La Princesse de Montpensier

Publié le 07 novembre 2010 par Cinephileamateur
Cinéphile du jour, bonjour !!! Au début, "La Princesse de Montpensier" ne m'attirai pas plus que ça. J'étais curieux de le découvrir car j'en avais entendu de bons échos mais je ne l'avais pas mis dans mes priorités à tel point que si je l'avais raté en salles, je ne sais même pas si j'aurais essayé de le voir plus tard à la télévision. Pourtant, alors que j'attendais un ami devant le cinéma sans savoir quel film on allait voir, j'ai pu constater qu'il y avait une séance spéciale avec dédicace du scénario (et de la nouvelle d'origine de Madame de La Fayette) et présentation du film en présence du réalisateur Bertrand Tavernier et de Lambert Wilson. Ce genre de rencontre est toujours intéressante et c'est donc ainsi qu'en plein après midi je me suis retrouvé devant ce film dont j'avais juste vu l'affiche que je ne trouvais pas spécialement belle d'ailleurs au passage... Pour connaître mon avis, cliquez sur "Lire la suite"...
"- Ah, la foi ! Saint Paul la définit parfaitement. Épître aux Hébreux. 'La foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère et de connaître des réalités qu'on ne voit pas.'
- Au fond, c'est un peu ce qu'on pourrait dire de l'Amour."

Il s'agit d'une romance dramatico-historique français qui est sorti dans nos salles obscures le 3 novembre 2010 et dont la durée est de 2 heures 19.
"La Princesse de Montpensier" est un film écrit et réalisé par Bertrand Tavernier.
Le film à été produit par Eric Heumann, Frédéric Bourboulon et Laurent Brochand.
Le scénario à été également co-écrit avec François-Olivier Rousseau et Jean Cosmos d'après la nouvelle de Madame de La Fayette.
La bande originale à été composée par Philippe Sarde.
Film tous publics lors de sa sortie en salles.
Bande annonce et extraits du film




"La Princesse de Montpensier" a été sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes 2010.
Bertrand Tavernier est un familier des films d'époque. Ainsi, "Que la fête commence" est situé en 1719, "Le Juge et l'Assassin "en 1893, "La Fille de d'Artagnan" en 1654, et "La Princesse de Montpensier" en 1562. Certains de ces films l'avaient déjà conduit à travailler avec des chevaux, expérience qu'il a renouvelée ici, confiant le dressage et les cours d'équitation à l'égide d'un spécialiste mondial, Mario Luraschi.
Avec Philippe Sarde aux commandes de la bande-originale, le réalisateur ne se lançait pas dans l'inconnu. De leur collaboration passée ("L.627", "La Fille de d'Artagnan"), une évidente complicité a permis une coordination de choix: "Nous souhaitions que l’orchestration et les harmonies de la musique soient très modernes, en utilisant beaucoup de percussions". Bertrand Tavernier revient sur la méthode de travail du compositeur: "Il a réagi très vite, en analysant le film au deuxième jour des rushes [et] il m’a appelé en disant qu’il fallait articuler, scénariser la musique du film autour des personnages de Mélanie Thierry et de Lambert Wilson, de l’évolution de leurs rapports."
Si la forme contient incontestablement tous les ingrédients du film d'époque classique, l'enjeu de fond est autre: "Je voulais être aussi contemporain et naturel dans ce que je racontais que je l’avais été par rapport au monde de mes précédents personnages", explique le cinéaste. "Je ne voulais pas reconstituer une époque mais capter son âme." Une position qui influe évidemment sur le travail des décors et des costumes : "Nous avons privilégié la peau et les yeux des comédiens, la texture des magnifiques costumes de Caroline de Vivaise, capté les sentiments à travers la lumière."
De retour du bayou de La Nouvelle-Orléans où il il s'était fondu avec réussite "Dans la brume électrique", Bertrand Tavernier avait ressenti "l'envie de raconter une histoire d’amour lyrique et ample (...) et l’envie viscérale de [se] plonger dans un film profondément français", par le traitement des sentiments, le rapport à l'Histoire, la culture... Une similitude avec son expérience US pointe également :"Je voulais aussi absorber, m’approprier le XVIème siècle de La Princesse, entrer de plain-pied dans cette époque, comme je l’avais fait avec la Louisiane de James Lee Burke."
Une autre raison décisive à la réalisation de ce film était l'envie du réalisateur de tourner avec cette nouvelle génération d'acteurs français, avec lesquels il n'avait jamais travaillé. Une expérience qui se révèle hautement concluante: "Dirigés ? Je les ai admirés. Je les ai regardés. Ils m’ont inspiré, porté, fait vibrer. J’ai essayé de créer autour d’eux un espace où ils se sentent à l’aise, de les rendre contemporains de l’époque. Je suis sans cesse allé d’éblouissement en éblouissement", s'enflamme-t-il.
Au centre du récit, le personnage de Marie est réellement la figure pivot de l'histoire. C'est par un caractère fort et indépendant qu'elle s'impose comme le moteur des intrigues et des actions. A son propos, Mélanie Thierry s'exprime: "Marie n’est pas du genre à suivre le troupeau et elle aime pouvoir affirmer ses idées et ses opinions. Elle a aussi besoin d’avoir accès à la culture et de se sentir exister !" Complexe est la jeune femme qui "est déchirée entre, d’un côté, une droiture raisonnée qui la pousse à être une bonne épouse et, de l’autre, le désir et la sensualité auprès de son amant. (...) En réalité, elle n’est pas du tout consciente de sa beauté et de son pouvoir de séduction. Elle n’est jamais dans le calcul", conclut l'actrice.
Bertrand Tavernier, réalisateur d'expérience, est connu pour sa direction d'acteurs. Ce n'est pas Gaspard Ulliel, interprète du duc de Guise, qui prétendra le contraire: "Au départ, comme il s’agit d’un film d’époque dont la langue est très sophistiquée, j’étais tenté d’adopter un ton légèrement ironique dans la manière de m’exprimer. Mais Bertrand m’a expliqué qu’il fallait jouer Guise comme un homme extrêmement sincère et entier, qui n’est jamais dans le second degré, à l’inverse du duc d’Anjou."
Pour Raphaël Personnaz, l'appropriation du rôle passait par une documentation fournie sur les mœurs de l'époque: "Je suis allé au musée d’Orléans, où l’on trouve de nombreuses représentations de l’époque et du duc d’Anjou, et j’ai lu une biographie de Henri III. C’est ainsi que j’ai glané pas mal d’informations sur les rapports complexes entre le duc et sa mère, Catherine de Médicis, ou sur les déplacements de la Cour dans toute la France qui mobilisaient près de 10 000 personnes ! C’était essentiel pour mieux me représenter cette période", confie-t-il.
Pour Grégoire Leprince-Ringuet, il s'agit de la deuxième adaptation de Madame de La Fayette, deux ans après "La belle personne" que Christophe Honoré avait construit d'après "La Princesse de Clèves". Même s'il s'agissait alors d'une transposition dans un lycée d'aujourd'hui, la comparaison entre ces deux personnages mérite l'intérêt. Voici le point de vue l'intéressé."Je joue dans les deux films un rôle assez similaire : celui du mari dont la femme n’est pas amoureuse. Mais (...) la véritable différence entre les deux personnages, c’est la guerre. À la différence d’Otto dans 'La belle personne' qui se tue pour échapper au combat, le prince de Montpensier lutte tout au long du film, il se débat pour ne pas souffrir."
Le tournage du film a débuté par les séquences de combats. Une entame certes difficile mais qui a, au final, aidé les acteurs pour l'interprétation de leurs personnages. Lambert Wilson raconte: "Ce qui était formidable dans l’approche du jeu avec Bertrand, c’est qu’on a commencé par le corps puisqu’on a démarré par les combats et les scènes à cheval. Cela m’a donné une colonne vertébrale avant même de réfléchir à la psychologie du personnage qui, souvent, peut s’avérer un piège pour les acteurs. Du coup, j’ai pu trouver l’identité du personnage à travers la façon de me battre et de manier l’épée."
Le tournage de "La Princesse de Montpensier" a duré huit semaines et une partie du film s'est déroulée à Lacalm, petit village du Nord Aveyron. Parmi les décors, on retrouve aussi des paysages en Anjou, au château du Plessis-Bourré, en Auvergne, au château de Messilhac ainsi qu'au château de Meillant dans le Cher.


Le casting du film :

Mélanie Thierry (Marie de Montpensier), Lambert Wilson (Le Comte de Chabannes), Grégoire Leprince-Ringuet (Le Prince de Montpensier), Gaspard Ulliel (Henri de Guise), Raphaël Personnaz (Le Duc d'Anjou), Michel Vuillermoz (Le Duc de Montpensier), Anatole De Bodinat (Joyeuse), Eric Rulliat (Quelus), Samuel Théis (La Valette), Judith Chemla (Catherine de Guise), Philippe Magnan (Le Marquis de Mezières), César Domboy (Mayenne), Jean-Pol Dubois (Le Cardinal de Lorraine), Florence Thomassin (La Marquise de Mezières)...
Le synopsis du film :

562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage…
Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, Duc de Guise. Elle est contrainte par son père d’épouser le Prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le Comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny.
Elle tente en vain d’y oublier sa passion pour Guise, mais devient malgré elle l’enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le Duc d’Anjou, futur Henri III.


Au début, "La Princesse de Montpensier" ne m'attirai pas plus que ça. J'étais curieux de le découvrir car j'en avais entendu de bons échos mais je ne l'avais pas mis dans mes priorités à tel point que si je l'avais raté en salles, je ne sais même pas si j'aurais essayé de le voir plus tard à la télévision. Pourtant, alors que j'attendais un ami devant le cinéma sans savoir quel film on allait voir, j'ai pu constater qu'il y avait une séance spéciale avec dédicace du scénario (et de la nouvelle d'origine de Madame de La Fayette) et présentation du film en présence du réalisateur Bertrand Tavernier et de Lambert Wilson. Ce genre de rencontre est toujours intéressante et c'est donc ainsi qu'en plein après midi je me suis retrouvé devant ce film dont j'avais juste vu l'affiche que je ne trouvais pas spécialement belle d'ailleurs au passage.
Bien que je me la sois procuré, je n'ai pas encore lu la nouvelle d'origine donc je vais éviter de faire toute comparaison (peut être plus tard quand je l'aurais lu ;) ). La seule supposition que je vais m'autoriser et que les scénaristes ait pris quelques libertés afin d'en faire un film la nouvelle tenant à peine sur une cinquantaine de pages et le film durant plus de deux heures. Cette histoire justement, elle m'as vraiment captivé. Après une dizaine de minutes à peines où j'ai eu du mal à rentrer dans ce côté un peu théâtrale, je m'y suis vite habitué et suis rentré complétement dans ce triangle amoureux avec comme arrière plan les guerres de religion en France. Si je suis rentré dedans, c'est parce que je trouve que les dialogues sont tout simplement magnifique. Il se dégage une certaine poésie, un certain charme dans chaque réplique qui font que même si ce n'est pas une nouveautés, je n'ai pas retrouvé ici le côté pompeux qui aurait pu me rebuter. L'ensemble est très harmonieux et très fluide. Les différents sujets sont abordés avec une certaine légèreté mais avec beaucoup de profondeur notamment pendant tout les passages du film où Chabannes transmet son savoir à Marie et qui sont sans doute mes moments préférés du film avec des points de vues très intéréssant et aussi très contemporain. Chose que j'ai beaucoup apprécié aussi c'est le fait qu'à aucun moment je n'ai été perdu. Que ce soit lorsque le film évoque la romance ou lorsqu'il évoque les différents conflits, le scénario reste très clair sans jamais perdre le spectateur. On plonge alors dans le passé avec des thèmes pas forcément glorieux comme les mariages forcés au temps des rois ou encore des thèmes plus contemporains comme les absurdités de la guerre ou des clichés que l'on peut assimilés à une religion. Bien sûr, tout ceci n'est qu'une toile de fond car c'est surtout la romance qui est mis en avant mais sans jamais toutefois jouer dans la surenchère ce qui fait qu'on ne regarde jamais ce film comme une simple histoire d'amour. La seule surenchère qu'il peut y avoir à la limite je trouve (en dehors des dialogues théâtrales qui peuvent en repousser certains) c'est la fin du film qui semble ne jamais trouvé d'issue. Je pense pas que c'est le but cherché mais vers la fin j'ai quand même vraiment eu l'impression qu'on ne voulait pas se débarrasser de cette histoire et dès qu'on pouvait la relancer on le faisait ce qui à provoqué chez moi quelques baisses de rythmes. La fin reste toutefois poignante et j'admets volontiers que si je m'attendais à certaines choses, il y à d'autres points dans cette fin qui m'as surpris (de bonne façon ;-) ) mais que je ne dévoilerais pas afin d'éviter de trop en dire et de spolier ceux qui n'ont pas encore vu cette œuvre.
Au casting, si il y à bien un acteur qui pouvait me faire déplacer en salles c'est bien Lambert Wilson et ce dernier est vraiment excellent dans son rôle de Chabannes. Très charismatique, l'acteur réussi la prouesse de rester tout le temps en retrait comme son rôle l'exige tout en s'imposant. Véritable pivot dans cette histoire, il incarne le personnage que je trouve le plus intéressant et le plus captivant avec beaucoup de sagesse. Il s'est rapidement imposé comme étant mon personnage préféré du film tant il apporte beaucoup. Le comédien le joue très bien et il est d'ailleurs l'un des rares à jouer de façon théâtrale juste sans jamais surjouer ce qui rend son rôle encore plus plaisant. J'avais plus de peur concernant Mélanie Thierry qui est une actrice que je n'affectionne pas particulièrement mais cette dernière à vite su me faire changer d'avis en livrant une très bonne prestation. Physiquement, elle incarne très bien la fraîcheur, la naïveté et la fougue de son personnage et bien que l'actrice ne soit jamais transcendante, je l'ai quand même trouvé convaincante. J'ai beaucoup aimé aussi Gaspard Ulliel qui est lui aussi très charismatique et qui impose sa fougue et son talent à l'écran. Parfait dans son rôle, je regrette même qu'on ne le vois pas un peu plus même si je peux le comprendre. L'acteur s'impose très bien toutefois avec beaucoup de force ce qui accentue encore un peu plus le contraste avec le personnage joué par Grégoire Leprince-Ringuet qui est plus dominé qu'autre chose, ne contrôlant rien à ce qui l'entoure. J'ai eu une bonne surprise aussi avec Raphaël Personnaz qui joue un Duc d'Anjou décalé qui m'as beaucoup plu. L'acteur à su jouer tout en finesse son rôle réussissant parfaitement à être léger et comique ou sérieux et imposant lorsque la scène le demandait. Son costume et ses maquillages ne le mettent pas toujours en valeurs mais à aucun moment il n'est ridicule en tout cas ce qui est une très bonne chose. Parmi les rôles secondaires important et qui livre une bonne prestation, on retrouvera Michel Vuillermoz excellent au même titre que Philippe Magnan ainsi que Florence Thomassin qui gagne surtout en importance lors d'une scène (celle où elle dit à sa fille d'écouter son père et de se marier avec Montpensier) et que j'ai trouvé si juste que je regrette un peu là encore qu'on ne la vois pas plus à l'écran (même si une nouvelle fois, d'un point de vue scénaristique je le comprends).
Si je ne remets pas en cause le talent de Bertrand Tavernier (après tout je ne suis pas un professionnel, juste un simple spectateur livrant son ressenti), le dernier film que j'avais vu de lui (toujours en sa présence d'ailleurs ^^ ) "Dans la brume électrique" m'avait laissé quand même une petite saveur mitigé. Avec "La Princesse de Montpensier" cette fois ci, il m'as totalement épaté. La caméra est toujours bien placé, la direction d'acteur est parfaite et le réalisateur met tout son savoir faire pour mettre en avant chaque élément de son film. Il souhaitait faire un film profondément français (ça en rebute certain, moi pas personnellement ;-) ) et il à réussi en y mettant tout son cœur et beaucoup de passion. Malgré une fin étiré à n'en plus finir, le film est toujours dynamique et je n'ai pas ressenti particulièrement de temps morts chaque scène ayant son importance. Les plans se succèdent avec beaucoup de maitrise et il y à certaines scènes que j'ai vraiment trouvé très belle. Les décors sont parfaitement exploités et on retrouve de très bons maquillages (on en retrouve certains un peu plus léger à mon goût aussi) qui rendent ce film encore plus épique. Les costumes retranscrive bien la personnalités des différents personnages et à aucun moment je ne leur ai trouvé un côté "poussiéreux". Philippe Sarde emballe le tout avec une bande originale très belle qui correspond parfaitement au film et qui là aussi apporte pas mal de dynamisme. Tout comme "La fille de d'Artagnan" (pour citer un autre film de Bertrand Tavernier), j'ai trouvé la mise en scène énergique et adapté à notre époque ce qui fait que même si on à l'impression d'avoir déjà vu ses costumes des centaines de fois, cela ne nous ennuie pas tant on ressens que cela à été soigné pour les mettre au goût du jour. La lumière est aussi très bien exploité donnant un bon rendu sur certaines scènes, je pense par exemple aux scène de batailles, qui donne à certains plans l'impression de voir des tableaux.
Au final, "La Princesse de Montpensier" est une très bonne surprise. Il en rebutera plus d'un car les films d'époques sont pas toujours appréciés tout comme le cinéma français mais pour ma part j'ai vraiment passé un bon moment de cinéma grâce à une histoire prenante, des dialogues magnifique (j'ai lu le scénario deux fois, je trouve toujours que la tournure des phrases sont très belles... il me reste plus qu'à attaquer la nouvelle ^^ ), une interprétation excellente et une mise en scène qui nous offre un joli papier cadeau avec les beaux décors naturels et la bande originale comme nœud de ce cadeau. La seule chose qui m'es embêté c'est de devoir attendre une dizaine de minutes afin de vraiment me retrouver plonger dans cette histoire mais surtout cette fin qui même si je la trouve réussie s'avère amener beaucoup trop tardivement à force d'être étiré et fais perdre un peu de notre concentration. Même si il ne plaira pas à tout le monde, je conseille quand même ce film qui m'as offert un bon moment de cinéma. Un film d'époque comme je les aime :) .