Gasconha : à la découverte du costume traditionnel gascon au XIX e siècle

Publié le 27 février 2010 par Wawaa

Voilà une chose à laquelle je ne m’étais jamais réellement intéressée : le costume traditionnel gascon. Mais je me suis rendue au musée des Jacobins à Auch où j'ai découvert avec enthousiasme de l’exposition Gasconha, consacrée aux costumes traditionnels gascons mettant en scène au fil des vitrines  la naissance, la communion, le mariage, la vie quotidienne, la mode, le rugby, l’artisanat textile …


La façon de se vêtir a toujours été une manière de se démarquer socialement ! Comme toute région, le costume gascon n’a pas échappé à cette règle. On trouve des divergences dans la fonction des costumes : certains sont destinés à être portés pour le travail et d’autres pour des événements plus officiels ou festifs. C’ est l’occasion pour la bourgeoisie d’afficher son aisance financière en se parant de ses plus beaux atours pour les grandes occasions.

Les femmes portaient en général une brassière surmontant une « haudette » qui est un jupon, à cela s’ajoutait souvent un tablier, un fichu et une coiffe. Mais au travail, une grande chemise et un jupon rayé suffisait ! Ces jupes étaient confectionnées dans un tissus très épais d’une très bonne qualité ce qui leur donnait un côté à la fois confortable et inusable ! En matière de couleurs elles associaient bleu et blanc ou rouge et bleu, ou marron et bleu …

Sur la tête, et surtout au XIX e siècle, les femmes portaient ce que l’on appelle le « mocader de cap ». C’est un carré de coton en toile imprimé, un mouchoir à carreaux qui venait d’Indes et qu’on a vu sur beaucoup de tête féminine jusqu’au début du XX e siècle.

Le milieu bourgeois portait le même type de vêtement à peu de choses près que les tissus étaient plus précieux, plus fins, mieux coupés et plus élégants. S’ajoutait à cela un joli châle… Et pourtant on dit bien que l’habit ne fait pas le moine, mais d’un seul coup d’œil on savait à quelle branche de la société on avait affaire ! Surtout quand les femmes se paraient de bijoux, éventails et autres accessoires !

L’exposition est composée de plusieurs vitrines très intéressantes dont une consacrée au mariage. On faisait tout pour que la jeune mariée de sa famille ait la plus belle robe ! L’épouse, telle une reine, se retrouvait même avec une couronne sur la tête, une couronne remise par son père avant ledit mariage. Le vêtement avait une grande importance dans le mariage ! Le marié offrait des sabots à sa femme ou des souliers et en échange elle lui permettait de retirer son tablier. C’était un peu la symbolique du don de soi de l’un à l’autre.

La mariée gasconne avait énormément de chance car elle était en rouge, et moi j’adore le rouge !  Une belle robe rouge, un tablier de soie, un châle écru ou blanc sur les épaules, une coiffe magnifique…etc etc … mais je ne vous en dirai ni n’en montrerai pas plus sur cette magnifique mariée de Gascogne ! Le musée des Jacobins le fera bien mieux que moi !

L’exposition donne aussi l’occasion de découvrir par une belle galerie ornée de façades de boutiques sémillantes les vêtements liés aux grands événements de la vie et de la religion : ces vitrines permettent de pouvoir se plonger dans les rites et coutumes d’une autre époque concernant ces grands moments de la vie comme la naissance, l’accouchement, les fiançailles, le mariage, les funérailles, le baptême ou encore l’enfance ou la communion. Mais pour le moment je n’en dis pas plus ! De toutes manières Gasconha est là pour vous le faire découvrir !

Mais on ne parle que de femmes là non ? N’oublions pas ces messieurs dont les règles vestimentaires étaient également particulières. Au travail, et surtout dans les champs, une simple chemise suffisait par-dessus un pantalon de chanvre tenu par une ceinture en laine, avec la traditionnelle paire de sabots et le classique chapeau de paille.

De manière simple les hommes portaient une chemise, un gilet ou une veste sur un pantalon avec le mouchoir autour du coup. Jusqu’à la fin du XVIII e siècle, ils portaient des culottes dont la longueur atteignaient le genou mais ces messieurs on fini par préférer le pantalon. Encore une fois, selon son rang social, l’homme pouvait porter des atours plus ou moins précieux comme par exemple des chaussettes de toutes les couleurs ou des bas tissés et/ou brodés qui témoignaient de l'aisance financière.

Pour les cérémonies, les fêtes, les foires, c’était plus élégant : des costumes sombres mais couverts d’accessoires colorés : le gilet, le mouchoir, la cravate égayaient à souhait par leurs couleurs le noir de leurs vêtements avec ça ils portaient un chapeau ou un bonnet. On trouve au musée quelques exemples de gilets colorés, brodés, d’étoffes précieuses. Le gilet était sans nul doute un symbole de réussite sociale !

En flânant dans la grande salle où s’expose Gasconha, vous découvrirez avec plaisir la vitrine des chapeaux dont la « Palhòla », un chapeau de paille tressé créé par une certaine Pétronille de Cantecor. Ce chapeau était très à la mode dans toute la Gascogne !

Vous vous arrêterez un instant devant la vitrine consacrée au repassage et vous vous demanderez comment on faisait avant d’avoir les fers à repasser sophistiqués dont nous nous servons aujourd’hui !  Vous constaterez qu’il y en a de toutes les tailles !

Ce qu’on trouve également dans cette belle exposition ? Tout ce qui était lié aux jeux comme le jeu de quilles mais aussi le sacro-saint rugby qui a conquis Auch et la Gascogne à la fin du XIX e siècle et évidemment, qui dit rugby dit vêtements spécifiques, tenue appropriée !

Et en ces temps carnavalesques et festifs, quoi de mieux qu’une petite exposition sur les affiches de cirques qui en plus d’être colorés et tout simplement superbes, nous rappellent les costumes que nous avons probablement tous portés un jour pour le Carnaval ou vu sur des artistes de cirque ?

Depuis le 11 Février, le musée des jacobins expose pendant 10 mois 50 affiches qui proviennent de la collection de Pascal Jacob. L’exposition « Figures de clowns » ne complètera que mieux votre émerveillement ! 

Pour en savoir plus sur le musée des jacobins : http://gersicotation.canalblog.com/archives/2008/11/22/11472003.html