"Les Deux Mondes" : critique, tapis rouge et interview du réalisateur !

Publié le 21 novembre 2007 par Buzzline

Tapis Rouge "Avant-Première" 

Avec son style BD délirant, ses grands moyens déployés pour satisfaire l'évasion du spectateur, son interprète en roue libre, son potentiel comique et un discours adulte dans un univers d'enfants... Les Deux Mondes s'impose comme une surprise. En partant d'un postulat de départ non sans rappeller celui de Jumanji, le film de Daniel Cohen sait se diversifier pour inviter à un voyage sans escale. Si les pics comiques sont nombreux, le second long métrage du réalisateur traite principalement de l'auto-critique d'un homme en totale perdition dans sa vie de famille et de couple qui va trouver dans ce deuxième monde les ressources nécessaires pour s'améliorer et prendre conscience de ce qu'il est et ce qu'il veut.

La réalisation énergique malgré quelques longueurs dose savamment les divers effets voulus. L'esthétique du film, très importante appuie ce côté "comics" et "bd" qui favorise le dépaysement et diverses facéties de l'intrigue. Les ressources et moyens mis entre les mains de Daniel Cohen se voient à l'écran et jamais le public n'est pris pour un imbécile. Un doux rêve d'aventures qui se réalise et qui regorge de quiproquos et autres ressorts comiques de rigueur.

Accompagné d'un montage efficace et d'une ambiance alternant rêverie idéalisée et monde cruel sans âme, le film trouve le juste milieu entre les deux intrigues et les deux regards qu'il faut y poser : le regard d'enfant et celui d'adulte.

 

Réglé comme un métronome même si souvent brouillon, le réalisateur s'emploie à gérer son scénario avec panache et conviction réussissant à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Un genre assez osé qui change des productions habituelles de chez nous.

Si le côté fantastique séduit il est clair que le côté dramaturgie dans "notre" monde est nettement moins convaincant malgré les bons sentiments qui s'en dégagent et le message clair qui en émane.

Heureusement, l'ensemble est dominé par une bonne humeur contagieuse et un Benoît Poelvoorde en mode clown triste qui s'il provoque l'hilarité lors de ses péripéties insolites à Bégamini sait aussi dévoiler son côté plus sombre et désespéré d'adulte paumé à la recherche du bonheur. Un sacré joli tour de force à rajouter à la liste déjà longue des rôles de notre Belge adoré.

Au final, Les Deux Mondes séduit par son ambition, son charme visuel et son casting qui réussissent à nous convaincre que oui nous aussi pouvons nous faire plaisir sans traverser l'atlantique...   

  

  

Pourquoi y aller ?

Pour la réalisation énergique. Pour les décors du monde de Bégamini plutôt convaincants. Pour notre Benoît Poelvoorde toujours aussis avoureux. Pour les idées dont regorgent le scénario et les effets visuels. 

Ce qui peut freiner ?

Le manque de persuasion des sentiments dans le "monde classique". Le caractère un poil brouillon de l'intrigue.

Pitch : Dans un monde parallèle, au village de Bégamini, une tribu opprimée fait des incantations au ciel afin qu'un sauveur vienne les libérer du joug de Zotan, le tyran cannibale. A Paris, dans le monde normal... Rémy Bassano est un petit restaurateur d'oeuvres d'art timide, discret et sans histoires. Il est marié à Lucile avec qui il a deux enfants.Un jour, Rémy retrouve son atelier innondé, il perd alors son travail et sa femme Lucile lui annonce brutalement qu'elle le quitte pour un autre. Il court chercher du réconfort chez ses parents et alors qu'il est en train de servir le café à ses nombreux frères et soeurs, il est aspiré dans le sol, traverse le temps et se retrouve à Bégamini.

Là, dans leur étrange village, les Bégaminiens l'accueillent comme le libérateur qu'ils espèrent depuis toujours. A partir de ce moment là, Rémy se trouve embarqué dans une aventure haletante...

Retrouvez notre interview exclusive du réalisateur Daniel Cohen en partenariat avec Wat Tv

Vidéo du tapis rouge en suivant dans l'article... 

Notre avis : Un sympathique divertissement à grand spectacle emmené par un Benoît Poelvoorde en grande forme. Mélange de comédie et de drame personnel, ce second film de Daniel Cohen surprend par son caractère BD assumé et ses grands moyens. Une jolie petite surprise...