Alma s'en va (suite)

Publié le 08 juillet 2010 par Christian Cottet-Emard

(Nouvelle en mini-feuilleton)

Résumé des épisodes précédents

Une épave mystérieuse vient d'échouer sur la plage. Le major, un officier taciturne, enquête auprès d'un écrivain retiré, témoin d'un étrange phénomène et détenteur d'un objet convoité.

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« Inutile, Gildo. Nous réglerons tout cela demain. Vous pouvez disposer. J'ai dit : vous pouvez disposer ! »
Le visage fermé, le jeune officier abandonne sa machine à écrire et quitte la pièce. Un silence pesant s'installe.

« Par égards pour vous, cet entretien ne sera consigné nulle part Il ne tient qu'à vous de ...

— Je n'ai rien à me reprocher et vous seriez mieux inspiré de chercher du côté de votre ordonnance, major.
— L'inspiration, c'est votre affaire. Je suis quant à moi plutôt porté vers les faits : hier, vous vous êtes rendu en ville. Vous avez d'abord fait halte chez le dénommé Ange Consagude qui tient un débit de boisson sur le front de mer. Vous lui avez posé des questions. Après, vous avez poussé la porte de l'hôtel Solymar. Vous avez " convaincu " le portier de nuit qui prenait son service de vous montrer des registres qui remontent à une quarantaine d'années. Cela vous a pris une bonne partie de la soirée, mais vous avez trouvé ce que vous cherchiez...
— J'ai trouvé " qui " je cherchais.
— J'ai apprécié votre façon de piéger Gildo l'autre soir, pendant le scrabble. Très amusant. Mais je tiens à vous rappeler que c'est moi qui mène l'enquête. J'ai suivi le même chemin que vous : Ange Consagude et les registres de l'hôtel. J'ai noté les deux noms, mais cela ne tient pas.
— C'est ce qui m'a poussé à ne pas vous parler de ma découverte.
— Pourtant, vous êtes persuadé...
— Oui, major.
— Alors, expliquez-moi comment Gildo, mon ordonnance, du haut de ses trente ans, aurait-il pu conter fleurette il y a une quarantaine d'années à la dénommée Lorenz Alma aujourd'hui septuagénaire !
— Vous l'avez retrouvée ?

— Je sais qu'une femme répondant au nom d'Alma Lorenz, soixante-douze ans, vit aujourd'hui à une trentaine de kilomètres d'ici, à la résidence des Pins, une maison de retraite.
— L'avez-vous rencontrée ?
— Vous plaisantez !
— La réalité et l'urgence des mystères ne peuvent s'exprimer que par énigmes...
— C'est ridicule. Tout ceci est ridicule.
— Puis-je disposer, major ? »

(À suivre...)

© Éditions Orage-lagune-Express

La version intégrale de cette nouvelle que j'ai écrite à la fin des années 1990 est parue en deux épisodes dans le n° 16 (janvier 2000) et le n° 17 (avril 2000) de la revue Le Jardin d'essai et aux éditions Orage-Lagune-Express qui en conservent l'entier copyright. Tous droits réservés.