Inquiet mais optimiste

Publié le 06 juillet 2010 par Cajj

(prise de position)

Je suis inquiet pour notre avenir, pour la prochaine décennie.
Le sens de l'histoire c'est celui de la croissance.
Mais la France est tellement amorphe que cela inquiète.
Aujourd'hui, l'Etat est contraint de réduire ses dépenses, pas à la marge, mais fondamentalement. C'est bien. Ce qui l'est moins c'est le risque de la rigueur.
La bonne gestion, aujourd'hui, c'est faire face à la dette et relancer la croissance.
Faire face à la dette, c'est éviter que les intérêts annuels finissent par grever gravement nos budgets. L'Etat n'a plus la capacité de s'endetter, donc il n'a plus les moyens, plus du tout les moyens, de financer un déficit en l'absence de croissance soutenue (inexistante à l'horizon). Demain, socialiste ou sarkozyste, l'Etat va connaître un vrai recul de ses dépenses. Demain, la gauche continuera le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Il n'y a pas d'alternative.
La seule marge de manœuvre du gourvernant est où fais-je les économies et comment je réorganise l'Etat pour être efficace et juste avec moins d'argent ? Ce n'est déjà pas si mal.
Relancer la croissance, c'est côté privé, connaître une augmentation de l'offre et de la demande. Il faut donc que les entreprises aillent à la conquête des marchés, investissent, et embauches ; plus nombreux et mieux payés (à la marge) les salariés doivent consommer davantage.
Les risques
Or, si le (re)démarrage de la croissance n'est pas rapide, c'est-à-dire ici et maintenant, alors cette petite croissance prendra de plein fouet la baisse des dépenses de l'Etat et pire encore ses augmentation d'impôts. Il ne faut pas que l'austérité tue la croissance. Il ne faut pas que l'austérité bascule dans la rigueur.
C'est pour cela qu'il faut que la dépense publique baisse et que les impôts baissent. Oui, c'est très ambitieux mais un bel avenir est sans doute à ce prix. Je le crois possible, car quand l'Etat aura commencé à vraiment faire le ménage, ce qui est inévitable aujourd'hui, il se rendra que beaucoup de dépenses sont, non pas inutiles, mais inefficaces.

Mes raisons d'espérer

Depuis 10 ans, l'Etat essaie d'être plus efficace dans ses dépenses. Je veux croire que l'accumulation de réformettes a modifié le socle sur lequel construire la croissance. Je veux croire que des statuts comme celui de l'autoentrepreneur peuvent jouer un rôle positif, tout comme les pôles de compétitivité, tout comme les suites de la commission Attali, etc. Il faut encore qu'on améliore le financement des entreprises par le renforcement des gages par l'Etat des prêts aux entreprises.

Mes craintes

Mais, si tout cela est insuffisant, une récession dure est possible. J'entends par récession dure, quelque chose de brutal sans comparaison avec ce qu'on a connu ses 40 dernières années de crise. Ça serait 2 millions de chômeur supplémentaire et des assedic divisés par deux. Gauche ou pas gauche.
cajj