Interface élastique de l'iPhone et couteaux suisses

Publié le 31 mars 2010 par Jlboulin @etourismeinfo

Beaucoup de structures sont en train de se lancer dans la commande d’applications iPhone.
Elles ont raison tant la demande est forte côté utilisateurs, et tant la plateforme de commercialisation est puissante, côté iTunes.
Au risque de choquer, j’envoie le message suivant : quitte à en faire une, pourquoi ne pas en faire plein ?
Non pas deux ou trois, mais, sept ou huit, ou encore plus.

Je m’explique : non je n’ai pas d’actions chez Apple (j’en achèterai tout à l’heure quand vous aurez fini de lire mon article), j’ai juste retenu un principe de base de fonctionnement du fameux smartphone.
En l’occurrence j’appelle ça “l’interface élastique” et c’est passionnant.

Voilà de quoi il s’agit : vous avez l’habitude de travailler dans un environnement de type windows. Vous avez un bureau, avec des applications que vous lancez par un double clic sur une icône. Chaque fois qu’une application s’ouvre, elle le fait dans une fenêtre. Donc à chaque outil son interface, qui vient se superposer à l’interface de votre système d’exploitation. Plein de fenêtres, dans une grande fenêtre.

Sur l’iPhone, la logique est différente : le bureau est composé de boutons d’accès vers des applications. Cliquez sur l’une d’elles et elle occupe toute la place : votre téléphone devient l’outil. Une seule application à la fois. C’est ça l’interface élastique.


Exemples du contrôle vocal et de la boussole

Conséquence : il n’y a pas d’arborescence (pas besoin de suivre un chemin “démarrer – bureau -lancer appli”), il n’y a pas non plus vraiment de multi-tâches (deux applications ne peuvent pas être lancées en même temps, ce qui n’interdit pas cependant que les fonctionnalités de l’une se retrouvent dans une autre) et il y a un gros bouton en bas qui rend le fonctionnement de l’appareil si intuitif.

Partant de là, toute tentative de développer des applications “universelles”, truffées de fonctionnalités est incompatible avec l’interface élastique. Cela ne veut pas dire que techniquement c’est infaisable, cela signifie simplement que cela va à l’encontre de l’intérêt de l’iPhone et de ses utilisateurs.
Un exemple : vous décidez de proposer un service de réservation de chambres d’hôtes. Un simple moteur associé à une géolocalisation et à un accès à une gestion des dispos suffit. Vous devriez d’ailleurs vous en arrêter là : mieux vaut proposer moins mais mieux que les autres, plutôt que tout, au rabais.
Malheureusement vous choisissez de poursuivre et d’ajouter “des briques” : agenda des manifestations, vidéos de présentation du territoire, carte des services pratiques du territoire, édito du Président et, top of the top, intégration d’une fonctionnalité de réalité augmentée.
Le problème c’est que vous rendez votre application trop lourde à manipuler : vous allez devoir créer des arborescences profondes et vous casser la tête à faire gérer à vos clients des ouvertures de fenêtres multiples.
Bref, vous êtes en train d’implanter un couteau suisse dans un couteau suisse.


Mauvaise compréhension de l’interface élastique (métaphore)

Cela peut s’apparenter à une démarche artistique. Auquel cas cela signifiera : 1 téléchargement, effectué par le Musée des incongruités technologiques.

Conclusion : à chaque service, son application.
A peine plus cher, et tellement plus judicieux :-)

Qu’en pensez-vous ?

[Je vous invite, si le sujet vous intéresse, à lire ce remarqubale article de Jesus Diaz dans Gizmodo]