Clap Ur Hands ! (mais pas trop).

Publié le 13 juillet 2010 par Routedenuit

Bon.

Sia a sorti un nouvel album en juin… ça s’appelle We Are Born (Sony Music). Inutile de le cacher plus longtemps, je suis extrêmement déçu. Je ne sais pas ce qui s’est passé. On est à des années lumière de la Sia qui chantait sur le générique de Six Feet Under, à des années lumière de la Sia qui nous captivait sur Breathe Me ou Lullaby. On est à des années lumière de cette chanteuse si excentrique, dont la voix avait le pouvoir de créer ces atmosphère si intimistes, et d’aller chercher des émotions suffisamment rares pour que l’on se souvienne d’elle.

Ce nouvel album est dopé à la bonne humeur, qui transpire tellement de chacun des morceaux que je me demanderais presque si elle n’est pas feinte. L’album entier est construit sur des xylophones, des guitares électriques et des harmonies en majeur suffisamment naïves et franches pour qu’on se demande si c’est pas juste une grosse blague. J’ai comme l’impression qu’aucun de ces morceaux n’est véritablement crédible, si ce n’est Clap ur Hands ou peut-être You’ve Changed.

Il existe une espèce de mimétisme entre les autres titres à laquelle on ne s’attend pas quand on connaît l’artiste, qui chantait avant pour des groupes comme 0 Seven, qui se disait inspirée par Postal Service ou par Amy Winehouse… J’ai l’impression qu’elle a peut-être fait le deuil de cette période pendant laquelle elle a perdu son ami, s’est réfugiée aussi bien dans la drogue que l’alcool et que l’on se retrouve maintenant avec une espèce de junkie de la joie de vivre, qui joue au funambule sur la corde de la crédibilité. Loin de moi l’idée de médire sur le fait qu’elle aille mieux et qu’elle se soit en quelque sorte réconciliée avec un passé qui l’a amené à écrire des morceaux comme Don’t Bring Me Down. Le fait est simplement que je ne comprends pas cette espèce de déchaînement de couleurs, de sonorités, et de démonstration perpétuelle de sourires qui n’ont pas véritablement de sens. Elle ne prend même plus la peine d’articuler quoi que ce soit, ce qui transmet ce sentiment d’inertie et presque de non-implication dans ce qu’elle fait.

En écoutant ce dernier album, j’ai l’impression d’écouter un truc d’une banalité affligeante, sans vraiment de nuance et constamment dans la répétition. J’ai vraiment pas l’habitude d’écrire sur les choses qui ne me plaisent pas, mais je suis suffisamment affligé pour franchir le pas. Rien ne me parvient vraiment dans ce dernier album si ce n’est qu’on peut écouter son premier single sur NRJ après 22 heures le samedi soir, entre David Guetta et Bob Sinclar, et que ça m’embête un brin.

Est-ce par snobisme, est-ce par dédain, suis-je passé à côté ? Certainement, mais je pense que Sia nous avait habitués à quelque chose de plus profond, de plus ciselé dans l’écriture et dans les arrangements. C’est comme si rien n’était véritablement achevé et qu’elle s’était contentée d’une certaine forme de minimum. Je pense notamment à Cloud qui pourrait prendre la dimension de morceaux comme Beautiful Calm Driving sur le précédent album… Les rythmiques sont enfantines, linéaires – elles agacent même parfois.

Je sais pas. On verra ce qu’elle va faire en live, mais pour l’instant, je suis dubitation extrême.

Quelqu’un veut pas lui refiler un peu de coke ou de whisky, histoire de ?