Cérémonie du café

Publié le 09 mai 2007 par Argoul

For lunch, we taste spaghetti. Colonials have imported this Italian dish in the end of the 19th century when the signed a protectorate treaty with emperor Menelik II. At the end of the lunch we order a coffee ceremony. As in Japan for the tea ceremony, coffee here is carefully roasted, then crushed and put into hot water. It has to infuse before be poured into coffee cups. Each of your sense is requested: the eyes for the preparation – and for the girl preparing it – the nose for the warm perfume, the ears for the crush of coffee grains and the song of the boiling water, then the taste for le liquid in your cup.

Nous revenons au café du bord de route pour y déjeuner. Sont commandés de l’injera pour ceux qui ne savent déjà plus s’en passer (snobisme culinaire, selon mon goût) et des spaghettis pour les autres. L’Ethiopie a été occupée un temps par les Italiens qui comptaient s’y tailler un empire colonial et l’usage des spaghettis est resté – pas les Italiens. Dès 1872 ils s’emparent du port d’Assab, en 1885 du port de Massora, en 1889 est signé avec Ménélik II un traité de coopération qui instaure un protectorat. La guerre qui éclate en 1895 voit les Italiens vaincus à Adoua. Mussolini n’aura qu’une hâte, se venger. Ses troupes envahissent l’Ethiopie en octobre 1935, malgré les protestations fort bourgeoises de la SDN. En mai 1936, le roi d’Italie est proclamé empereur d’Ethiopie et Haïlé Sélassié doit fuir. Il retrouvera son trône en 1941 grâce aux Anglais avant d’être renversé en 1974 par la junte militaire de Mengistu.

Nous retrouvons une belle fille, vue ce matin à cet endroit mais qui, depuis, s’est parée d’un débardeur parme qui met en valeur son teint chaud. Elle a natté ses cheveux. Elle sert ici et est chargée de nous préparer le café.

Il s’agit de toute une cérémonie qui dure longtemps, presque une fête destinée à laisser monter le désir. L’opération consiste à d’abord apporter tous les ustensiles et à installer le décor : balayer l’espace, disposer le réchaud, le plateau, la cafetière, le pilon, semer ici et là quelques branches vertes pour faire joli. Cela pour solliciter le premier sens : la vue.

Puis les grains verts sont grillés longuement sur le charbon de bois à petit feu, remués à la spatule pour que leur caramélisation soit uniforme. Monte alors une délicieuse odeur qui ajoute au premier sens déjà sollicité l’odorat.

Les grains sont pilés longuement au mortier jusqu’à ce que la mouture soit très fine et homogène. C’est alors l’oreille qui s’enchante des rythmes du pilon, des craquements des grains et du frémissement de l’eau.

Une fois prête, la poudre est jetée dans la poterie où frémit l’eau. Le temps d’infusion permet une rupture des gestes et une nouvelle odeur, plus chaude, pour mettre en appétit le goût, quatrième sens. Dans les tasses disposées sur un plateau, le café est versé précautionneusement, avec lenteur, pour laisser le marc au fond. Les tasses odorantes sont enfin distribuées.

Chacun est libre de savourer ce qu’il a vu préparer longuement et qu’il a désiré. Le café ainsi produit embaume et est assez corsé.

Moins rituelle qu’au Japon, la cérémonie du café éthiopienne garde cependant ce sens de l’étiquette et les étapes de la montée du plaisir qui me rappellent la cérémonie du thé.


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