Le 27 novembre 1095, dixième jour du concile de Clermont, au cri de « Dieu le veut », Urbain II appela toute la chrétienté aux armes, appel du Pontife à la défense de la foi menacée par la nouvelle invasion musulmane, appel de la plus haute autorité européenne à la sauvegarde de l’Europe contre les précurseurs de Mahomet II (et contre les conquérants asiatiques, aussi)
Il demanda aux soldats du Christ de se marquer du signe de la croix. La croisade était née.
Quelques années auparavant, Pierre l’Hermite constituait « une croisade populaire ». Avec plus de charité que de prudence, il eut le tort d’enrôler des vagabonds, des gens sans aveu, même d’anciens criminels qui cherchaient, en prenant la croix, à obtenir la rémission de leurs fautes. Ces pécheurs mal convertis eurent vite fait de revenir à leurs mauvais instincts. Pillards, ils étaient, pillards, saccageurs ils se retrouvèrent. Profitant d’une absence de Pierre, ils marchèrent dans le plus grand désordre. A 3 kilomètres d’Hersek, les malheureux pèlerins furent surpris et massacrés en masse par les Turcs. Sur 25000 hommes, 3000 seulement purent regagner le territoire byzantin.
Toutefois, par son zèle et sa foi, Pierre l’Hermite est resté une figure populaire de l’histoire des croisades.
Faut dire que, comparé au teuton Emich de Leisingen, un autre chef de croisade, ce dernier n’était qu’un chevalier-brigand !
(René Grousset, de l’Académie française, « l’épopée des croisades » )
Il n’y a pas eu que la défaite de Poitiers (732), pour stigmatiser l’hostilité du monde arabe. !