Grand banditisme : l’ère des jeunes loups

Publié le 04 juin 2010 par Bscnews

Grand banditisme : l’ère des jeunes loups - Le Point de vue d'Arash Derambarsh

« On a affaire à une équipe de fous dangereux » affirme le directeur inter-régional de la police judiciaire de Marseille, Roland Gauze. Il ne croit pas si bien dire. Un fourgon de transport de fonds vient d’être pillé ce lundi 31 mai à Marseille par un commando lourdement armé qui s'est emparé de 2,1 millions d'euros. Celui-ci n'a pas hésité à arroser de balles les convoyeurs, les automobilistes alentour et une patrouille de CRS. Miracle, il n’y a pas eu un seul blessé.
 
Peu de jours avant, et encore à Marseille, des braqueurs ont dérobé près de 200 kilos de bijoux et d'or d'une valeur estimée à 6,4 millions d'euros. En vrais professionnels "remarquablement renseignés", ils ont pris soin d'effacer toutes leurs traces.
 
Enfin, à Lyon, des voleurs déguisés en policiers et armés de fusils d'assaut ont attaqué le mardi 1er juin une bijouterie. Un scénario qui marque une nouvelle étape dans les braquages en série de ces derniers mois dans la région lyonnaise, premier pôle de fabrication de bijoux en France. Une dizaine d'attaques de bijouteries ont eu lieu ces derniers mois dans la région , conduisant les commerçants à se déclarer en "situation de guerre" contre les malfrats, dont certains ont pris des employés en otage, ou à faire usage de leurs armes.
Ce ne sont que des illustrations parmi tant d’autres. En effet, cela se passe partout en France. 


Qui sont ces nouveaux gangsters qui font tant peur à la police ?


Il y a une rupture qui frappe immédiatement : ces nouveaux malfaiteurs sont beaucoup plus violents et n'hésitent pas à tirer sur tout ce qui bouge pour arriver à leurs fins. Comme ça s'est passé à Villiers-sur-Marne, où la policière municipale, Aurélie Fouquet, a été tuée. Les grandes équipes de braqueurs, corses ou de la Côte d'Azur, font preuve de plus de maîtrise et de principes.


La pauvreté sociale et économique, les manques de repères, l’inconscience de la valeur de la vie ou encore le manque de perspectives créent ce genre de dérives inacceptables dans un Etat de droit.


Plus grave, l’Etat ne se fait plus respecter. La police recule devant des tueurs qui dégainent une kalachnikov pour mitrailler leur cible, en plein jour, à une heure de grande affluence, sur une artère très fréquentée. C’est un terrible coup de vieux pour « Le Parrain » de Francis Ford Coppola ou encore « Les Affranchis » de Martin Scorcese. Le film culte aujourd’hui serait plutôt « Scarface » de Brian de Palma (avec Al Pacino et Michelle Pfeiffer) ou encore « Heat ».


Je recommande d’ailleurs à tout le monde de voir le film « The French Connection », réalisé par William Friedkin en 1971 et qui a été récompensé par cinq Oscars.


Cette fascination pour le crime organisé ou le grand banditisme est intrigante. Prenons l’exemple du convoyeur de fonds le plus connu de France, Toni Musulin. Il a été condamné à trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir dérobé plus de 11,6 millions d'euros à bord de son fourgon en novembre 2009. Il est considéré par beaucoup de jeunes en cité comme un héros et comme un « Robin des bois ».


De la fascination à la reproduction d’un acte, le pas est vite franchi. C’est ce que j’appelle tomber dans la facilité.