I Heart Hiroshima

Publié le 19 octobre 2010 par Lordsofrock @LORDS_OF_ROCK

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I Heart Hiroshima - The Rip

Label: Valve Records (distr. Musikvertrieb)

INDIE Derrière ce nom bizarre, se cachent deux garçons et une fille mais pas de basse. Les 3 jouent une pop indé reprenant les moindres caractéristiques du genre. Et comme dans toute musique pop, c’est l’émotion qui décide d’un groupe s’il ennuie par son côté déjà-vu ou si sa sincérité touche juste.

On aura beau dire que le son de I Heart Hiroshima est particulier parce que le groupe n’utilise pas de basse, à l’écoute on se retrouve face au typique cd d’indé pop : des mélodies faciles, des chœurs rageurs, voix féminine et masculine qui s’échangent, et jusqu’à la pochette, au demeurant très jolie, prête à être imprimée sur des T-shirts à la fin du concert. Bref, I Heart Hiroshima ressemble à s’y méprendre à tous ces groupes qui agasse par leur niaiserie posée et leur manque totale d’originalité. Mais la pop, même indé, a ses raisons que la raison ignore. Qu’est ce qui fait que quand on écoute « David Bowie I Love You (since I was six) » du Brian Jonestown Massacre, on a envie chialer alors que quand c’est « Stop Crying Your Hearth Out » de Oasis qui passe, on s’ennuie ? Ca ne tient à pas grand chose, à ce presque rien qui fait pourtant tout, ce surplus d’émotion, cette sincérité au fil du rasoir qui te coupe le souffle.

Un groupe qui en a


Les groupes qui arrivent à exprimer cette émotion ne sont pas si nombreux et I Heart Hiroshima en font partie. Dès « Count Me In », la simplicité de la mélodie, la voix masculine chevrotante et sa réponse féminine forment un cocktail pop imparable. Et pour ceux qui hésitaient encore à se laisser aller, « Got Out » vient faire tomber les dernières barrières avec un départ où l’émotion commence si fort qu’on dirait presque du WU LYF. C’est bon et en même temps c’est si simple, on croirait plutôt entendre un petit groupe du coin qu’un trio australien. On ne peut ici que louer la production qui parvient à faire sonner The Rip d’une façon où la sincérité est préservée comme par miracle. Avec « Shakeytown », on tient un troisième tube en trois chansons, mais cette fois c’est la voix féminine qui domine. Cette alternance entre voix masculine et féminine fait partie des qualités qui donnent à The Rip une forte diversité. Après ce début qui aura réussi à faire trembler la corde sensible de beaucoup, l’album continue son chemin, sans surprise mais sans déception. Bien sûr, certaines chansons sont un peu moins biens (« Old Tree »), d’autres peut-être trop évidentes («The Corner » et sa guitare très Kings of Leon), mais l’ensemble se révèle de très bonne facture, avec toujours cette émotion et cette sincérité restée intactes, à tel point que les chansons résistent à plusieurs écoutes. Ainsi, on trouve plusieurs bijoux comme les très Sonic Youth « Ocean » et « Sisters », l’excellente « The River » ou encore l’entêtante « Who I Was ». I Heart Hiroshima portent bien leur nom avec un cœur capable d’explosion émotionnelle atomique, ils réussissent un petite miracle : en écoutant The Rip, on a l’impression que tout est nouveau dans la pop indé.


Ecrit par Pierre Raboud - Le 19 octobre 2010

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