Test : WikiReader, un reader dédié à Wikipedia

Par Ebouquin

Tout Wikipedia dans une appareil mobile? Cela ne semble pas bien nouveau. Combien d’entre nous accèdent à l’”encyclopédie libre” depuis leur smartphone? Nous sommes certainement nombreux. Diverses bidouilles permettaient également de copier les sources de Wikipedia pour l’installer sur une clé USB ou le lire depuis un programme, le tout sans avoir besoin d’accéder à Internet. Cependant, l’idée de proposer un appareil entièrement dédié à cette source d’information indispensable pour n’importe quel internaute, n’avait pas encore été explorée.

La société OpenMoko s’est penché sur cette solution et en est venu à développer le WikiReader. Il s’agit d’un petit appareil pour le moins étrange. Son design très sobre surprend : légèrement incliné pour que l’écran soit lu en tout confort lorsqu’il est posé sur une table, les coins du produit sont aussi irréguliers. Lorsqu’il est tenu en main, le WikiReader donne l’impression de tenir un galet. La qualité de fabrication est au rendez-vous avec des plastiques solides et un écran monochrome et tactile capacitif de 3,5 pouces bien renforcé.

L’écran du WikiReader est assez particulier. Son affichage LCD monochrome nous fait revenir de nombreuses années en arrière par rapport aux technologies derniers cris que nous avons l’habitude de vous présenter. En plus d’être assez lisible, cette technologie est très économe en énergie. Après plusieurs mois d’utilisation, même oublié quelques semaines dans un coin, la batterie tient le coup. Nous ne pouvons pas vous garantir que l’appareil atteint l’autonomie annoncée par le fabricant (un an !) mais il a toutes les caractéristiques pour.

L’interface de l’appareil est minimaliste : un clavier virtuel saisir une recherche et les résultats s’affichent au cours de la frappe. Il n’y a aucune latence, l’appareil est très réactif (l’allumage s’effectue en moins d’une seconde), tout comme le défilement en glissant son doigt sur l’écran tactile. D’ailleurs, la dernière version du logiciel améliore encore un peu plus la navigation, pour notre plus grand plaisir. L’affichage est clair et sobre.

En revanche, ne vous attendez pas à retrouver des images, ni même en niveau de gris, en défilant dans les articles. Wikipedia a du être allégée pour se retrouver au coeur du WikiReader. Toutes les recherches sont enregistrées dans un historique, accessible en permanence en cliquant sur le bouton du même nom. Le bouton “Random” est amusant et vous permettra de voir à quel point on peut trouver tout sortes de choses dans Wikipedia. Sûrement l’encyclopédie qui reflète vraiment notre société moderne, avec le pire comme le meilleur.

Le WikiReader nous a convaincu. Nous l’avons testé pendant plusieurs mois en anglais et, pour les francophones, il possible depuis peu d’y installer Wikipedia en français. La manipulation est expliquée à cette adresse. Les mises à jour sont régulières, pour ce qui est du firmware du WikiReader autant que les données de Wikipedia. D’ailleurs, le WikiReader est également compatible, moyennant quelques bidouilles avec d’autres contenus de la fondation, tel que le Wikitionnaire ou Wikisource. Nous devrions pouvoir y accéder assez rapidement, plusieurs développeurs travaillant activement sur de tels portages. On peut facilement imaginer y retrouver le projet Gutenberg prochainement. Et pourquoi pas tout LegiFrance? On y croit !

Reste la question de la cible à laquelle s’adresse le WikiReader. Elle n’est pas si difficile à trouver. Tout d’abord, on pourra le retrouver dans les mains des enfants les plus curieux. Grâce au contrôle parental intégré dans l’appareil, l’enfant ne pourra pas tomber sur les articles qui ne lui sont pas destinés. Le WikiReader est avant tout un appareil qui permet à Wikipedia de se matérialiser. On peut imaginer un tel appareil dans la poche d’un étudiant pour avoir en permanence à une encyclopédie, ou bien intégré dans des bibliothèques ou des musées. Cependant, le premier marché d’OpenMoko va être les écoles rurales dans les pays en voie de développement, comme nous vous l’apprenions il y a quelques mois, l’accès au savoir étant un enjeu de premier plan dans ces Etats.

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