"Sois un homme, papa" Janine Boissard

Par Manus


Janine Boissard - Photo John Foley/Le Rocher

Il s'agit bien d'un roman populaire, ne nous méprenons pas.  De fait, le style de Janine Boissard est plat et manque cruellement de personnalité. C'est sans compter cette désagréable impression, dčs les premičres pages, que l'auteur veut prouver, démontrer, une sorte de réflexion psychologique au travers de ses personnages.

Edité aux éd.Fayard, 2010 (308p, 19,90 €), ce roman pourrait ętre considéré comme un roman de plage.  Il est indispensable de faire abstraction du style littéraire nul et de la personnalité stéréotypée des personnages, avant d'entamer le livre.  Dčs ces considérations intégrées, le lecteur peut commencer ŕ s'enfoncer dans l'histoire, et se découvre dans le décor planté : le pčre, Jean-Rémi est le mari d'une avocate sűre d'elle et carriériste.  Ils ont deux enfants : Cédric et Tom.  L'aîné ressemble ŕ sa mčre, frondeur, grande gueule, mais écorché vif, et le plus jeune, est tout comme son pčre, effacé, mou, peu sűr de lui.

On s'y attend, l'avocate plante son mari et se barre.  Les enfants méprisent leur pčre de se faire constamment écraser la gueule par sa femme, et de fait, ils font de męme avec lui, par imitation, par déception d'avoir un pčre si nul.

L'histoire commence ŕ prendre corps, les personnages deviennent plus consistants : Jean-Rémi réalise ce qu'il est - un con - et décide, enfin, de prendre sa vie en main, et surtout, veut acquérir la fierté de ses enfants ŕ son égard.

Il se bat.  Retourne ŕ ses premiers amours : l'horticulture.  Une vie équilibrée entre nature et gens sains le ramčne ŕ ses fondations, ŕ ce qu'il est intrinsčquement.

Le pčre devient peu ŕ peu homme en se découvrant, en faisant connaissance avec lui-męme, et surtout, en s'acceptant tel qu'il est.

Enfin, ses enfants voient leur pčre sous un autre jour : un homme nouveau leur apparait, mieux encore, leur pčre devient leur héros.

L'histoire est intéressante ŕ la base, et pourrait attirer quelques lectrices en questionnement, mais on pourrait cependant regretter les clichés et les raccourcis sur certains thčmes.

A lire, pour celles (ou ceux) qui n'ont plus rien sous la main.

Panthčre.