Lahm d’un champion

Publié le 03 juillet 2010 par Thisisallover

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Qui aurait pu prédire pareil cataclysme ? Car l’ouragan allemand qui a déferlé cet après midi sur l’Argentine était d’une magnitude encore rarement rencontrée. Un score sans appel. 4-0.
Les argentins n’ont clairement pas été à la hauteur de l’évènement. Dépassés physiquement, à la peine collectivement, l’Albiceleste était clairement trop petite pour atteindre le sommet du monde du football qui lui semblait pourtant promis. Elle a surtout fait face à une nationalmanschafft monstrueuse de réalisme. Dans la plus pure tradition allemande. Le jeu en plus. Ce mélange de sang froid et de génie qui pourrait bien emmener les hommes de Joachim Löw encore plus haut. Car l’Allemagne est avant tout une équipe de morts de faim. Et pour canaliser ces 11 hommes prêts à mourir sur le champ de bataille, un joueur : Phillip Lahm.Le capitaine de la manschafft est en effet le symbole de cette génération bien loin des clichés du joueur allemand seulement bon à défendre mais à l’inverse, jeune, solide et pétrie de talent.Lahm, a construit une carrière à l’image de ses qualités. Rapide, brillante et faite d’abnégation.

 Pour le jeune allemand, tout commence en 1995. Alors fan de basket, Phillip Lahm intègre paradoxalement le centre de formation du Bayern Munich au sein duquel il fera toutes ses classes. Il passe par toutes les catégories de jeunes non sans taper dans l’œil de ses éducateurs de l’époque. Et son talent est récompensé puisqu’en novembre 2002 le jeune latéral droit effectue ses grands débuts sous les couleurs du club le plus titré d’outre-rhin. Malgré une première saison prometteuse, il est prêté au Vfb Stuttgart. Rapidement, il se fait une place de titulaire. Ses entraîneurs d’alors n’hésitent pas à lui faire confiance et l’alignent à 31reprises. Il profite également de cette période pour goûter à la C1 et se frotte aux exigences du haut niveau. Avec brio. Assez en tout cas pour lui ouvrir, à seulement 20 ans, les portes de la sélection. Qui ne se sont, par ailleurs jamais refermées depuis. Après une deuxième année toute aussi convaincante, le Bayern, conscient de tenir un joyau avec ce défenseur et soucieux de préparer l’après Sagnol, précipite son retour. Lahm ne se fait alors pas prier pour confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Et pour étoffer son palmarès. Il remporte en effet pas moins de trois titres de champion d’Allemagne (2006, 2008, 2010), autant de coupes d’Allemagne et surtout accède à la finale de la ligue des champions 2010, récompense ultime de ces années d’implication. Car il est difficile de parler de Lahm sans évoquer son implication. Son application aussi. Comme après qu’il ait appris qu’il allait récupérer le brassard de capitaine durant cette coupe du monde en l’absence de Michael Ballack, blessé. « Il suffit de lire les noms de Fritz Walker, d’Uno Seeler ou de Franz Beckenbauer pour comprendre ce que signifie d’être capitaine de l’équipe d’Allemagne. C’est un honneur incroyable. Mais aussi un immense défi. » Qu’il est pour le moment en train de relever haut la main. Homme au grand cœur (il participe à de nombreuses associations caritatives dont une venant en aide aux orphelins), il est tout autant généreux sur le terrain, alternant montées dévastatrices et replis impeccables. Il lui arrive même de se muer en buteur décisif. Preuve en est avec son but à l’ultime minute de la demi finale de l’Euro 2008 face à la Turquie, propulsant ainsi la manschafft en finale de la compétition. Lahm à valeur d’exemple dans cette équipe pour laquelle il a joué à pas moins de 68 reprises à seulement 26 ans. Mais il ne s’en contente pas et vise plus haut encore. « C’est la meilleure équipe d’Allemagne dans laquelle j’ai évolué » conclut-il.


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