Les jouets sont éternels

Par Borokoff

A propos de Toy Story 3 de Lee Unkrich 3 out of 5 stars

Troisième épisode de la saga commencée en 1995. Andy est devenu un jeune homme. En même temps qu’il va rentrer à l’université, il doit délaisser ses peluches mais ne peut s’empêcher d’emmener son jouet préféré, Woody le cow-boy, avec lui. Buzz l’éclair et toute sa clique sont quant à eux destinés au grenier. Mais lorsque sur un malentendu, les jouets se retrouvent embarqués pour la déchetterie, Woody se précipite à leur secours et parvient in extremis à les sauver. Mais arrivée dans une crèche pour enfants, la bande à Woody n’est pas au bout de ses peines. Les enfants les maltraitent tandis que Lotso, une énorme peluche rose, fait régner la terreur…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les créateurs de Toy Story 3 sont allés loin dans leur délire. Très loin même. Pourtant, la première partie est un peu laborieuse et le film long à se mettre en place. Malgré la série de catastrophes qui arrivent à la bande à Woody au début du film, la sauce  ne prend pas vraiment dans la première demi-heure.

Et puis, comme par enchantement, l’arrivée à la crèche des jouets commandés par Woody et Buzz l’éclair coïncide avec une seconde partie beaucoup plus riche et délurée. Et passionnante. C’est un festival de n’importe quoi et de trouvailles visuelles en tout genre. Alors le film se métamorphose. Une mue dans laquelle on sent le plaisir manifeste des scénaristes dont l’imagination bénéficie alors d’une inspiration retrouvée.

Buzz l’éclair se transforme en danseur de flamenco et ne parlant plus que l’espagnol, se met à draguer Jessie, Barbie découpe les tenues de soirée de Ken, etc… Mais au-delà de sa virtuosité formelle dans les animations 3D, Toy Story 3 est aussi un film profond. Nostalgique de la désuétude dans laquelle sont tombés les jouets, même les plus récents et sophistiqués comme Buzz l’éclair. Tous remplacés par des jeux vidéos.

C’est une époque qui s’évapore comme une partie de l’enfance sans doute pour le réalisateur. Il existe pour lui une relation étroite entre les jouets et le rêve. Les jouets sont un pont entre le présent (celui de l’âge adulte) et l’enfance. Un pont réel et bien tangible. Et si les jouets disparaissent inexorablement, n’est-ce pas toute un pan de l’enfance qui se retrouve menacé d’être emportée dans l’oubli ?… Mais Toy Story 3 est résolument optimiste et veut croire (naïvement ?) que les jouets ne mourront jamais. Éternels, comme les diamants…

www.youtube.com/watch?v=pw_ioH1sZd0