"De la liberté" de John Stuart Mill commenté par Richard M. Ebeling

Publié le 24 avril 2010 par Francisrichard @francisrichard

L'Institut Constant de Rebecque ici a publié hier un article ici sur le célèbre livre de John Stuart Mill. L'auteur de l'article, Richard M. Ebeling, est professeur à l'Université Northwood ici.

Richard Ebeling dit pourquoi il est important de relire De la liberté aujourd'hui :

"Les gouvernements un peu partout dans le monde cherchent à étendre leur pouvoir sur l'économie et la vie de tous les jours. Où que nous regardions, l'Etat prétend être responsable de la prévoyance vieillesse, du système de santé, de la régulation des affaires. Il voudrait contrôler ce que nous mangeons et surveiller ce que nous achetons. Il forme aussi les enfants et détermine ce qu'ils apprennent. Il subventionne (et influence) les médias".

Dans son essai Mill défend la liberté de pensée parce que personne ne peut prétendre détenir la vérité, ou sinon de manière partielle. Seul le débat permet d'approcher de la vérité ou de conforter par la réflexion les éventuelles certitudes que nous pouvons avoir.

Mill défend aussi la liberté d'action. Ebeling en explique le fondement :

"Chaque personne doit être libre, doit avoir la possibilité de faire ses propres choix, de les tester et d'agir en conséquence pour qu'il soit possible à sa personnalité d'exister et de s'épanouir. En bref, l'être humain doit être libre pour pouvoir être humain". 

La limite de la liberté ? "Là où ses actions [celles de l'individu] violent les droits équivalents et la liberté d'un autre être humain". 

Pour Mill il y a trois formes de tyrannie :

- celle exercée par un seul individu ou par un petit groupe sur le reste de la société

- celle exercée par une majorité sur une minorité

- celle des coutumes et des traditions

Les deux premières ont recours à la coercition, au monopole de la force de l'Etat, pour s'exercer. Le pouvoir de la troisième "provient des pressions sociales et psychologiques et du désir de l'être humain d'être fui par ceux qu'il voudrait fréquenter".

[A ce dernier propos je ne peux que recommander les trois livres suivants de Jean Sevillia :

- Le terrorisme intellectuel

Historiquement correct

- Moralement correct

 

Ces trois livres montrent à quel point la liberté de pensée autrement est mise en péril aujourd'hui.]

Comment échapper à la tyrannie quelle que soit la forme sous laquelle elle s'exerce ? Richard Ebeling répond :

"Ce que Mill ne développe pas à sa juste valeur dans son essai "De la liberté" est le rôle de la propriété privée qui permet à l'individu de poursuivre sa propre voie même lorsqu'il est confronté  aux traditions"

En effet poursuit-il :

"L'avantage d'une économie libre est précisément que l'individu peut choisir comment il va se faire sa place dans la société d'échange, pour acquérir les choses qui lui permettront de réaliser la vie qu'il estime désirable et d'atteindre ses objectifs".

A contrario :

"La liberté n'est menacée que lorsque ceux qui n'acceptent pas l'infraction à leurs coutumes font appel à la coercition étatique pour les imposer aux autres".

Même si John Stuart Mill n'a pas défendu la liberté sous cette optique de la défense des droits de propriété, son essai  reste, aux yeux de Richard Ebeling, "aussi essentiel et actuel que lorsqu'il parut en 1859", en raison de "la croissance continue de l'Etat" qui caractérise notre époque.

Francis Richard

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