La FFSA veut un Grand Prix de France

Publié le 10 mars 2010 par Jg56

La France n'a plus de Grand Prix depuis 2008, et pour l'instant il est difficile de dire quand la Formule 1 y retournera. Et il s'agit là d'une situation qui frustre grandement la Fédération Française du Sport Automobile. Son président, Nicolas Deschaux a fait une sortie en règle et a demandé aux élus de l'Etat de faire leur part pour que nous retrouvions au plus vite une course... Pas avant 2010 certainement !
"Le gouvernement a un regard sur ce sujet qui est déformé par le prisme de considérations électoralistes sous le sceau de l'écologie." déclare Deschaux, qui en profite pour clarifier certaines perceptions : "On nous fait le procès d'être un sport polluant alors que nous ne représentons qu'une quantité infime ! Déjà, tous les déplacements sur routes comptent seulement pour 9% des émissions de CO2 dans le monde."
"Le bilan carbone du Grand Prix de Pau, mené par une entité indépendante, était l'équivalent de 500 tonnes. Roland-Garros, c'était 155 000 tonnes. Et on ne va pas arrêter Roland-Garros, ni le Tour de France !" remarque-t-il.
Deschaux demande en fait au gouvernement de s'impliquer en soutenant les efforts visant à ramener la F1 en France, en conjonction avec d'éventuels commanditaires. Il a d'ailleurs été étonné de voir le premier ministre russe confirmer l'appui financier octroyé par le manufacturier automobile Lada à Vitaly Petrov, qui pilotera cette saison pour l'écurie... Renault. "Il faut aussi à un moment donné le soutien de sponsors, et du gouvernement." souligne-t-il. "Quand je vois Poutine qui annonce Petrov via Lada, le fossé est énorme avec ce qui se passe en France, pourtant un des pays fondateurs de la F1."
Le français Jean Todt, qui dirige la FIA (Fédération Internationale de l'Automobile) depuis quelques mois, s'est déjà déclaré en faveur du Grand Prix de France cela n'est pas son rôle de lui dégotter une place dans le calendrier. "Je suis en contact très régulier avec le président de la FIA sur ce sujet. Mais il ne peut pas se placer à ce niveau-là du débat. Simplement, j'ai toutes les garanties pour qu'il nous aidera quand il le faudra. Actuellement, il suit le dossier."
Deux projets visent à accueillir la F1 en France : un scénario verrait la course alterner entre le circuit de Magny-Cours et le futur circuit de Sarcelles, alors que l'autre concerne le circuit Paul Ricard, à la pointe de la technologie, mais dont il manque simplement... Les places assises des spectateurs ! Le Paul Ricard est d'ailleurs, depuis quelques années, la propriété du grand manitou de la Formule 1, Bernie Ecclestone.
"Pour nous, l'année 2010 est celle du permis de construire. Les travaux commenceront en 2011." prédit François Pupponi, député-maire de Sarcelles, qui reconnaît : "Mais il y aura néanmoins un déficit annuel de sept ou huit millions d'euros à prévoir au début." Il continue : "Alors, on essaie de trouver un sponsor qui paie. Ou alors l'Etat peut équilibrer les comptes, sachant qu'un GP de F1 rapporte 150 millions d'euros de retombées."
"Si l'Etat n'est pas capable de mettre 10 millions pour avoir 150 millions de retombées..."
conclut Pupponi.
Quant au président de la FFSA Nicolas Deschaux, il est d'avis que la France devra se passer de son Grand Prix de Formule 1 encore pour les deux prochaines années au moins : "Ça ne serait pas réaliste de croire qu'il reviendra en 2011."
Deschaux et Pupponi "poussent" le gouvernement, mais réussiront-ils à nous ramener le Grand Prix en 2010 ?