte de voyageurs autochtones, un problème de bagage coincé entraîna une dispute, en arabe, avec le préposé, signe manifeste du rejet volontaire, voire provocateur, de notre langue, contrairement aux vagues d’immigration antérieures dont les ressortissants (Arméniens, Polonais, Italiens, Espagnols, Portugais, etc.) se gardaient bien de s’exprimer en public dans la langue d’origine de leurs ascendants.

Pas de langue partagée en commun, pas  de drapeau et d’hymne représentatifs d’une unité nationale, qu’en est-il de notre Histoire depuis 1981, où le communautarisme juif, arabe, africain, antillais, etc. n’a de cesse de faire culpabiliser la France et les Français au nom d’un passé révolu de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles, quitte à transformer en schizophrènes ceux qui se réclament de leurs papiers français : ils sont français, mais ils rejettent la France au profit de leurs pays d’origine, ainsi qu’en témoignent les drapeaux déployés récemment, les t-shirts et autres you-yous – vous avez dit « identité nationale » ? ! Elle est malheureusement bel et bien perdue pour longtemps, voire à jamais, hormis de rares circonstances exceptionnelles, car on ne gagne pas une Coupe du monde tous les ans ! ! !  Au vu des comportements dans les pays d’origine, ils sont pourtant malvenus pour donner des leçons de morale aux Autres, à moins d’ignorer le sort des Berbères, des albinos, des Darfouri, des Zimbabwéens et autres, victimes là-bas de discrimination ethnique et xénophobe.

Pour ce qui est d’une couleur de peau identique, la Thaïlande donne encore le la. Certes, il est de bon ton aujourd’hui de faire croire que la France était multicolore et multiethnique depuis la nuit des temps, alors que les musulmans se comptaient à peine en quelques milliers au début du siècle passé, tandis que leur population a été multipliée par mille en une centaine d’années. Loin de moi l’idée d’associer les bons à une couleur de peau particulière, et les mauvais aux autres, mais la multiplication des pratiques communautaristes est loin de faire bon ménage avec une quelconque identité nationale - la preuve, on ne cesse de nous faire l’éloge de la diversité, mais une identité dans la diversité, qu’est-ce donc exactement ? !

En revanche, l’identité nationale thaïlandaise se fonde aussi sur ce critère, ainsi que quiconque aurait pu le constater en assistant aux grandes fêtes bouddhiques de fin janvier 2010 à Sakhom Nakom dans le Nord-est de la Thaïlande, à la frontière du Laos, où je devais bien être le seul parmi des dizaines de milliers  de pèlerins à ne pas ressembler à un Thaï, tout comme il n’est pas fréquent de croiser des non-Thaïs en se promenant dans Bangkok, hormis les nombreux touristes occidentaux, ce qui n’est pas le cas dans nos villes françaises – ceci, seulement, pour nier une quelconque identité nationale, à l’exemple de cette Malienne déclarant sur France Culture, au cours de l’émission « Sur les docks », quoiqu’habitant Paris depuis vingt ans :

« C’est la couleur de chez eux », en parlant de nous, les Français, en ajoutant : « Le bois peut durer dans l’eau autant qu’il peut, il ne deviendra jamais un crocodile », et même pour lever toute ambiguïté : « Je peux rester autant d’années en France, je ne deviendrai jamais française, je resterai toujours africaine ; et même un jour, quand je demanderai la nationalité française, ça ne veut pas dire que je deviendrai française. Sur le papier, je suis française, mais de couleur et à l’intérieur, je suis africaine, c’est la réalité ». Vous avez dit « identité nationale française » ? !

En conclusion, je vous souhaite bonne chance dans votre entreprise, vouée pour moi à l’échec, et je vous renvoie à ma lettre du 4 avril 2007, à laquelle vous aviez aimablement répondu par un petit mot manuscrit, toujours à votre disposition. J’avais joint à celle-ci une synthèse d’une trentaine de pages, adressée à Ségolène Royal pour dénoncer sa fallacieuse promesse idéologique d’ « ordre juste », ainsi que les mensonges et les « croyances au miracle » sur lesquels continue de fonctionner la société humaine universelle, et donc aussi la nôtre, comme aux pires époques obscurantistes de notre monde, dans ses croyances superstitieuses religieuses, toutes religions confondues (monothéistes et polythéistes), métaphysiques (matérialistes ou scientistes, idéalistes ou spiritualistes), idéologiques, toutes les idéologies sans exception, et moralistes, tous catéchismes réunis.
Elles sont utilisées, aujourd’hui comme hier et demain, pour leur plus grand profit, sur fondement d’égoïsme inné, par tous les faiseurs d’opinion de l’époque, tous milieux confondus [Médias, « politiques », intelligentsia (prétendus intellectuels et pseudo-philosophes
) et associations moralisatrices à sens unique], dans leurs polémiques constantes de toutes sortes, où chaque « vertueux autoproclamé », donneur de leçons de morale, reproche aux Autres ce que lui-même a fait hier et refera demain à la première occasion, où ses intérêts égoïstes de toutes sortes l‘exigeront dans ses affaires d’amour, d’argent et de gloriole ou honneur-vanité.

Je joins à ce courrier le texte, Mensonges et lâcheté des élites, dans lequel je dénonce le penser superstitieux dans ses divers modes d’expression précisés ci-dessus, ainsi que la centaine de faiseurs d’opinion qui les colportent, mais dont j’attends encore les réponses sur le fond aux centaines de lettres adressées depuis plus de dix ans, preuves matérielles à l’appui.

Je vous invite donc à me faire part de vos éventuelles objections, intellectuellement et philosophiquement étayées, sur des points très précis de désaccord, en espérant que vous tiendrez compte de l’ensemble de mon courrier dans votre vie publique pour mettre au pas tous les donneurs de leçons de morale aux Autres.

Dans cette éventualité, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

Annexe : Texte, Mensonges et lâcheté des élites