Déception glacée

Publié le 13 janvier 2008 par Jacqueline Favez & Yves Blanc

Comme cela vous avait été annoncé dans la note du 9 décembre (voir la), l'équipe du blogamoteur s'est rendu ce week-end sur une manche du trophée Andros.

Une première puisque tant Jacqueline que moi même avions déjà assisté aux 24heures de Chamonix il y a quelques années, mais encore jamais à une épreuve du championnat hivernal des courses sur glace qui en est à sa 19eme saison.

Autant vous le dire tout de suite, nous sommes rentrés très déçus.

Arrivés en début de soirée à Lans-En-Vercors, c'est la pluie et une température trop douce pour la saison qui nous accueillaient. Un appel à notre confrère (enfin, celui de Jacqueline, pas le mien :-) qui suit cette année le trophée pour une revue hebdomadaire suisse nous confirmait ce que nous pensions: la pluie et le vent nuisaient fortement au spectacle en noyant la piste sous l'eau. Résultat, nous décidions de nous rabattre sur une brasserie ou nous avons pu déguster quelques spécialités locales qui valaient largement le déplacement.

Samedi matin, le paysage n'avait plus rien à voir avec celui de la veille: 45cm de neige fraiche recouvrait le sol et les températures étaient plutot tournées vers la baisse que vers les tropiques. De quoi prévoir une deuxième journée de course plus heureuse que la première.

Arrivée sur le circuit et petite visite à l'équipe SaintéLoc (qui fait entre autre courir Jean-Pierre Pernaut et sont fils Olivier, mais aussi Margot Laffite (la fille de) et Pierre Llorach sur des autos préparées par Marcel Tarrès, l'ancien champion de course de côte qui avait remporté en son temps l'épreuve des Rangiers) pour prendre quelques photos de Bixente Lizarazu en train de se faire interviewer par une télévision avant d'aller prendre la température de la piste. Pas de doute, le froid est là et la piste immaculée.


Le trophée Andros se déroule sous la forme d'essais (une première manche libre, puis 2 manches chronométrées de 4 tours avec 4 voitures sur la piste, mais les unes derrière les autres). Ces essais sont déterminant pour le résultat final, et le pilote qui a réussi le meilleur chrono est quasiment assuré de remporter l'épreuve. En effet, les finales ne permettent d'attribuer que 20 points sur les 80 possibles que remporte le vainqueur. En revanche, les finales qui sont le moment ou les pilotes se rencontrent directement en peloton réservent parfois des surprises puisque un abandon empèchera le gain de ses 20 points. Mais comme le pilote qui a réussi le meilleur chrono part en pole, il n'a que peu de chance d'être pris dans un carambolage éliminatoire.


Bref, pourquoi ça ne nous a que peu enchanté: le spectacle annoncé n'est finalement que peu présent. Certes, les autos glissent, mais comme il n'y a que peu de confrontation directe, il n'y a pas beaucoup plus d'intérêt que sur une manche de drift. Les stratégies de course et d'équipes font que les pilotes ne se donnent souvent pas à fond. Les autos sont superbes (surtout leurs entrailles) mais se ressemblent toutes et sont beaucoup trop efficaces avec leur 4 roues motrices mais surtout directrices. Et les vedettes? Et bien ce sont des vedettes. Impossible d'approcher Prost ou les autres qui restent enfermés dans leurs structures si ce n'est pour monter dans les autos.

En fait, j'ai le sentiment que le trophée Andros est une grande famille qui se donne en spectacle, mais qui ne souhaite pas vraiment aller à la rencontre des spectateurs. Aux vues du nombre de personnes présentes samedi soir, il faut bien se douter que ceux -ci y trouvent leur compte,. Mais j'ai le sentiment que la majorité des présents étaient là pour voir ses fameuses vedettes, et pas une véritable compétition automobile.

Sinon, à coté de ça, il y a quelques autres courses. Celles dévolues aux sprint-car (des mini monoplaces à moteur de moto) permettent certainement aux pilotes (une épreuve réservée aux hommes, une aux femmes – les fameuses Ice-Girls) de se faire plaisir mais n'apportent aucun spectacle supplémentaire. Seule la course des Pilote Bike, des motards probablement déjantés, offre un peu de piment à la soirée, tant leur don d'équilibriste est grand.

Bon, allez, pour ceux qui voudraient quand même retrouver les résultats complets de l'épreuve de Lans en Vercors, c'est ici que ça se tient.

Yves