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Publié le 13 août 2007 par Raymond Viger

« T’es une petite nature! » lui répètent ses proches et ses camarades. « J’ignorais que j’avais une phobie, se rappelle-t-il. Je prenais ça comme une déficience. Même en ne sachant pas la source du problème, je savais qu’il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. » Son enfance l’a marqué. Pour le pire, et non pour le meilleur. « Je me répétais que j’aurais mieux fait de ne pas naître. Je pensais souvent à la mort. »

Phobie sociale et alcoolisme

Luc Dieu développe ensuite un comportement asocial et se réfugie dans la solitude. « Je me suis volontairement mis à l’écart pour éviter certaines situations. Ça m’a coupé de la réalité. J’étais comme dans une bulle », confie-t-il d’un ton détaché, sans toutefois parvenir à dissimuler la douleur qu’éveille en lui ce souvenir.

« La phobie sociale n’a pas été très appréciée quand j’ai fait mon service militaire. L’armée, c’est le travail d’équipe par excellence. Je n’y étais vraiment pas à ma place, explique-t-il. Je revenais par intermittence dans le monde, quand je ne me sentais pas en danger. Finalement, j’ai trouvé mon antidépresseur: la bière. Mais ça n’a pas résolu mon problème de base. Il était toujours là. »

« Il y a eu une période de ma vie ou les seuls endroits où j’étais invité, c’était parce que les personnes ne pouvaient pas faire autrement, comme pendant les fêtes de Noël » se souvient-il. Son regard se perd le temps d’une pensée – une image peut-être, qui resurgit après 40 ans. « J’ai rarement été invité pour le plaisir de ma compagnie. »

Luc Dieu soigne son mal-être dans l’alcool. « L’ennui, c’est qu’un alcoolique est aussi un asocial, quelqu’un qui se coupe du monde. Vers l’âge de 30 ans, à Bruxelles, je suis allé voir les Alcooliques anonymes, et je suis resté 14 ans avec eux. J’ai ensuite rejoint les Émotifs anonymes. » Cet épisode de sa vie lui redonne espoir. Après avoir réglé son problème d’alcoolisme, il commence à revivre.

Lueur d’espoir