Après
L’exposition s’organise ainsi autour de cinq grands axes : la rue, le travail, les voyages, le corps et la bio
La thématique la plus marquante du parcours reste celle du travail et le titre de l’exposition ‘Une poétique de l’engagement’ traduit très justement le militantisme infaillible de Willy Ronis. Son empathie pour des ouvriers des diverses usines qu’il visite, la cohabitation de l’homme et la machine, les formes austères d’un monde industriel en expansion confèrent une esthétique poétique particulière. La série de ‘L’Usine de textile du Haut-Rhin’ (1947) est en ce sens remarquable, comme ce cliché connu pris à l’ Usine Lorraine-Escaut, Sedan, 1959.
Même si la plupart des photos sont prises en France, Willy Ronis a saisi des images de nombreux pays visités. Depuis 1938 quelques regards nous parviennent des marchés en Albanie, Yougoslavie, Grèce et Tunisie … Les images nocturnes de Soho, Londres (1955) méritent un intérêt tout particulier. Comme le décrit Marta Gili, commissaire de l’exposition, “Ronis s’y abandonne à l’attraction d’une métropole en pleine ébullition, peuplée d’anonymes, et recourt à des stratégies formelles qui tranchent avec le reste de sa production (images floues évoquant le mouvement, lumières déformées des grands néons publicitaires, vues plongeantes, etc.). Les clichés de Londres, comme certains de ceux réalisés à New York, donnent le sentiment que Ronis a pris délibérément le parti d’une lecture poétique, placée sous le signe cette fois non pas de l’engagement, mais de l’étrangeté.” En voici un bar qui a pris des allures féeriques:
Une seule destination semble revendiquée: celle de la RDA qui, en 1967, n’est pas encore reconnue internationalement et dont le parcours est en phase avec l’engagementpolitique de Ronis. A cette période Ronis s’est rendu à deux reprises en Allemagne de l’Est, dans le but de montrer une société différente de la société occidentale, en portant son intérêt en particulier sur le monde ouvrier et sur son appropriation d’une culture autrefois réservée à la bourgeoisie. L’exposition qui en résulte sera présentée en France 70 fois jusqu’en 1974 contribuant ainsi à montrer la vie quotidienne en RDA. Un témoignage d’un monde révolu.
« La photographie c’est l’émotion » disait Willy Ronis et cette exposition en est une belle.
Jusqu’au 22 aout 2010
Horaires: Du mardi au dimanche 11 h - 19 h
Le jeudi (nocturne) 11 h - 21 h 30
Fermé le lundi