Même si j'avais pu te retenir, je ne l'aurais pas fait.
Parce qu'il n'est jamais bon de retenir. Parce que sinon, la vie s'arrête.
Comme l'eau qui croupit quand elle reste immobile. Comme le pus qui surinfecte si on ne le draine pas...
Tu es parti pour ne pas mourir. Et tu as bien fait.
Parce qu'il n'est jamais bon de stagner. Parce que la vie est permanent mouvement.
De toi, me restent quelques bribes de souvenirs.
Mais ça me suffit.
Parce que les souvenirs, eux aussi, ont besoin de filer.
Pour ne pas en être hanté...
Tu seras toujours cet "ami retrouvé", celui que j'ai croisé sur les bancs de l'université, qui m'a fait aimer Birkin by Gainsbourg et qui a choisi de renaître en Chine.
La Chine, mes origines, ton avenir.
Quant à moi, l'avenir, c'est ici, là où tu es né.
Incompréhensible destin.
Mais tout va bien.
Parce que l'eau qui coule ne connaît pas les regrets. Elle ruisselle prudemment. Elle s'épanouit le long de son lit. Elle grandit à chaque confluent...
Elle ne se laisse pas endiguer parce qu'elle sait qu'il n'est jamais bon de retenir...