Une des limites de l’abstention

Publié le 21 mars 2010 par Alain Hubler

En février 2008, Agnès Maillard, l’extraordinaire (si, si !) blogueuse du Sud-Ouest de la France se rendait compte qu’elle avait été roulée dans la farine, comme plusieurs millions de Français, à l’occasion de la votation sur le référendum portant sur le Traité de Lisbonne.

Du coup, Agnès se fendait de la création d’un bulletin de vote maison qu’elle utiliserait à l’avenir. Ce bulletin de vote, placé sous licence Creative Commons, allait me servir à illustrer un articulet consacré lui aussi au référendum français – qui, en 2005, avait abouti à un « non » qui déplaisait souverainement à Zébulon – qui allait être purement et simplement annulé par l’adoption d’un traité simplifié par le Parlement français.

C’était le 4 février 2008.

Un peu plus de deux ans plus tard, à l’occasion des Régionales françaises, Agnès Maillard allait, à vélo, déposer une version édulcorée de son bulletin de vote portant les couleurs du « COLlectif pour le REtablissement de la Démocratie ».

Jusque-là, pas de problème, rien à redire. Quand on se fait prendre une fois pour une conne ou un con, on a toutes les raisons de ne pas tendre l’autre fesse pour prendre un deuxième coup de pied au cul.

C’était sans compter sur le ouaibe et ses outils de statistiques. Plus particulièrement ceux de Flickr qui viennent de me signaler que le bulletin de vote d’Agnès fait l’objet d’un intérêt phénoménal en ce week-end de second tour des Régionales.

Deux coups de souris plus tard, je me rends compte que tous ceux qui visionnent l’image du bulletin de vote d’Agnès proviennent du site xénophobe et identitaire d’extrême droite François Desouche (pas de lien, faut pas déconner quand même) qui organise un « concours de bulletin de vote pour abstentionnistes » …

Première interrogation : si l’extrême droite s’abstient et que la gauche, la vraie, en fait autant, que va-t-il rester dans les urnes ? Un consensus mou, puant et dégoulinant.

Mais il y a, symboliquement certes, pire : si les fachos s’abstiennent au deuxième tour c’est simplement parce que leurs candidats fétiches – en général du FN – ont été éliminés au premier. C’est le cas de Midi-Pyrénées, la région d’Agnès, dont les urnes risquent bien de recevoir quelques-uns de ses bulletins de vote maison déposés par des … électeurs d’extrême droite.

Brrrr !

Crotte, déjà qu’il pleut sur les bords du Léman, tout ça me plombe le moral.

  • Crédit image : Agnès Maillard, Le Monolecte.