La therapie du surdoue

Publié le 07 décembre 2010 par Psyhazan

Etre surdoué n’est pas une névrose ou une phobie.

Il n’y a donc pas lieu d’engager une thérapie, analyse ou psychanalyse pour un surdoué.

Sauf si effectivement notre surdoué souffre d’un symptôme du à un mal être psychique autre que le fait d’être surdoué.

Un surdoué peut avoir, comme tout un chacun, une névrose qu’il devra envisager, à sa convenance, de « soigner »…

Mais ensuite, il n’en reste pas moins vrai qu’il est surdoué.

C’est bien ici la complication de bien comprendre et de faire la différence entre la souffrance du surdoué et celle d’une personne névrosée.

Des points peuvent apparaître semblables, similaires ou confus.

La différence fondamentale entre un surdoué et une personne dans un dérangement affectif (névrose), c’est que l’un a besoin de comprendre pour grandir (le névrosé)(hormis les chocs émotionnels graves) et l’autre, notre surdoué doit comprendre et accepter que même s’il est adulte, il restera dans son cœur, toujours un petit enfant !

Par instant, c’est sa partie extrêmement brillante qui s’exprimera mais par d’autres moments, sa partie infantile, pleine d’humour et de tendresse, ne pourra pas être dans le refoulement.

C’est aussi simple que cela et aussi complexe, puisqu’il faudra évoluer avec ces différentes phases.

ALORS QUELLE CONSULTATION POUR UN SURDOUE ENDIFFICULTE ?

Le surdoué en difficulté est bien entendu un surdoué, non accepté par les siens.

C’est-à-dire qu’on le trouve bizarre, on se moque de sa façon d’être, on le pousse vers ces codes sociaux qui le font souffrir et…évidemment….il souffre…inutilement !

Consulter, pour un surdoué, c’est presque le parcours du combattant !

Trouver un psy qui n’engagera pas une psychanalyse traditionnelle et qui restera uniquement sur le terrain du surdoué…

Comment voulez vous qu’un psy non surdoué le comprenne et l’applique ?

Ceci devient en effet un très long débat. Mais mon expérience, mon parcours personnel que j’ai décrit dans « vos gueules les psys » et dont le titre à lui seul nous ramène à ce que les surdoués continuent de nous confier, confirmerait bien ce que j’en pense personnellement !

Pour ma part, il n’y a qu’un psy surdoué qui puisse remettre un surdoué en confiance.

Et pourquoi ne pas aller plus loin. J’ai même rencontré des personnes surdouées être reçues par des volontaires, surdoués qui n’étaient pas psychanalystes et qui pourtant s’en sortaient mieux que certains psy !

Oui, je sais, ceci va encore en en faire hurler plus d’un !

A vos plumes…

Pour conclure le sujet, je pense qu’il ne faut pas confondre psychanalyse ou analyse, avec le travail que nous faisons avec un surdoué (sans névrose, soyons bien clair) ;

Comprendre un surdoué, lui apprendre à s’entendre, s’écouter, s’accepter dans ses émotions et surtout comprendre qu’il devra s’en protéger ; Ensuite, lui faire entendre que ce qu’il n’aime pas faire, il ne pourra pas le faire, que ce qu’il ne désire pas, il ne pourra pas le conquérir…Et surtout ce qui lui fait peur, cette machine à penser infernale qu’il devra apprendre à faire tourner sur un support, etc…Pas facile de s’entendre dire : « Acceptez vous comme vous êtes », lorsque « les autres » vous ont démontré à quel point, vous étiez en état de faiblesse, ce qui contribuait à dissimuler vos capacités…Et elles sont si nombreuses !

LES DIFFERENTS SURDOUES : UNE AUTRE APPROCHE

Finalement, nous arrivons à la conclusion, encore à confirmer, que les agoraphobes seraient des surdoués refoulés.

Refoulé : qui ne s’accepte pas, qui lutte pour être comme les autres et évidemment n’y parvient pas, et qui s’acharne dans une « foule -de –RE », recommencer, ressayer, redire, etc…

Refoulement de sa personnalité.

C est pourquoi j’ai divisé les surdoués, selon leur degré de mal être à vivre, en 3 zones. Je m’en explique.

La Zone 1 :

Le surdoué accepté par sa famille, aimé, respecté, intégré et parfois même au sein de la même famille d’autres surdoués ou il peut s’y réfléchir…comme dans un miroir.

Celui-ci va bien, même très bien, au point de se demander si c’est réellement un surdoué !

Il est intégré socialement, il est zen, c’est celui que nous rêvons d’être !

Voyons ce que j’appelle la Zone2 :

C’est la zone intermédiaire, pour la comprendre, passons à la zone3.

Zone3 :

C’est le surdoué non accepté qui depuis petit voit bien qu’il n’est pas comme les siens, il ne ressent, ni ne perçoit les choses de la même façon et il essaie pourtant de rire quand les autres rient, il essaie de faire comme eux… Mais il n’y parvient pas !

Alors il va tenter de leur expliquer qu’il ne comprend pas pourquoi il n’arrive pas à réagir comme eux…et ce sont les moqueries.

Il vient de donner le bâton qui lui montrera dorénavant à quel point… Il est bête !

Peu à peu, il entre dans cette étrangeté de ne plus reconnaître les siens, mais le processus fonctionne différemment …Il ne se reconnait plus dans le regard des siens et il finit par ne plus se connaitre. Il vit dorénavant avec des personnes étrangères ou tout lui semble étrange.

Mais l’étranger, c’est lui, il se rétrécie pour se protéger de ce monde, mais parfois, il se sent plus grand qu’eux, et de rétrécissement en plus grand, il est entré dans ce que Lacan appelle « le monde de la mère », la bulle ou il s’enferme pour se protéger, et pour moi il est dans «  le syndrome d’Alice au pays des merveilles! »

Bref, il est agoraphobe.

Ceci est la Zone3.

Et vous vous en doutez, il faudra lui tendre la main, réapprendre à lui donner confiance au monde, puis à lui, pour qu’enfin il puisse sortir de sa bulle, du monde de la mère, et pour ainsi dire, refaire une seconde naissance.

Plus exactement, les premiers pas vers sa vie de surdoué !

Revenons à la Zone2.

Zone2 :

C’est évidemment l’intermédiaire enter la zone1 et la zone3, le surdoué, accepté mais pas trop compris, aimé mais qui dérange un peu, intégré mais pas trop.

Agoraphobe ? Non, mais ADP certainement par moment. (adp : attaque de panique)

En classant les surdoués en trois zones, on peut, ainsi, mieux comprendre pourquoi ils peuvent être si différents, l’approche est également différente.

« La thérapie » pour un surdoué, n’a donc rien à voir avec les thérapies traditionnelles, puisque quoi qu’il en soit le surdoué, en zone 1,2 ou 3 est tout en émotion et toute raison, raisonnable, raisonnement… lui sont insupportables !