Petite chanson pour la main entêtée du soldat mort (Edmond Jabès)

Par Arbrealettres


La main du soldat mort
est restée accrochée à l’arbre,
l’index sur la gâchette du fusil.
Tant d’étoiles, ses victimes.
Ohé, soldat,
tu nous fais un ciel de fête.
C’est l’été.
Les amoureux ont le plus beau toit.
Ohé, soldat, tu dors;
mais qui te voit?

(Edmond Jabès)