Festival Europavox - jour 1- au Botanique, Bruxelles, le 2 décembre 2010

Publié le 02 décembre 2010 par Concerts-Review

C'est en 2006 qu'Europavox voit le jour en Auvergne.
Objectif: promouvoir la production musicale européenne dans toute sa diversité.
2010, Europavox émigre vers l'ensoleillée ( -8°c) Bruxelles, c'est le  Botanique qui accueillera les trois jours de festivités.
En ce radieux jeudi, Europavox s'associe avec les Journées Européennes du Développement pour offrir aux Bruxellois frigorifiés un menu de qualité.
7 groupes pour 8€, donnant accès aux 3 salles du complexe de la Communauté Française.

A 19h30' à la Rotonde : Jaqee!
Rien à voir avec un fromage blanc , ni avec le crabe sévissant au Club Dorothée, Jaqueline Nakiri naît en Ouganda en 1977, pour ensuite suivre papa et maman dans leurs pérégrinations qui aboutissent à Göteborg, capitale du death metal suédois.
En 2009 Jaqee s'installe à Berlin.
Quatre albums à ce jour, le dernier 'Kookoo Girl' ('Land of Free' chez le petit Nicolas!).
Elle s'ébat aussi bien dans la nu-soul, le gospel, l'old skool reggae, le riddims reggae, le ragga, le jazz, le rhythm'n blues... et va casser la baraque chez nous, c'est sûr, après son show d'hier soir!
Pour l'accompagner, trois citoyens dont la CI mentionne France ( en principe le groupe compte 6 membres).
Romain Germerie, a reggae drummer- Sébastien Houot: guitare - et le peu chevelu mais bondissant, Thierry Lechauve à la basse.
Ce trio nous balance une intro reggae laissant augurer de bonnes vibrations.
Voilà Jaqee.
Quelle fille... imagine le mannequin préféré des chauffeurs de taxi bruxellois, Waris Dirie, tu ajoutes une voix à faire passer Amy Winehouse pour un canari aphone et t'auras une petite idée du phénomène.
'Land of the Free' un chaud reggae teinté de soul , un truc tellement langoureux que t'oublies qu'il y a 10' t'étais transformé en bonhomme de neige.
'Natty Dread' ma voisine se déhanche à faire baver 2 ou 3 mâles sous Viagra.
'Take it or leave it' : on prend sans hésitations, ce soulful downtempo sensuel.
Un reggae/blues incroyable: 'Letter to Samson', avec de superbes envolées jazzy tricotées par Sébastien accouplées à une basse groovy du chauve.
Jaqee affiche une bonne humeur et un enthousiasme constants, cet état d'esprit positiviste gagne l'assemblée.
Prêt pour un singalong, Bruxelles?
Sautez dans le wagon ' Take the train'.
Un hipshaker pour Dumbo et Alecia Beth Moore,'Pink Drunken Elephant' .
Une pile électrique, cette nana!
Un membre de l'organisation affiche, en vain, un carton 'only 2' left', elle est dans son trip et attaque ' Karma' d'un album précédent.
Tu penses à Malia , une autre grande voix d'Afrique, et vaguement à Khadja Nin, qui vint vivre sous nos cieux cléments.
Quelques cris de chimpanzé puis d'ara avant de voir Jaqee devenir Barbara Hendricks: superbe!
Vite 'Moonshine' et je vous laisse danser avec les garçons!

Belle découverte!
Pitcho à l'Orangerie: impasse!
Idem, plus tard, pour Baï Kamara Jr ( déjà vu 10 x) et Carlton Rara.
 Madjo à la Rotonde!

Evian- les- Bains: il y avait la Société Anonyme des Eaux Minérales de Cachat, le Lac Léman, le Splendid, le casino et il y a Madjo.
Madjo , 27 printemps, un des chouchous de la presse musicale hexagonale, les Inrocks en tête.
On comprend, the new chanteuse on the rise (Aurgasm) a toutes les cartes en main pour s'installer aux côtés des Yael Naim , Keren Ann et autres Brisa Roché: un joli minois, des mélodies imparables, un univers onirique charmant et une présence scénique tonique.
Tu ajoutes qu'elle est accompagnée par une fine équipe: Ju-Ju aux percussions et beatboxing et deux choristes doués: Claire ( percussions/claviers) et Joro (basse) et, pour la seconde fois ce soir, tu ne regrettes pas d'avoir affronter la bise et les frimas.
Son album 'Trapdoor' sortait en 2010.
'Insomnia' un folk fragile, cf Joanna Newsom, chanté à 4 voix, des arrangements élaborés et un beatboxing décoratif.
Bruxelles sourit.
'Heading for trouble' un background soul et un phrasé à la Camille.
Irrésistiblement soft, mélodieux et ample à la fois: ' Leaving my heart', décorés de handclappings subtils , le chant haché te rappelle au bon souvenir d'Alela Diane.
'Le nid des 100 soucis' démarre en murmure gospel pour éclater en swing sautillant.
Hit potentiel!

Une guitare électrique et une basse ronronnante, des percussions tribales pour 'Mad mind' qui swingue gaiement, du Charlie Winston féminin.
..blinded by the light
do I have the right to chose...
La voisine de tout à l'heure tangue sensuellement.
Un titre aux rythmes exotiques, non mentionné sur la setlist , suivra et puis ' Trapdoor in a wall', une joyeuse rengaine enfantine pour dérider les esprits les plus maussades.
'Je claque des doigts' séance fingersnapping pour toute l'équipe.
Groovy time!
On clôture avec 'Le coeur hibou' qui débute par un choeur samplé avant une avalanche de sons débridés et hypnotiques , servis sur lit de lyrics bourrés de métaphores.
Madjo ou la joie de vivre!
Gros succès.
Mayra Andrade à l'Orangerie.
Direction le Cap-Vert: la saudade, la morna, le métissage, la grâce féline, le charme et une voix de velours: Mayra Andrade, ses 25 ans et son physique de Miss Universe.
Accompagnée par un duo de guitaristes hors-pair ( acoustique/électrique/cavaquinho) , dont Benoît Medrikovsky , 30 ans ce 3 décembre, d'un souple bassiste , d'un batteur local et d'un percussionniste plus coloré, la belle va nous la jouer diva au sourire éclatant.
Du jazz brésilien, des rythmes africains, des ballades langoureuses portés par une voix envoûtante et pétrie de sensualité: l'élément mâle du public est gâté et la gent féminine adore le côté romantique.
Tout le monde il est beau!
'Juana' sur le CD 'Storia, Storia' 2009, démarre en complainte Cesaria Evora avant de virer tempo Bahia de Salvador.
Mayra voue une profonde admiration à Elis Regina ou Maria Bethania, on le sent!
'Tchapu na bandera' tout aussi chaloupé.
La femme/enfant présente ses titres dans un français impeccable et fait preuve d'une gentillesse naturelle presque indécente dans ce monde de brutes intolérantes et cyniques.
'Odjus fitchadu' samba time, avant de passer à un titre plus profond ' Konsiensia', qu'elle composa en s'arrêtant sur la photo d'un enfant malheureux, illustrant la cover d'un magazine.
Un message humain décoré de fines lignes de guitare.
'Storia, Storia' un funana originaire de l'archipel atlantique, aux rythmes africains volcaniques omniprésents.
'Seu' une complainte déchirante.
'Mon carrousel'
...Sans un seul mot la tendresse s’ en va... du Edith Piaf créole, mais le manège tourne carnaval de Rio.
Cinq minutes participatives, les oranges bruxelloises au chorus pour 'Nha Damacha', orné d' une méchante guitare Carlos Santana.
On peut encore vous en jouer une: ' Tunuka' un dernier afro/latino jazz affriolant.


Zont même pas de rhum/pontche de coco au bar du Bota!
 Souad Massi
L'Orangerie a perdu quelques fruits, l'heure du dernier métro à Bruxelles est passée, mais plus un seul agrume n'a quitté la salle après les premières notes envoyées par Souad Massi.
Encore un concert extraordinaire, du folk algérien aussi fort que du Joan Baez en 1968, la classe.
La singer/songwriter de Bab El-Oued est, elle également, accompagnée par une fine équipe: aux guitares, dont une 12 cordes, le fidèle J F Kellner, le plus africain des guitaristes marseillais - Rabah Khalfa aux percussions ( derbouka, tombak, qraqeb, bendir...) et secondes voix - et probablement, Stéphane Castry à la basse et David Fall à la batterie.
Forte de cinq albums, Souad a de quoi jouer plus de deux heures, il faudra se contenter de 50 petites minutes.
'Deb' un folk/blues kabyle plus proche de Bob Dylan que de Khaled.
Un timbre poignant et un accompagnement tout en sobriété.
'Si Ahmed'
C'est qui ce mec?
Un pas recommandable, un ancien maire qui a détourné des fonds publics pour s'acheter un palais au coeur de la Casbah.
Une protest song acerbe et allègre à la fois.
'Ô Houria' oui, l'influence de Cabrel est évidente, mais franchement où est le mal?
Ce titre est imparable: poésie, tendresse, beauté!

Une mélopée arabo-andalouse enivrante: ' Ghirenta', et un nouveau folk ' Samira Meskina' , avant de changer son fusil d'épaule et d'amorcer un rock canon 'Tout reste à faire' .
Le Kellner se déchaîne, les copains le suivent au galop.
On poursuit sur la lancée 'Ilham', ça cogne sec, c'est aussi rentre-dedans que l'Orchestre National de Barbes s'attaquant aux Stones.
La Fender crache 26 notes à la seconde et les backing vocals de Rabah pénètrent, perfidement, dans ta cervelle ramollie.
Une grosse explosion.
Petit coup d'oeil à la tocante: 24h25', on aurait déjà dû fermer boutique!
Le quintet fait semblant de se tirer et revient nous balancer un nouvel hymne arabo-andalou mixé à du Michel Legrand 'Ya Kelbi', une basse tout en douceur et un chant exalté.
Une merveille!
Pour terminer avec un rock aux saveurs Jacques Dutronc ,'Belibik', une wah wah tonitruante pour nous faire danser avant d'affronter la neige.

Ovation mille fois méritée, et Souad revient seule pour une ballade épanouie, 'Hayati' (?).
Bye, bye l'Oued, direction la Sibérie!