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Par Popov
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Anonymus persan
(...)Paris et le journalisme sont les deux mamelles d’un même Tirésias affameur de beauté , grand contempteur de justice et de paix . Paris et la presse m’ont fait découvrir les ruines de l’amitié et celles de la beauté des êtres. A Paris on peut perdre de vue ce qu’on croyait être un proche en quelques secondes .
Riton plus revu. 
C’est la fin d’une amitié que j’évoque.
C’est ben triste . 
La vie est si dure à Paris qu’il faut beaucoup de méchanceté pour se tenir la tête hors de l’eau. Le problème de Paris est qu’il n’y a pas assez de bois pour attiser le bûcher de toutes de les vanités. 
Mieux certains n’ont même pas le privilège d’accéder aux flammes. 
Dans un vieux programme de Ben-hur que j’ai conservé (enfant j’attachais beaucoup d’importance à la couleur du sang sur le bras de Ménélas qui me semblait trop vermillon) on voit Charlton Heston cadré en plan moyen aux côtés de ses compagnons de galère (au sens propre). Je me souviens encore de la légende photo qui disait: «seule la haine lui donne le courage de vivre» ce qui m’avait beaucoup amusé à l’époque et que je répétais volontiers à mon père quand parfois il me réprimandait . J’étais loin de me douter que cette phrase trouverait quelque écho de vérité confronté aux vanités des passions parisiennes. «Seule la haine me donne le courage de vivre» me suis-je souvent dit à Paris. 
Je fis même de la haine un moteur pour écrire mes textes et je le regrette aujourd’hui amèrement . Pourquoi? Parce que la haine et le désespoir comme moteurs légitimes ne sont pas acceptés par les imbéciles qui prennent cela pour de la jalousie. A Paris être désespéré est synonyme d’erreur. On n’a pas le droit d’être haineux atteint un certain niveau social sans que cela paraisse de la jalousie. Toute critique un peu virulente vous rend suspect d’être envieux et rares sont ceux qui ont le courage de passer pour des ratés. 
Paris est une ville où il faut être pour la fuir. 
Au plus vite. 
Question abrutissement des masses , nous y atteignons les sommets.
On y rit bête de tout . 
On s’y divertit de pures fadaises. 
On attend les bateaux de voyageur au long cours 
Qui reviennent avec des orteils en moins
On acclame les coureurs de semi-marathons.
On y gobe les mouches. 
On célèbre les grands penseurs du passé dans des émissions présentées par des animateurs de révérence plein de fric sur les chaînes 
déjà payées de redevance 
On y fait journalisme de connivence.
On mélange tout. 
C’est à suinter. 
On s’étonne des passe-droit des politiques et de leur pince-fesses sans s’inquiéter de la fortune des sportifs ou de celle des chanteurs de variété débiles.
On pardonne les viols de stars du rock and roll adoubés par des ambitieux du pouvoir. 
On allonge tous une carte de crédit couleur or au moment des additions 
De peur de paraître pauvres.
On fait comme si…
Comme si on était sensibles à l‘exclusion.
Comme si on était sensibles à la souffrance. 
Comme si on était sensible à la beauté. 
Comme si on était sensible à l’héritage du passé. 
On nous demande de voter au moindre mal . 
On nous demande de voter raisonnable.
On nous demande de raison garder. 
On nous demande, en fait, de ne jamais dire non. 
On nous demande de voter «oui, mais…»
On nous demande de laisser notre hubris au vestiaire
On nous enniaise grave. 
Tout le monde veut sa part du gâteau. 
Tout le monde se croit génial . 
Comme j’aimerais m’en masser
Et m’en remasser. Seulement voilà, ça m’est difficile .
Je ressasse.
Et ça passe pas. (...)

Extrait d'"Autofiction d'un Maboule"

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