Apprends-nous à attendre, Jean Debruynne

Par Tellou

28 novembre 2010

Apprends-nous à attendre, Jean Debruynne

Je suis une nulle de l'attente. Je suis impatiente (rires de ceux qui me connaissent). Il faut que les choses arrivent là, tout de suite, sinon je trépigne, je râle, je déprime. J'aime que les choses s'enchaînent, hop hop hop, pas de temps mort. Pas de temps vide. Pas de temps "gâché", pour rien. Il faut "faire" quelque chose. Et puis le temps liturgique, me rappelle qu'il n'y a pas de temps "mort" et que même les temps d'attente peuvent être "productifs". Que derrière l'attente, il y a un bouleversement. On ne sait jamais comment ça va arriver et c'est vrai que l'on trépigne, mais cela arrive. C'est certain. Et c'est bon. C'est bon d'attendre. C'est bon d'avoir des temps dictés par la religion pour nous replacer dans le temps et nous reconcentrer sur l'important, lever le pied.
Bref, pour ce premier dimanche de l'Avent, pour entrer dans cette saison, voici un texte de Jean Debruyne. Bon dimanche de l'Avent et en route pour Noël! (Avec en cadeau, un lever de soleil sur le Golfe persique)


Apprends-nous à attendre
 
Dieu
tu as choisi de te faire attendre
tout le temps d'un Avent.
Moi je n'aime pas attendre
dans les files d'attente.
Je n'aime pas attendre mon tour.
Je n'aime pas attendre le train.
Je n'aime pas attendre pour juger.
Je n'aime pas attendre le moment.
Je n'aime pas attendre un autre jour.
Je n'aime pas attendre
parce que je n'ai pas le temps
et que je ne vis que dans l'instant.
Tu le sais bien d'ailleurs,
tout est fait pour m'éviter l'attente :
les cartes bleues et les libre services,
les ventes à crédit
et les distributeurs automatiques,
les coups de téléphone
et les photos à développement instantané,
les télex et les terminaux d'ordinateur,
la télévision et les flashes à la radio...
Je n'ai pas besoin d'attendre les nouvelles :
elles me précèdent.
Mais Toi Dieu
tu as choisi de te faire attendre
le temps de tout un Avent.
Parce que tu as fait de l'attente
l'espace de la conversion,
le face à face avec ce qui est caché,
l'usure qui ne s'use pas.
L'attente, seulement l'attente,
l'attente de l'attente,
l'intimité avec l'attente qui est en nous
parce que seule l'attente
réveille l'attention
et que seule l'attention
est capable d'aimer.
Tout est déjà donné dans l'attente,
et pour Toi, Dieu,
attendre
se conjugue Prier.
Extrait de "Ecoute Seigneur ma prière", Jean Debruynne.