Les ventes de produits " verts " en France devraient augmenter de 105% d'ici à 2015

Publié le 16 juin 2010 par Bioaddict @bioaddict

Les Français déboursent 51% de plus pour des " produits verts "


Selon une étude menée par le Centre for Retail Research (CRR) pour le site comparateur de prix Kelkoo, les ventes de produits " verts " en France devraient augmenter de 105%, passant de 10,6 milliards d'euros en 2009 à 21,7 milliards en 2015.

En 2010, les consommateurs français ont payé en moyenne 51% de plus pour des produits " verts " et 29% de plus pour leur alimentation et leurs boissons bio, contre respectivement 55% et 27% en 2006.

En France en 2012, le surcoût des produits " verts " aura chuté de 22% comparé à 2006, et de 16% comparé à aujourd'hui en passant de 51% en 2010 à 43% en 2012.

Le surcoût des produits " verts " en France reste le plus élevé sur les secteurs Santé / Beauté (+183%), Electroménager / Audio-Vidéo (+65%), Produits ménagers et d'entretien (+37%), comparés à des produits standards.

Malgré des prix plus élevés, les ventes de produits " verts " en France devraient doubler dans les cinq prochaines années, de 10,6 milliards d'euros en 2009 à 21,7 milliards en 2015 et leur part dans les ventes totales de produits de détail devrait suivre de 2,4% à 4,4%.

Depuis 2000, les ventes de produits " verts " en France ont augmenté de 429%, de 2 milliards d'euros à 10,6 milliards aujourd'hui, dépassant largement la croissance des produits de détail traditionnels.

En France les ventes en ligne de produits " verts " ont atteint 735 millions d'euros en 2009 et devraient augmenter de 240% à 2,5 milliards en 2015 représentant 11,7% des ventes totales de produits " verts " contre 6,9% aujourd'hui.

Les foyers européens dépensent actuellement 369 euros en moyenne par an dans l'achat de produits "verts", avec la Suisse au premier rang (555 euros) et l'Espagne en bas de tableau (315 euros). La France (413 euros), l'Allemagne (364 euros) et le Royaume-Uni (352 euros) se classent respectivement en 4ème, 5ème et 6ème position.

Bien que la conscience écologique et que les initiatives " vertes " fassent maintenant partie des priorités de nombreux gouvernements européens, le marché français des produits de détail " verts " reste relativement restreint.

Il représentait l'année dernière 10,6 milliards d'euros et 2,4% des ventes totales de produits de détail 2009 en France. Ces chiffres ne sont pas surprenants lorsque l'on sait que les consommateurs français payent actuellement les produits " verts " (hors alimentation) 51% plus chers en moyenne que les produits standards, tandis que le surcoût pour l'alimentation bio est lui en moyenne de 29%.

L'impact des produits "verts" ne doit pas être sous-estimé dans le combat contre le réchauffement climatique.

Selon les statistiques de l'Union Européenne, les produits et emballages représentent 52% des émissions de gaz à effet de serre moyennes générées par les ménages, bien avant les transports (26%) et le chauffage domestique (15%).

En conséquence, des objectifs et une politique rigoureuse ont été mis en place afin de lutter contre la pollution liée à l'automobile, aux équipements électriques, aux produits d'éclairage et de chauffage. Un nouvel étiquetage plus précis a aussi été instauré sur les produits de détail. En outre, les grandes entreprises dépensent approximativement 0.16% de leurs revenus au profit d'actions de développement durable.

Bien que les ventes totales de produits " verts " en France aient augmenté de 429% depuis 2000, de 2 milliards d'euros à 10,6 milliards, elles ne représentent que 2,4 euros sur 100 euros dépensés par un consommateur français en produits de détail.

En France, cette croissance vient notamment du changement de comportement des consommateurs, d'une meilleure conscience des problématiques environnementales et des politiques développées par les distributeurs et les gouvernements.

Le prix des produits " verts " en France est plus élevé que celui des produits traditionnels et reste le principal frein à l'essor d'un marché de masse. Cependant, selon l'étude de Kelkoo, en 2012 le surcoût des produits " verts " pour les consommateurs français aura chuté de 22% comparé à 2006, passant en moyenne de 55% à 43%.

Le prix des appareils électriques éco-conçus devrait être le plus impacté avec une baisse de 23% dans les deux prochaines années, de 65% aujourd'hui à 50% en 2012, tandis que le prix de l'alimentation et des boissons connaitront l'une des baisses les moins significatives avec 10,7% en moyenne.

La comparaison des prix est compliquée car les spécificités et les modes de production des produits "verts" et des produits standards sont souvent très différents. Par exemple, la nourriture bio peut être plus couteuse mais présente généralement les avantages d'une production locale et de saveurs plus intenses. De même, les nouvelles ampoules à économie d'énergie sont plus chères, vendues en moyenne au prix unitaire de 1,14 euro contre 0,45 euro pour les ampoules à incandescence. Mais elles sont moins gourmandes en énergie et bénéficient d'une durée de vie de neuf ans!

Typiquement en France, les produits de santé et beauté " verts " (183%), les équipements électriques éco-conçus (65%) et les produits ménagers et d'entretien " verts " (37%) présentaient le surcoût le plus important, tandis que les fournitures de bureau (18%), les produits pour bébé (19%) et l'alimentaire (29%) fermaient la marche.

Selon une étude menée pour ce rapport auprès des principaux distributeurs européens, la diminution régulière du surcoût des produits " verts " depuis 2006 résulte de la recherche des prix les plus bas par les consommateurs combinée à une disponibilité grandissante des produits " verts ", et à la volonté des distributeurs d'introduire une plus grande proportion de produits respectueux de l'environnement dans leurs stocks pour soutenir les fabricants éco-responsables.

Internet peut également aider à lever la barrière prix en permettant certaines économies sur l'achat de produits " verts ", même si les rabais ne sont pas aussi importants que sur des produits standards.

Selon Kelkoo, en France, les consommateurs peuvent ainsi réaliser un gain moyen en ligne de 18% sur les produits non alimentaires standards et de 12% sur les produits non alimentaires " verts ".

Le gain à l'achat en ligne le plus intéressant peut être réalisé sur les fournitures de bureau (18%), les chaussures et vêtements écologiques (16%), les produits " verts " de bricolage et de jardinage (14,6%) et les équipements électriques éco-conçus (14%).

Les ventes de produits "verts" en France devraient doubler durant les cinq prochaines années, de 10,6 milliards d'euros en 2009 à 21,7 milliards en 2015, représentant 4,4% des ventes totales de produits de détail et dépassant aisément le taux de croissance des produits de détail conventionnels.

Les produits alimentaires et boissons bio (3,5 milliards d'euros) et l'électronique grand public (3 milliards d'euros) représentent la majeure partie des dépenses réalisées l'année dernière par les consommateurs français, soit 6,2 euros pour chaque 10 euros d'achats (62%).

Qu'en est-il au niveau européen ?

Au niveau européen, l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni réunissent les chiffres d'affaires relatifs aux ventes de produits " verts " les plus importants depuis 2000, avec respectivement 14,4 milliards d'euros, 10,6 milliards et 9,3 milliards en 2009. Toutefois, au niveau des dépenses moyennes par ménage, la France se place en 4ème position avec 413 euros par an au dessus de la moyenne européenne qui se situe actuellement à 386 euros. La Suisse arrive largement en tête (555 euros) tandis que l'Espagne ferme la marche avec un panier moyen annuel de 315 euros.

Les ménages français prévoient aussi d'augmenter leurs dépenses moyennes annuelles en produits " verts " de 413 euros en 2009 à 841 euros en 2015. Au niveau européen, l'Allemagne (30,2 milliards d'euros), la France (21,7 milliards d'euros) et le Royaume-Uni (19,8 milliards d'euros) resteront les principaux marchés " verts ", tandis que les Suisses (1 333 euros), les Suédois (873 euros) et les Danois (843 euros) réaliseront les dépenses moyennes annuelles en produits " verts " les plus importantes d'Europe.

Le marché de la vente en ligne

En France, les ventes de produits " verts " sur Internet représentent actuellement 735 millions d'euros, soit 6,9% des dépenses totales en produits " verts " dans l'hexagone.

Les ventes en ligne de produits " verts " concernent majoritairement les fournitures de bureau pour 215 millions d'euros et les produits alimentaires et boissons pour 189 millions d'euros qui représentent ensemble 55% des transactions totales de produits " verts " sur Internet en France. En 2015, les ventes en ligne de produits " verts " en France, devraient atteindre 2,5 milliards d'euros, équivalant à une dépense moyenne annuelle de 98.5 euros par foyer. Cette croissance de 240% par rapport aux résultats 2009 (735 millions d'euros) représentera 11,7% du marché global des produits " verts " en France.

Une forte croissance attendue pour 2015

En France une croissance est attendue en 2015 au niveau de toutes les catégories de produits écologiques avec en tête les équipements électriques pour 9,3 milliards d'euros, l'alimentaire pour 5,1 milliards d'euros et les fournitures de bureau pour 1,8 milliard d'euros, représentant à elles seules 75,3% (16,3 milliards d'euros) de l'ensemble des dépenses " vertes ".

En raison de la hausse du prix de l'énergie, de l'intérêt croissant des consommateurs pour les produits à économie d'énergie et des règlementations adoptées, les ventes de produits d'électronique grand public et d'éclairage éco-conçus devraient se démocratiser et dépasser le secteur de l'alimentation et des boissons pour prendre la première place en termes de dépenses " vertes ".

La croissance des ventes de produits d'électronique grand public et d'éclairage éco-conçus devrait ainsi être de 200%, de 3,1 milliards d'euros en 2009 à 9,3 milliards d'euros en 2015. En comparaison le secteur de l'alimentation et des boissons bio en France devrait connaître la plus faible progression, toutes catégories confondues, avec une croissance de seulement 50% (de 3,4 milliards d'euros à 5,1 milliards).

Innovation écologique majeure de la décennie, les voitures hybrides sont de plus en plus familières aux Français. Leurs ventes ont augmenté de 3 200 unités en 2005 à 12 000 unités en 2009 et devraient atteindre les 45 000 unités en 2015. Toutefois ces ventes ne représenteront que 1,8% des ventes de véhicules privés en France. Le marché français des voitures hybrides représentera environ 960 millions d'euros en 2015, grâce notamment à la baisse du prix moyen des voitures hybrides de 1000 euros, principalement due au développement de la concurrence et à la réduction des coûts de production.

" Les produits "verts" ne représentent aujourd'hui que 2,4% du marché français des produits de détail et devraient atteindre les 4,4% en 2015. Nous devrions voir la disponibilité et le surcoût de ces produits, tout comme la demande des consommateurs français, évoluer significativement durant les cinq prochaines années ", souligne Nicolas Jornet, Directeur Marketing de Kelkoo France.

" Mais le facteur essentiel à l'essor des produits écologiques en magasins et sur Internet, sera le prix. L'achat de produits " verts " ne se démocratisera pas tant que les distributeurs ne proposeront pas aux consommateurs des prix plus attractifs, que ce soit on et off line, et en adéquation avec l'évolution des mentalités des Français. "

" La dépense moyenne annuelle des ménages français en produits "verts" est actuellement de 413 euros et nous prévoyons qu'elle passera à 841 euros en 2015 ", précise ainsi Nicolas Jornet.

Ainsi, le marché des produits "verts" et bio, qui est aujourd'hui en train de se structurer, est en pleine expansion et c'est tant mieux !

Stella Giani

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