Paso Doble n°181 : Dans la peau de Nicolas Sarkozitch

Publié le 23 septembre 2010 par Toreador

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Par Toréador | septembre 23, 2010

A las cinco de la manana…

Jeu de l’Oie : avancez de trois cases

La presse est passée directement de la case « Quel remaniement ministériel ? » à celle de « Quel sera le prochain Premier ministre ? », laissant entendre que François Fillon serait sur le départ. Personne ne se pose la question de la rationalité d’une telle décision : pourtant, on profite plus des remaniements pour virer les poids-morts (et ils sont nombreux), que les mecs populaires.

Il est quelque part étrange que le Monde se passionne plus pour l’avenir de Fillon que de Woerth, mais passons.

Si l’on raisonne en termes de candidats pour Matignon, l‘affaire n’est pas simple. Le problème est que le départ de Fillon est conditionné à la « prise » de l’UMP, ce qui oblige le recasage de Xavier Bertrand au gouvernement et demande de régler le cas de Jean-François Copé. Or, celui-ci ne veut pas de Matignon, ni de Fillon à l’UMP. La solution du jeu de chaises musical la plus simple serait en réalité de garder le trio actuel… ce qui en termes de renouvellement n’est pas très sexy.

Comme il est impossible de savoir comment Sarkozy tranchera le noeud gordien, autant partir plutôt des besoins, c’est à dire du profil recherché pour tenter de percer les brumes de l’avenir.

Les paras du Président

Premier critère, un remaniement pour quoi faire ? Le changement, cela veut dire envoyer un message à son électorat ou imprimer une nouvelle direction. Faut-il préparer sa réélection en corrigeant les erreurs de début de mandat (hypothèse A) ou choisir un Premier ministre martyr qui pourra alléger la charge médiatique sur le président (hypothèse B) ?

Dans le cas d’espèce, Sarkozy a deux possibilités : le parapluie ou le paratonnerre. La solution « parapluie » ce serait quelqu’un qui saurait tenir le gouvernement pendant l’année pré-électorale, consolider les réformes et calmer le climat. Un Fillon-bis. A mon sens, Lagarde représente sans doute le meilleur compromis entre désir de changement/besoin d’apaisement et, en second rang, Baroin. Reste que Lagarde aura une autorité proche de zéro sur la fine équipe, et sera sous tutelle (curatelle ?) à la fois du parti et du groupe UMP.

Une seconde option serait de choisir quelqu’un de dynamique et controversé, voire plus jeune, qui pourrait permettre à l’image de Sarkozy de s’assagir miraculeusement par contre-coup. Un Sarkozy-bis.  L’idéal serait Copé ou un de ses clones. Estrosi ? (non je déconne…)

Ouverture… des Paris en ligne

Second paramètre, l’impact politique. Eléctoralement, Sarkozy a le choix d’ouvrir vers le centre ou vers la droite de l’UMP. Tout dépend de ce qu’il craint le plus, Morin ou Marine.

Je pense évidemment que le FN est un danger plus réel, et il faut un Premier ministre qui soit indéniablement classé à droite, pour que Sarkozy puisse préparer une campagne de rassemblement avec un socle de droite consolidé. Parmi les gens répondant à ce profil, on trouve Hortefeux ou Alliot-Marie. Si c’est l’inverse (le Centre) qui est privilégié, Borloo serait le plus qualifié.. ou Bayrou.

En croisant le profil idéal avec les candidats, on voit bien qu’on recherche un animal introuvable. Dans le carré magique de croisement des paramètres, je vois en « Parapluie de Droite » : Alliot-Marie, puis Lagarde ; en « Paratonnerre de Droite » : Copé, puis Hortefeux. En « Parapluie du centre » : Morin ou Borloo ; En « Paratonnerre du Centre » : personne (un centriste dynamique et jeune, c’est une oxymore).

Par défaut, comme il est exclu que Copé ou Morin y aille (et que Sarkozy leur propose), je pense qu’in fine le choix se rétrécira entre Alliot-Marie , Hortefeux et Lagarde. Aucun de ces choix n’étant satisfaisant en comparaison de Fillon, je parierais plutôt sur son maintien, et à défaut Lagarde.

Tags: Alliot-Marie, Fillon, Lagarde, parapluie, paratonnerre, Premier-ministre, remaniement

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