Petit tour sur le baseball après l’All Star Game

Publié le 16 juillet 2010 par Vinz

Malgré des vacances délocalisées, je vous propose un petit tour d’horizon de la saison de la MLB après la pause des étoiles.


Les classements.

American League


EAST W L PCT GB HOME ROAD RS RA DIFF STRK L10

NY Yankees 56 32 .636 - 28-13 28-19 469 352 +117 Won 1 8-2

Tampa Bay 54 34 .614 2 26-20 28-14 444 339 +105 Won 2 8-2

Boston 51 37 .580 5 29-17 22-20 481 408 +73 Won 1 4-6

Toronto 44 45 .494 12.5 23-20 21-25 404 407 -3 Lost 1 4-6

Baltimore 29 59 .330 27 16-25 13-34 324 466 -142 Won 4 5-5

CENTRAL W L PCT GB HOME ROAD RS RA DIFF STRK L10

Chicago Sox 49 38 .563 - 27-19 22-19 393 363 +30 Won 8 9-1

Detroit 48 38 .558 .5 32-13 16-25 401 390 +11 Lost 1 7-3

Minnesota 46 42 .523 3.5 26-17 20-25 408 372 +36 Won 1 3-7

Kansas City 39 49 .443 10.5 18-21 21-28 385 437 -52 Lost 3 6-4

Cleveland 34 54 .386 15.5 17-22 17-32 360 440 -80 Lost 2 3-7

WEST W L PCT GB HOME ROAD RS RA DIFF STRK L10

Texas 50 38 .568 - 31-19 19-19 453 379 +74 Lost 4 3-7

LA Angels 47 44 .516 4.5 24-20 23-24 412 436 -24 Lost 2 2-8

Oakland 43 46 .483 7.5 26-20 17-26 369 365 +4 Won 2 5-5

Seattle 35 53 .398 15 21-24 14-29 298 377 -79 Lost 1 2-8

National League


EAST W L PCT GB HOME ROAD RS RA DIFF STRK L10

Atlanta 52 36 .591 - 30-10 22-26 406 337 +69 Lost 1 7-3

NY Mets 48 40 .545 4 30-16 18-24 396 347 +49 Won 1 4-6

Philadelphia 47 40 .540 4.5 27-18 20-22 410 362 +48 Won 4 6-4

Florida 42 46 .477 10 21-23 21-23 404 384 +20 Won 1 5-5

Washington 39 50 .438 13.5 25-21 14-29 366 418 -52 Lost 2 5-5

CENTRAL W L PCT GB HOME ROAD RS RA DIFF STRK L10

Cincinnati 49 41 .544 - 27-19 22-22 437 392 +45 Lost 4 4-6

St. Louis 47 41 .534 1 27-15 20-26 391 332 +59 Won 1 4-6

Milwaukee 40 49 .449 8.5 20-26 20-23 418 472 -54 Won 3 4-6

Chicago Cubs 39 50 .438 9.5 20-23 19-27 359 404 -45 Lost 1 5-5

Houston 36 53 .404 12.5 20-26 16-27 307 430 -123 Lost 1 5-5

Pittsburgh 30 58 .341 18 19-20 11-38 284 478 -194 Lost 6 3-7

WEST W L PCT GB HOME ROAD RS RA DIFF STRK L10

San Diego 51 37 .580 - 27-19 24-18 376 304 +72 Won 1 5-5

LA Dodgers 49 39 .557 2 28-18 21-21 423 393 +30 Won 1 6-4

Colorado 49 39 .557 2 31-16 18-23 430 385 +45 Lost 1 8-2

San Francisco 47 41 .534 4 25-17 22-24 391 330 +61 Won 2 7-3

Arizona 34 55 .382 17.5 21-25 13-30 404 504 -100 Lost 1 3-7

Les tendances.

Comme prévu, la division Est de l’Américaine nous a réservé une lutte à trois entre les Yankees, les Red Sox et les Rays. Ces derniers avaient dominé le début de saison mais les deux poids lourds du baseball majeur ont embrayé depuis deux mois. Toutefois, Boston connaît quelques ratés en raison de l’accumulation de blessures (Ellsbury, Pedroia, Bucholz, Matsuzaka, Beckett) qui pénalisent la franchise. Aux Yankees, les performances au monticule de Sabathia, Hughes, Pettitte (respectivement 12, 11 et 11 victoires), de Robinson Cano et le retour en forme de Rodriguez et Teixeira laissent présager d’un été traditionnellement dominateur. Marqués par la douleur, on y reviendra, les Yankees seront sans doute encore plus motivés.

Dans la Centrale, les Twins étaient largement favoris. Mais quelques faiblesses, notamment la saison décevante de Joe Mauer (MVP en 2009), ont pénalisé une équipe en perte de vitesse depuis un mois. Résultat, les Tigers en ont profité et surtout les White Sox de Chicago, que je ne croyais pas capables de mener la division après un premier mois de compétition médiocre. La bagarre sera serrée et arbitrée par les deux cancres de la division : les Royals et les Indians.

A l’Ouest, les Rangers du Texas sont en faillite mais en bonne santé. L’arrivée de Cliff Lee (Cy Young avec les Indians en 2008) renforcera le monticule et les Angels de Los Angeles devront batailler ferme pour retrouver leur titre de division.

Dans la Ligue Nationale, les Phillies de Philadelphie connaissent bien des difficultés à dominer la division Est. Les Braves font parler le talent des lanceurs et les Mets sont dans le coup. Comme prévu, Stephen Strasburg ne peut pas faire de miracles avec les Nationals, surtout quand son attaque l’abandonne.

Dans la division Centrale, les Reds de Cincinnati constituent la grosse surprise de la saison en tenant tête aux Cardinals de Saint-Louis. Cela durera-t-il ? Dans un duel entre une équipe supérieure au bâton et une autre au monticule, c’est la seconde qui l’emporte généralement, donc Saint-Louis. J’aimerai quand même que les Reds sauvent l’honneur de l’Ohio et méritent au moins une wild-card.

Enfin dans la NL Ouest, les Padres de San Diego continuent de tenir tête à la meute (Dodgers, Rockies, Giants) grâce justement à leur supériorité chez les lanceurs. Tout le monde s’interroge si cela durera jusqu’au bout.

Les candidats aux récompenses.

A un peu plus de la mi-saison, je vous propose de dresser la liste des candidats aux différentes récompenses individuelles : MVP et Cy Young (meilleur lanceur de la Ligue).

Dans l’Américaine, le titre de MVP pourrait se jouer entre Miguel Cabrera (Detroit) et Josh Hamilton (Texas). Le premier compile une moyenne à 0.346, 22 circuits et 77 points produits. Il mène la première et la troisième catégorie et n’est qu’à 2 HR du leader des circuits. Cabrera pourrait être le premier joueur à remporter la Triple Couronne (meilleur frappeur, producteur de points et frappeur de circuits sur une saison) depuis plus de 40 ans. Hamilton présente lui des stats à 0.346 (premier avec Cabrera), 22 HR (2ème avec Cabrera) et 64 RBI (5ème à 13 points du Vénézuélien).

Les autres candidats sont Robinson Cano (Yankees), Vladimir Guerrero (Rangers).

Dans la Ligue Nationale, la lutte est plus incertaine. Andre Ethier (Dodgers), Corey Hart (Brewers, 20 HR et 65 RBI mais qui joue dans une équipe hors cours) se battront avec ALbert Pujols (le MVP sortant) et la surprise des Braves Martin Prado (meilleur frappeur de la Nationale avec 0.325). A moins qu’Ubaldo Jimenez (Rockies) ne coiffe tout le monde…

En effet, Jimenez est le premier lanceur depuis plus de 10 ans qui a remporté 15 victoires avant le match des étoiles. Il ne compte qu’une seule défaite et présente une excellente moyenne de points mérités (ERA) à 2,20. Il a aussi réussi un match sans point ni coup sûr. Le voilà archi-favori pour remporter le trophée Cy Young devant Roy Halladay (Phillies), Adam Wainwright (Saint-Louis) eet bien loin devant le récipiendaire sortant, Tim Lincecum (Giants).

Dans la Ligue Américaine, David Price des Rays est bien parti pour décrocher le trophée mais il est poursuivi par C.C. Sabathia (Yankees) et même la surprise Phil Hughes, enfin émergé du royaume new-yorkais.

Enfin pour les rookies, Brennan Boesch des Tigers devrait être élu le meilleur de l’Américaine : avec 12 HR, 49 RBI et surtout une moyenne à 0.342 (3ème de l’Américaine), le natif de Santa Monica devrait l’emporter sur Mitch Talbot (Indians) en étant dans les 5 meilleurs de la Ligue en ce qui concerne la puissance offensive (sauf les HR). Dans la Ligue Nationale, le lanceur des Cards Jaime Garcia est légèrement favori devant Mike Leake (Cincinnati), Ike Davis (Mets) et Gaby Sanchez (Florida). Parti en trombe, Jason Heyward (Atlanta) est rentré dans le rang.

L’All Star Game.

Lundi et mardi se sont déroulées à Anaheim les festivités de l’All Star Game, antre des Angels de Los Angeles. Le lundi est réservé au concours des frappeurs. David Ortiz des Red Sox de Boston a remporté l’épreuve devant Hanley Ramirez des Marlins de la Floride. Après une saison 2009 très médiocre, ‘Big Papi’ a retrouvé sa batte et sa puissance, contribuant au maintien à flot des Red Sox décimés par les blessures.

Le mardi soir s’est déroulé le match des étoiles. Comme annoncé, Ubaldo Jimenez débutait au monticule pour la Ligue Nationale et David Price pour la Ligue Américaine. Le match a son importance. La Ligue vainqueur du match bénéficie de l’avantage du terrain lors du 7ème match de la Série Mondiale. Ce règlement, instauré en 2003, remplace l’alternance entre les deux Ligues qui durait depuis la création de la Série ultime.

Dans un match dominé par les lanceurs (aucun lanceur ne lance plus de deux manches), ce sont les joueurs de la Ligue Américaine qui marquent les premiers en cinquième manche : Longoria reçoit un but sur balles puis Mauer atteint les sentiers après une erreur défensive. Cano frappe une chandelle sacrifice et envoie Longoria marquer le premier point de la partie (1-0 AL).

Le match bascule en septième manche. La Ligue Nationale met en difficulté les lanceurs de l’Américaine (Hughes et Thornton). Les buts sont remplis. Malgré deux retraits, Brian McCann frappe un double qui vide les sentiers et produits trois points (3-1 NL). La Ligue Américaine n’est pas en mesure de revenir et la Ligue Nationale remporte un premier match des étoiles en 14 ans (13 défaites et 1 match nul), obtenant donc l’avantage du terrain en Série Mondiale pour une première fois depuis le changement de règlement.


Simply the Boss.


Pour terminer, je ne peux laisser de côté le deuil que portent les Yankees. Tout d’abord parce que Bob Sheppard (99 ans), le commentateur mythique des matches de l’équipe est décédé ce week-end. Mais aussi et surtout parce que George Steinbrenner, le propriétaire de la franchise, est décédé lundi des suites d’une crise cardiaque à l’âge de 80 ans. Né le 4 juillet 1930, il a incarné à sa manière une partie de la société et du rêve américain.

Né dans l’Ohio, ayant fait fortune dans la construction navale à Cleveland, George Steinbrenner rachète la franchise des Yankees de New York, dont il était actionnaire minoritaire, en 1973. Il reprend en main une équipe qui avait perdu de son lustre, dont le stade était en décrépitude (il a fallu le rénover dans les années 1970), symbole du déclin de la mythique franchise. Quelques temps après, il est exclu de la MLB pour avoir financé illégalement la campagne de Richard Nixon.

Par une politique ambitieuse, basée sur le recrutement à hauts salaires des stars, Steinbrenner a redonné vie aux Yankees. Entre 1973 et 2009, l’équipe a disputé 11 Séries Mondiales, gagnant 7 fois. Steinbrenner est une personnalité à la fois de New York, du baseball et du sport américain. Michael Bloomberg considère qu’il a redonné de l’honneur à New York à une époque où la ville traversait une crise d’image (criminalité, déclin des franchises de la ville). Il a beaucoup donné de sa personne et de sa fortune pour faire des Yankees l’image de la ville et des Etats-Unis. D’ailleurs, la franchise est redevenue la plus importante au monde devant Manchester United, engluée dans son endettement. De 10 millions de $ en 1973, la valeur de l’équipe est passée à 1,5 milliards en 2009.

A la tête des Yankees, Steinbrenner a montré autant d’intransigeance que de passion, limogeant ses managers comme il pouvait les réembaucher aussitôt (ainsi l’un d’eux Billy Martin a été limogé 5 fois en 15 ans). D’un caractère exigeant, il a fait des Yankees un empire qui était encore plus aimé et détesté en même temps. Et pour lui, rien ne comptait si ce n’est gagner une Série Mondiale. Cette exigence et cette passion se transformait aussi en véritables gestes : capables d’aider des joueurs de baseball ruinés comme de verser plusieurs centaines de milliers de dollars aux victimes du séisme en Haïti comme au début de l’année (les Yankees représentent à eux seuls la moitié des dons). Et comme tout milliardaire, Steinbrenner a ses oeuvres comme financer des écoles autour de Tampa.

Curieusement, Steinbrenner a été à l’origine du système de compensation des marchés, en l’absence d’un plafond salarial. C’est avec l’argent du « Boss » que certains propriétaires radins gagnent de l’argent avec des équipes minables (comme celui des Pirates de Pittsburgh). Certes, les moyens que Steinbrenner a engagés sont sans commune mesure avec n’importe quelle équipe de n’importe quel autre sport (une masse salariale de plus de 200 millions de $) mais il s’est donné les moyens de réussir. Steinbrenner a réussi par l’argent mais l’argent n’a pas toujours fait réussir Steinbrenner.

En 2007, le Boss laisse la direction des Yankees à ses deux fils et passe le plus clair de son temps à Tampa. Ses apparitions au Yankee Stadium (ancien et nouveau) sont plus rares mais avant de partir, il aura eu la joie de remporter une Série Mondiale. Il laisse un empire à ses fils et une franchise qui incarne à nouveau New York. Aimé ou détesté, il ne laisse jamais indifférent mais ce qu’on peut quand même ajouter, c’est qu’en dépit de sa politique d’inflation salariale, il a réussi à garder une ossature totalement formée aux Yankees : Derek Jeter, Mariano Rivera, Robinson Cano, Andy Pettitte, Jorge Posada, Phil Hughes, Joba Chamberlain sont quelques-unes de ces pépites formées et gardées aux Yankees (grâce aux lucratifs contrats que Steinbrenner pouvaient intégrer).

On ne peut que saluer un homme qui s’est autant investi dans un sport (il a été aussi propriétaire des Nets du New Jersey) et il est aussi un des hommes qui a fait rentrer le sport dans le monde actuel : en 1997, les Yankees deviennent la première équipe à posséder sa propre chaîne de télévision (YES).

Comme le New York Times a titré un de ses articles, on peut dire que « sa victoire finale a été d’avoir restauré l’Empire des Yankees ».