Déforestation et huile de palme : l'industrie agroalimentaire en cause

Publié le 09 avril 2010 par Bioaddict @bioaddict

La déforestation a reculé ces dix dernières années mais se poursuit dans plusieurs pays

Voici quelques-unes des principales conclusions alarmantes du rapport:

- Le Brésil a vu disparaître en moyenne 2,6 millions d'hectares de forêts par an durant les dix dernières années, contre 2,9 millions d'hectares par an dans les années 90, tandis que l'Indonésie affichait respectivement des chiffres de 0,5 et 1,9 million d'hectares par an.

- Les forêts primaires représentent 36 % des superficies boisées totales de la planète, mais ont perdu plus de 40 millions d'hectares depuis 2000, due en grande partie à la transformation des forêts primaires en "autres forêts naturellement régénérées" à cause de la coupe sélective ou d'autres interventions humaines.

- Feux, ravageurs et maladies créent des dégâts croissants aux forêts dans certains pays. En moyenne, 1% de toutes les forêts serait touché de façon significative chaque année par les incendies. Les attaques d'insectes forestiers endommagent quelque 35 millions d'hectares de forêt tous les ans. Durant la dernière décennie, les forêts ont également payé un lourd tribut aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que tempêtes, blizzards et séismes.


Le rythme de la déforestation a chuté au cours des dix dernières années dans le monde, selon un rapport de la FAO. En 10 ans, 13 millions d'hectares de forêt ont disparu chaque année contre 16 millions d'hectares par an dans les années 1990. Certains pays continuent cependant de mener une politique intense de déforestation comme c'est le cas en Indonésie où chaque hectare de forêt primitive rasée donne place à des palmiers à huile dont la matière grasse végétale se retrouve dans la quasi-totalité de nos produits alimentaires, entrainant de graves conséquences écologiques.
La déforestation mondiale, due pour l'essentiel à la conversion des forêts tropicales en terres agricoles, a ralenti depuis 2000 mais se poursuit à un rythme alarmant dans de nombreux pays, a annoncé la FAO, l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture, dans un rapport publié le 25 mars 2010.

Parmi 233 pays et territoires, 13 millions d'hectares de forêts par an ont été convertis à d'autres utilisations ou ont disparu pour causes naturelles dans le monde de 2000 à 2010, contre 16 millions d'hectares par an dans les années 1990.

Le Brésil et l'Indonésie, qui sont les 2 pays qui ont accusé la plus forte perte de forêts dans les années 90, ont vu leurs taux de déforestation considérablement baisser. Des programmes ambitieux de plantation d'arbres dans des pays comme la Chine, l'Inde, les Etats-Unis et le Viet Nam, associés à une expansion naturelle des forêts dans certaines régions, ont ajouté plus de 7 millions d'hectares de nouvelles forêts chaque année.

Ainsi, la perte nette de superficies boisées est tombée à 5,2 millions d'hectares par an de 2000 à 2010, contre 8,3 millions d'hectares par an dans les années 90.

La superficie totale des forêts de la planète représente un peu plus de 4 milliards d'hectares, soit 31 % de la surface émergée. La perte annuelle nette de forêts (c'est-à-dire lorsque la somme de toutes les pertes de forêts dépasse les gains) durant la décennie 2000-2010 correspond à un territoire plus ou moins équivalant au Costa Rica.

Pour Eduardo Rojas, sous-directeur général de la FAO, responsable du département des forêts : "Les pays ont non seulement amélioré leurs politiques et législations forestières, mais ils ont aussi assigné l'utilisation de forêts aux communautés locales et aux populations autochtones, ainsi qu'à la conservation de la biodiversité et autres fonctions environnementales. Il s'agit là d'un message particulièrement encourageant pour 2010, l'Année internationale de la biodiversité."

Néanmoins, le taux de déforestation demeure toutefois très élevé dans de nombreux pays qui doivent redoubler d'efforts pour une meilleure conservation et gestion.

Un massacre en Amérique du Sud et en Afrique

L'Amérique du Sud et l'Afrique ont accusé les plus fortes pertes annuelles nettes de forêts entre 2000 et 2010 (respectivement 4 millions et 3,4 millions d'hectares). L'Océanie perd aussi beaucoup de ses forêts, en partie à cause des graves sécheresses qui ont frappé l'Australie depuis 2000.

" L'Asie, en revanche, a affiché un gain net d'environ 2,2 millions d'hectares par an durant la dernière décennie, essentiellement grâce à des programmes de boisement de grande envergure en Chine, en Inde et au Viet Nam, qui ont augmenté leurs superficies boisées de près de 4 millions d'hectares par an au cours des cinq dernières années ", note la FAO.

En Amérique du Nord et en Amérique centrale, les superficies boisées sont demeurées relativement stables. En Europe, elles ont continué à s'étendre, à un rythme plus lent.

Le rôle primordial des forêts pour lutter contre le changement climatique

Les forêts constituent un immense puits de carbone. Lorsqu'une forêt est abattue et convertie à d'autres utilisations, le carbone est alors relâché dans l'atmosphère.

"Le recul du taux de déforestation et la création de nouvelles forêts ont contribué à abaisser le niveau élevé d'émissions de carbone issues de la déforestation et de la dégradation des forêts", souligne Mette Løyche Wilkie, la Coordonnatrice de l'Evaluation (FAO).

"Mais nous devons regarder vers l'avenir car les grands programmes de plantation en Chine, Inde et Viet Nam, représentant l'essentiel des gains récents de terres boisées, devraient s'achever en 2020. Cela signifie que nous disposons d'une petite fenêtre d'opportunité pour mettre en place des mesures efficaces et permanentes de réduction des taux actuels de déforestation et de dégradation des forêts. Faute de quoi, nous risquons d'assister au brusque retour des taux élevés de pertes nettes de forêts et des émissions de carbone forestier des années 90", ajoute-t-elle.

Une enquête par télédétection, pilotée par la FAO, portant sur quelque 13 500 sites sur une période de 15 ans, offrira d'ici fin 2011 un tableau encore plus précis des taux de déforestation mondiaux et régionaux.


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