Combien de Kafs chez les élus et les chefs d'entreprise ?
Ensuite parce que cette réaction, aussi justifiée soit-elle, participe de la "politiquementcorrectisation" de notre société. Une ligne, une citation, sur 150 pages de rapport, et l'IRT est soupçonnée de complicité de racisme... Enfin, parce que tant qu'on s'émeut de ce genre de connerie proféré par quelqu'un qui n'a sans doute jamais mis les pieds ni au Chaudron, ni au Port ("pas très touristiques, comme destinations", note au passage un journaliste qui a suivi l'histoire), on ne parle pas du vrai problème kaf à la Réunion. On n'en parle en fait jamais, c'est un tabou. Parce que ça casserait l'image idyllique de notre île métissée. Simplement, il suffit de regarder : combien de kafs parmi les parlementaires réunionnais ? Réponse : un sur huit, le député René-Paul Victoria. Combien de maires ? Trois sur 24 : Gilbert Annette, Jean-Yves Langenier, et Thierry Robert. A la tête des chambres consulaires ? zéro. Des organisations patronales ? Pas un. Des syndicats de salariés ? Des administrations ? Dans les pages des carnets de Farah ? A la tête d'une grande entreprise réunionnaise ? Parmi les profs de fac ? Le kaf à la Réunion est invisible. Enfin, dans les instances qui représentent la Réunion, parmi "l'élite". Lo Rwo Kak jouait du maloya. Mais il n'était pas roi en son royaume. Ca, c'est une vraie question. Sans doute un héritage de l'esclavage. A quelques jours du 20 décembre, c'est un sujet de rélexion pour le Cran, et pour tous ceux qui s'intéressent à la société réunionnaise. Après, la petite phrase d'un touriste beauf...
François GILLET