Sarkozy et la trouille du Monarque.

Publié le 01 mars 2010 par Juan

Il a eu peur., la trouille, la pétoche. Il s'est d-é-g-o-n-f-l-é. Comment sinon expliquer l'absence du président français à l'inauguration du Salon de l'Agriculture ? Un besoin pressant de Cap Nègre ?
Sarkozy fuit les champs
Cette grande manifestation a ouvert ses portes samedi 27 février. Jacques Chirac mettait un point d'honneur à venir pour chaque inauguration. François Mitterrand ne s'y est jamais rendu. Nicolas Sarkozy a laissé Bruno Le Maire, son ministre de l'agriculture, le remplacer. Il a préféré se reposer dans la résidence de sa belle-famille au Cap Nègre. Il est comme ça, Nicolas Sarkozy. Le chantre du travailler plus, y compris le dimanche, prend toujours soin de préserver ses week-ends, samedi inclus. Du côté des agriculteurs, les syndicats apprécient peu cette absence présidentielle: "manque d'implication", "peur des paysans", absence de propositions. Les critiques ne manquaient pas, samedi dernier. "Les paysans sont des gens respectueux donc il devrait être correctement accueilli, mais il doit en même temps nous donner des signes forts. Les paysans attendent vraiment des actes" a commenté Jean-Michel Le Métayer, président de la FNSEA. Les agriculteurs ne comprennent pas cette absence : primo, leur secteur a durement souffert ces dernières années : envolée des prix de l'énergie, effondrement des cours de production, menace sur les soutiens européens, il y a urgence. Secundo,
Sarkozu adore les déplacements de terrain. A la différence de François Mitterrand ou de Jacques Chirac, qui voyageaient moins, Nicolas Sarkozy a pris son parti d'incarner sa rupture dans le nombre de déplacements, en France ou à l'étranger. La manifestation annuelle de l'agriculture française ne vaudrait-elle pas le détour ?
L'agriculture est un sujet difficile pour le président français. On se souvient davantage de ses bourdes que de ses actes. Tout le monde se rappelle le "Casse-toi Pov'Con", prononcé il y a deux ans par notre Monarque à un visiteur du salon qui refusait de lui serrer la main; ou Sarkozy enjoignant un pêcheur de descendre de la terrasse d'où il criait contre lui; ou encore son discours agricole sur l'identité nationale d'octobre copié-collé sur une précédente intervention de février 2009.
Plus risqué que l'Afghanistan
Le ministre de l'agriculture a tenté de déminer la polémique. Il a promis que Sarkozy serait bien là, samedi prochain, pour faire des propositions. "Il y aura des annonces et il y aura surtout, ce qu'attendent les agriculteurs, le signe très clair de la part du président de la République de sa volonté de s'engager dans le débat européen".


En fait, l'Elysée tient secret l'horaire de la visite. Sarkozy a peur, ses proches aussi. Depuis deux ans déjà, le Monarque ne se déplace que dans des lieux vidés de leurs habitants, sur-protégés par les forces de police, devant des auditoires castés parmi les militants UMP du coin. Porte de Versailles à Paris, rien de tel n'est possible. Pour ne pas perdre la face, le déplacement sera donc secret et éclair. Le Salon de l'Agriculture, comme hier Gandrange, est donc aussi risqué qu'un aller-retour en Irak ou en Afghanistan.
La tempête sauve Sarkozy
Ce lundi, Nicolas Sarkozy se rendra "dans la matinée" en Charente-Maritime et Vendée. Dimanche vers 15H, l'Elysée avait publié un autre communiqué. Compassion de rigueur. "Le Président de la République a appris avec beaucoup d’émotion et de tristesse les décès provoqués par la tempête qui s’est abattue sur l’ouest du pays et qui a frappé plus cruellement les départements de la Vendée et de la Charente-Maritime". Surtout, il demande "au gouvernement d’agir sans attendre", et à Brice Hortefeux, son ministre de l'intérieur, "de se rendre dès demain sur place pour évaluer les dommages subis et commencer à préciser les mesures de soutien à mettre en place." Les conseillers de l'Elysée auraient pu se contenter d'écrire que le gouvernement allait agir sans attendre. Mais pour Sarkozy, c'eut été insuffisant. Le Monarque est partout. Même quand il se repose dans la résidence de Carla Bruni au Cap Nègre, il pense à la place de ses propres ministres, au cas ces derniers auraient oublié qu'il faut secourir les victimes de la tempête. Le Monarque se rendra donc sur place, lourdement accompagnés de ses "collaborateurs" Borloo, Hortefeux et ... Bussereau, le ministre-candidat UMP dans la région. Il n'y a pas de petits profits. L'agenda est calé:  

10h50 Arrivée de M. le Président de la République à La Rochelle et départ pour un survol de la zone sinistrée
  Arrivée à L’Aiguillon-sur-Mer (Vendée)
• Visite du centre ouvert pour les rescapés
• Recueillement au funérarium
• Visite du centre opérationnel des secours (COS)
• Rencontre avec les élus des communes sinistrées à la Mairie

12h15
 Arrivée de M. le Président de la République à Châtelaillon (Charente-Maritime)
 Visite de la commune Les Boucholeurs

13h00
  Réunion de travail avec les services de l’Etat et les représentants des principaux services publics à la Préfecture de La Rochelle

Entre les deux annonces, celle de 15h et celle de 21H, le bilan des morts s'est aggravé : d'une quinzaine, il s'est élevé à 45 en fin d'après midi. La tempête, pourtant annoncée, a tué en masse dans la nuit de samedi à dimanche. Le seul village de l’Aiguillon-sur-Mer a perdu 25 habitants. Les digues ont cédé, comme à l'île de Ré. "Une catastrophe nationale" a commenté François Fillon, dimanche soir.
On attend l'intervention de Carla Bruni-Sarkozy, et de sa fondation. La compassion présidentielle doit se montrer.
Les élections approchent.
Ne vomissez pas.