Perenco reprend les activités de Total E&P Cameroun

Publié le 11 novembre 2010 par 237online @237online

Écrit par Mutations   

Jeudi, 11 Novembre 2010 14:49

é&P;éééééçééééçéèéé«àé»îé 
Les 75% de parts que Total Sa détenait ont été rachetés par ce groupe indépendant français.
La société Total a annoncé la finalisation d'un accord de principe avec Perenco, un groupe indépendant français d'exploration et d'exploitation pétrolière. Le communiqué de presse qui l'annonce précise toutefois que l'accord est «soumis à l'attention des autorités camerounaises».
En attendant de connaître la position de ces autorités,  l'on sait qu'il porte sur la cession des parts de Total dans sa filiale Total E&P Cameroun, société de droit camerounais dans laquelle le groupe détient 75,8% de parts aux cotés de la Société nationale des hydrocarbures(Snh) qui détient 20% et la société Paris Orléans du groupe Rothschild qui détient 2%.
Le repreneur Perenco a démontré ses compétences dans l'optimisation de la production de champs de pétrole déjà exploitable, le développement de nouvelles réserves au large de Kribi et travaille sur un projet de mise en valeur de gaz. «Forte de cette expérience, elle pourra poursuivre avec succès la coopération exemplaire que Total a développée avec la Snh depuis des décennies".

Les synergies entre ses opérations d'exploration-production au Cameroun et celles de Total E&P Cameroun, lui permettront d'optimiser l'outil industriel et d'inscrire son activité dans le long terme.
L'offre de Perenco est respectueuse des engagements pris par notre Groupe vis-à-vis de notre personnel et des autorités, a déclaré, dans le communiqué, Jacques Marraud des Grottes, directeur Afrique du groupe Total.
Selon des chiffres officiels, la production issue de l'exploitation des puits de pétrole opérés par Total au Cameroun atteint aujourd'hui 40 000 barils par jour, dont 8 000 barils par jour en quote-part pour le groupe. Difficile de savoir si cela est devenu insuffisant pour le groupe.

Stratégie financière
Toutefois, il est à noter que le groupe possède d'autres activités au Cameroun. Il est présent dans le raffinage avec une participation de 19,7% dans la Société nationale de raffinage (Sonara) et dans le stockage de produits pétroliers avec une participation de 18% dans la Société camerounaise de dépôts pétroliers (Scdp). Par ailleurs, sa filiale Total Cameroun Sa, qui gère un réseau de près de 160 stations service, domine le marché de la distribution de produits pétroliers avec 45% du marché.
Cette transaction ne manque pas d'intérêt et suscite d'ailleurs beaucoup d'appréhendions chez les acteurs du secteur. Pour certains, l'option prise par Total démontre simplement que le champ pétrolier camerounais n'est plus rentable bien que le coût du baril produit localement se situe autour de 5 dollars, contre  50 dollars sur le marché pour la même quantité vendue.

Le groupe ne voyant pas de visibilité  de réserves à court terme aurait donc préféré s'intéresser à de nouveaux champs notamment en Angola, en Côte d'Ivoire et ailleurs. «La question qu'on devrait se poser aujourd'hui est celle de savoir pourquoi la Snh n'a pas réussi, plus de 40 ans après le début de l'exploration, à monter une entreprise un peu comme ce qui se passe dans le secteur de la distribution avec Tradex?», poursuit, sous anonymat, notre source.
Mais au-delà de cette position où c'est «la stratégie financière qui l'emporte sur l'industrielle», ce sont les employés qui risquent gros. «Le ton a d'ailleurs été donné par Total en faisant partir en juillet dernier 120 employés. C'est le 4ème plan social de Total au Cameroun en moins de 20 ans, ce qui est quand même grave pour un groupe qui gagne beaucoup d'argent», poursuit la même source. Le risque est d'autant plus accentué que le nouveau repreneur est  considéré comme une «entreprises qui ne se soucie pas beaucoup des aspects sociaux». Un autre maillon qui ne voit pas encore clair dans cette transaction que subit la Snh, ce sont les Pme/Pmi locales.