Anthologie permanente : Paul Louis Rossi

Par Florence Trocmé

Par amour envers 
la rangée animale 
des migrateurs j’ai 
voulu me disperser 
Ne pas vivre à 
l’intérieur du cocon 
mais absorbé par 
le souffle de l’air 
Dans l’apparence 
sans pesanteur d’une 
répétition de  
chaque mesure 
Avec la confiance 
sûre et sans i 
magination du même 
identique à lui-même 
• 
Je n’ai pas rêvé  
ma naissance j’ai 
voulu plutôt me 
contempler dans 
La boucle ultime 
de la vague non 
pour l’écume et le 
bruit comme Dylan 
De Swansea mais par 
son froissement au  
fond de l’abîme et  
le rythme parfait 
De son empreinte  
sur le sable des 
boires et la boue 
légère de l’étier 
• 
Voici nos objets 
nos pinceaux en poils 
de martre hérons 
et hautbois le son 
Ceux des bambous 
rives du torrent 
résille des sapins 
brume que le jour 
Efface le col 
d’une gourde blanche 
pour garder l’eau de 
jade celui qui 
S’en approche il 
devrait connaître  
de l’infini le 
transparent secret 
• 
NUIT 
Nuit avec de la pluie....Le divan, 
la carte étalée. Et des miroirs 
qui s’éteignent 
Il n’y a pas d’oubli 
d’effacement, de rémission 
la sépulture même manque 
S’il existe un consolation 
elle se trouve dans l’espace 
dans la couleur de l’air 
Idée parfaite de la liaison 
hors le temps, dans l’étendue 
inconcevable d’un champ de particules 
Dans la durée 
impalpable d’une 
mémoire incertaine 
Paul Louis Rossi, Visage des nuits, Flammarion, 2005, pp. 21,23, 26 & 209 
Paul Louis Rossi dans Poezibao :  
Bio-bibliographie, extrait 1, lecture au Divan (mars 06), extrait 2 (L'imprononçable), Les Ardoises du ciel (présentation), extrait 3 
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