De l’art d’apprendre à aimer son corps

Publié le 16 juillet 2010 par Athenasakura

…et sans doute plus généralement à s’aimer soi même…

Voici un billet un peu différent de ce que j’ai l’habitude d’écrire, mais un billet qui vient droit du coeur.

Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi pas ? Parce que cela fait un moment que j’ai envie d’écrire quelque chose du genre…même si me confier sur un blog n’est pas mon truc. Qu’on soit clair, je parle beauté, soin, cosméto et maquillage et donc de choses à l’apparence futile, mais je ne vais jamais bien loin dans le détail de ma vie. Une carapace sans doute.

 

Mais au fond, ces choses futiles, elles servent à quoi ? Ne seraient elles pas un premier pas vers l’acceptation de soi, vers l’appréciation de notre reflet dans le miroir ?

Mise en contexte : petite, je suis ce qu’on appelle une « grosse ». Oui, pas la peine de prendre des pincettes et de dire « ronde », les gamins dans la cour d’école eux, ils ne sont pas tendres et moi on m’appelle la grosse vache. Cette notion m’est alors toujours restée en tête. Ado, je suis toujours « grosse », enfin là, on prend des pincettes et on me dit que je suis ronde. Les gens me disent « oui tu es ronde mais tu as du charme et un joli visage ». Super me voilà bien avancée : la tête ça va le reste on jette. T’es grosse, t’es pas dans les normes tu dégages….En gros c’est ça.

Bref, je vais pas m’étendre sur ma « crise d’adolescence » enfermée à jouer de la guitare ou à dessiner puisque de toutes façons, je suis grosse alors on se mélange pas aux gens biens sous tout rapports ^^

Et puis un jour on fait une rencontre, quelqu’un qui vous donne tellement d’amitié, tellement de bons moments que votre regard sur vous même commence à changer. Cet ami fidèle vous fait prendre conscience que vous n’êtres pas qu’une grosse, mais que derrière vos kilos en trop et vos bourrelets se cache une personne qui a tout aussi le droit que les autres d’aimer, d’être aimée, de sortir, de s’amuser, de porter les fringues qu’elle a envie et sans se cacher, sans peur du regard des autres.

Oh bien sûr, on ne change pas du jour au lendemain (l’ami ne s’appelle pas William Carminolla et n’expose pas une photo de vous nue en plein Paris cf Belle Toute Nue), mais petit à petit on prend le chemin vers l’acceptation de soi.

Mais qu’elle est fragile cette acceptation de soi ! Un magazine feuilleté dans une salle d’attente et nous voilà repartie à se dire « mon dieu je suis trop grosse ». Un « copain » de primaire croisé au détour d’une rue et revoilà l’écho « grosse vache ». Et puis un épisode de votre vie raté, une déprime et encore quelques kilos de plus…Des mots assassins d’une personne en qui on a cru et ça empire…

La spirale sans fin « je suis grosse et ce sera toujours comme ça alors pourquoi chercher à changer ». Mais aussi « je n’arriverai jamais à accepter ce corps ».

Et un jour, une autre rencontre, celle de l’amour véritable, celle avec celui qui sait véritablement vous aimer pour ce que vous êtes, celui qui ne se contente pas d’aimer votre visage et votre charme, mais bien celui qui vous aime vous telle que vous êtes, celui qui aime votre corps avec ses bourrelets, celui qui aime votre taille 44 sans conditions…

Et c’est aussi celui qui vous donne la force de vous battre contre cette fatalité qui n’en est pas forcément une, celui qui continue de vous mener sur les pas de l’acceptation de soi (bien que lui même n’y parvienne pas). Non, je n’ai jamais pu accepter mon corps, et je ne l’accepterai jamais tel qu’il était il y a un an. Non, ça ne pouvait pas être moi…

Mes pas m’ont menée comme vous le savez vers Dukan. Mais là n’est pas le sujet, on en reparlera comme prévu.

17 kilos en moins plus tard, une taille 38/40 dans l’armoire me voilà à aimer mes formes, assumer mes hanches, ma poitrine et mes fesses.

Me voilà rendue à vouloir en jouer avec des vêtements adaptés, choisir un style qui me correspond, qui me fait sentir bien et qui me fait commencer à accepter enfin mon corps. J’ose beaucoup plus qu’avant jouer avec la mode, les matières, les formes. J’ose enfin la féminité ! Quel bonheur de se sentir soi ! Quel joli pied de nez à cet écho qui restera toujours gravé en moi : « grosse vache ».

Oh bien sûr, les diktats de la beauté et de la mode sont toujours là…mais au fond, est on plus heureux quand on fait un 34/36 ? Qui a rencontré une fois dans sa vie une fille heureuse et totalement bien dans son corps que l’on voit nous pourtant comme parfait ? En tout cas pas moi…Je pense qu’accepter son corps, c’est en accepter son imperfection. Pourquoi devrait on faire une taille 36 plutôt qu’une taille 42 ?

Ne me parlez pas des soucis médicaux dans le cas d’un 42/44 ! Ne posez pas l’étiquette obèse à la va vite !  Oh oui car quand j’étais dans ma taille 42/44, c’est bel et bien l’étiquette d’obèse qu’on me collait, et ça, je ne l’ai jamais accepté. Parce que même si j’étais mal, même si je détestais ce corps, je me sentais grosse mais en aucun cas obèse.

Je sais, maintenant que j’ai réussi à perdre ce poids qui me faisait étouffer, que je ne vise plus la perfection, que je ne cherche pas à ressembler aux mannequins, non je suis juste moi, je commence enfin à être bien et à me trouver presque « jolie ». En tout cas, je me sens femme dans mes formes. Et j’ai compris une chose : à chacune son poids idéal, certaines seront parfaites en taille 34, d’autres en taille 48. A chacune de trouver son poids, sa taille, son style et son bonheur…Que ce soit par soi même ou grâce à une personne qui saura vous ouvrir les yeux.

Edit :

J’ai écrit ce billet le 14 juillet. Et voilà que le ELLE du 16 juillet nous sort encore un de ces articles sur les rondes qui s’assument. Ca tombe bien, j’avais envie d’étoffer un peu mon écrit. Bon critique de cet article afin de compléter mon billet. J’entends par critique que je vais expliquer mon ressenti, je ne fais pas d’interprétation générale, mais je vais en parler avec mon coeur à moi !

Les plus : on nous confirme que la minceur est de plus en plus rare dans les rues et que la moyenne des Française a un IMC moyen de 24 (normal).

On y apprend surtout que seulement 0,07% des filles rentrent dans une taille 34, 5,06% dans du 36 et 13,32% dans du 38. Donc, près de 80% des femmes font du 40 et plus

Alors ma réflexion : pourquoi se sent on encore et toujours ronde en taille 40 ?

Ce qui m’énerve dans cet article : les rondes en gros c’est du « moelleux, du confortable, du rassurant ». Non mais là, ça va pas quoi ! Faudrait peut être accorder vos violons et nous dire enfin ce qu’est une femme ronde !?  Et après on nous dit, en gros hein, que les adolescentes rondes ne sont pas complexées…Là, j’ai juste envie d’hurler en lisant cela ! Soit les temps ont changé en 10/15 ans (oui j’ai 28 ans et croyez moi à l’adolescence il fallait surtout pas être grosse, on nous parle bien de la différence de génération entre les mamans et leurs ados en revanche) mais à un point si radical j’ai du mal à y croire, car les jeunes filles elles ont les mêmes silhouettes dans leurs magazines que nous on avaient à l’époque dans les nôtres donc forcément elles ont des références minces…vous ne croyez pas ? Ou alors c’est moi qui ait un sérieux problème avec mon corps et d’après cet article il semblerait que je sois un cas isolé hein.. Alors on nous parle bien de différence de génération mais j’ai pas 45 ans non plus…Donc là, je vois pas. Soit les choses ont évoluées à une vitesse folle alors qu’il y a encore quelques mois c’était le triomphe de la taille 34, soit on se moque gentiment de nous !

On nous dit alors que ces femmes qui s’assument c’est parce qu’elles savent prendre de la distance par rapport à la norme et cultiver la différence. Je suis bien d’accord sur la première partie de la phrase mais que vient alors faire le mot différence ici ? Et le mot norme ? On nous parle de norme sans pouvoir nous la définir ! On nous dit en début d’article que 80% des femmes font plus que du 40 (ce qui semblerait être rond si on se réfère aux mannequins qui semble être la seule norme en vigueur), puis après on nous dit qu’être rond c’est être différent et l’accepter…Donc je fais du 40, je suis ronde ? Je suis normale ? Expliquez moi !

Et attention apothéose en fin d’article…On nous dit que les hommes aiment les femmes rondes parce qu’elles font mères (en gros je résume à la va vite) donc super…On n’est rien d’autre qu’une éventuelle figure maternelle ?? Et attention la dernière phrase « reprenons une tranche de saucisson et chantons comme Mika « Big girls are beautiful ». Oh bien sûr la logique voudrait qu’on comprenne cette phrase comme « Cessons de culpabiliser et faisons nous plaisir à table ». Oui, mais quand vous avez vécu les  » si t’es grosse c’est que tu bouffes trop » alors que pas du tout…vous comprendrez que c’est le genre de phrase qui énerve. Car être grosse n’est pas forcément un déséquilibre alimentaire…mais rassurez moi, là, je ne vous apprend rien ?

Bon, vous allez me dire que j’interprète peut être un peu, mais c’est mon coeur de femme qui se voit ronde et anciennement grosse qui vous parle. Cette femme que j’étais, celle que je suis devenue mais qui au fond, gardera toujours les stigmates d’un passé de grosse torturée et montrée du doigt !

Ce que j’en conclus : on ne sait toujours pas ce qu’est une femme ronde, on se fait du business (et y’a pas que Elle hein) sur le dos des femmes rondes et au fond, on les mets toujours à part. La femme ne peut elle pas être femme tout simplement ? Faut il absolument la qualifier de mince, ronde, maigre, voluptueuse ? Qu’est ce qu’une fille trop grosse ? Qu’est ce qu’une fille trop maigre ?

Et si on apprenait à regarder les femmes et donc se regarder soi même telles qu’elles sont sans chercher à leur mettre d’étiquette, sans chercher à se dire « avec quelques kilos de moins » (ou a contrario « avec quelques kilos de plus »), ou « elle ne ressemble pas aux filles des podiums ».

Si être femme et apprendre à s’aimer telle qu’on est n’était pas autant soumis à la pression médiatique et sociale, n’y aurait il pas plus de femmes heureuses ? Oh je sais j’enfonce des portes déjà grandes ouvertes….Mais c’était mon coup de gueule du jour.

J’adore le magazine Elle, mais là, cet article m’a révolté, même s’il semble écrit tel une éloge des rondes. Ce qui me gène c’est cette éternelle classification. Car croyez moi…Quand on a été désignée comme grosse, on le sera dans sa tête toute sa vie !

Bref, un billet confessions, écrit avec mon coeur comme vous n’en reverrez sûrement pas sur cet espace. Même pas sûr qu’il reste longtemps en ligne car il n’engage que moi, ce n’est que MON ressenti à moi. Mais j’en garde en conclusion une chose : il ne faut pas lutter contre son juste poids à soi !

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