La fin de la clope en direct avec Nicolas Hulot

Publié le 24 décembre 2007 par Richard Kirsch
Dans moins d'une semaine , la cigarette sera totalement interdite dans les bars. Nous vous proposons en exclusivité de vivre ces derniers instants en compagnie de Nicolat Hulot , une séquence émotion suffocante d'intensité.
"Pour cette fin d'année , une année entière placée sous le signe de l'écologie, une année de 365 jours consacrés pour ma part à sauver cette planète , et bien je la termine par une immersion dans le bar-LOTO-PMU "Au rendez-vous des Amis" . Voilà , je pousse la porte, oh oh la quel spectacle ! Un épais brouillard recouvre la longue salle ...pfffssss... seules quelques lampes basse consommation permettent de me frayer un chemin ...oh ha .. PfffSSzzzzit... un paysage qui hélas va disparaître dès le 1er janvier et qui nous rappelle combien la lutte écologique est importante...pfffsssss... Déjà beaucoup de consommateurs sont accoudés..c'est fait je vois enfin le comptoir ..monumental..magnifique . le Zinc semble jaillir tel un iceberg de cette brume épaisse de nicotine... pfffssssip...je m'approche des clients ...pas le moindre signe d'hostilité..:Msieur Hulot , un p'tit Calva.? je m'écarte poliment alors qu'un second client m'interpelle : eh attention m'sieur Hulot ? Je sens une certaine pression, sans doute , veut-il dialoguer , entrer en contact ? Des instants magiques qui nous rappellent combien la destruction des pôles sociétaux sont gravissimes. Non, il revient oui ..? "M'sieur Hulot..attention trop de gnole tue la bagnole !". L'haleine un peu chargée du consommateur doit nous faire réfléchir sur les énergies alternatives. si le conducteur consomme plus de bi-éthanol que son véhicule , ce pari n'est pas gagné. Séquence émotion disais-je car dans ce monde secret, la culture semble avair réussi à s'imposer..je vois fleurir des Paris-Turf.....Ici Paris, France-dimanche,...pssfffssip ...la progression devient diffcile tant la fumée est épaisse , je m'approche du comptoir PMU..AH OH merveilleux ! ils sont une douzaine alignés, le ticket à la main. Pas la moindre agressivité mais j'avoue être dérouté par ce language peu familer : " j'aurais jouer le 14 placé dans la deuxième et 6 gagnant dans le cinquième du quarté+ . Pas du tout , dans le tiercé le 23 l'a pris à 14 contre un alors que le 18 termine 2e dans le quinté de la 7e.. .Des instants rares qui nous rappellent que la sauvegarde des dialectes locaux est primordiale...Et me voici maintenant revenu près du comptoir , tel le navire il flotte dans ce brouillard, je n'entends plus que des voix tels des sémaphores , des voix qui répètent étrangement : " le PSG a battu St Etienne , ça s'arrose, allez à la tienne Etienne" Donc je vis pour vous les derniers jours de cette civilisation clopeuse encore libre...pssssziii ,le guichet de vente des cigarettes, ultime vestige , dernière trace d'une époque révolue...les rayonnages sont presque vides.....et me voici ....j'ai un peu de mal à discerner..il s'agit probablement d'écrans, la fumée est ici très impressionnante..il s'agit d'écrans de ..de ..RA..je m'approche encore ..pas vraiment d'image sur cet écran des chiffres , des dizaines ...aHHHH OHHH encore un language inconnu , probablement un language codé, héritage prodigieux d'une civilisation lointaine..OH ..des instants extraordinaires qui nous rappellent combien l'imagination de l'homme est infinie ..je décrypte maintenant .. RAPIDO .. tout proche un consommateur semble baigné dans un immense bonheur :"j'en ai cinq j'en cinq , je paie ma tournée ! je n'ai pas totalement saisi ni interprété ce cri ..un anthropoloque l'eut fait sans dout mieux..je descends plus profondément ...voila je touche le fond de ce monde ...OHH aHHH...zipfffff le carrelage surement des années 50 est recouvert d'une épaisse couche de sédiments ...je gratte un peu avec mon Opinel no4 ....il s'agit ...d'emballages de sucre, des centaines de mégots, dans un agglomérat de cendres ..fantastique spectacle que cette fin un peu apocalytique . comment imaginer que cet univers va disparaître. Me voici de nouveau à l'extérieur, des larmes plein les yeux rougissimes , la gorge serrée, la voix cassée, je garderais encore longtemps cette odeur tenace de nicotine et de goudrons dans la mémoire et sur mon débardeur Ushuaia moulant.