Chambre avec vue ou le jour où j'ai failli voir le mont Fuji ...

Publié le 15 décembre 2010 par Asiemute

Si le choix de mon hôtel fût judicieux - sur les bords du lac Kawaguchi - il n'en fût pas de même pour celui de la date de mon séjour. Arrivée sous la pluie, j'ai bien falli désespérer de ne jamais le voir, le mont Fuji !

Il faut dire que j'avais pris la précaution d'effectuer ma réservation quelques temps avant mon départ car je voulais absolument une chambre avec vue. De ce côté là, rien à dire : ma chambre traditionnelle japonaise d'au moins seize tatamis et les bains communs donnaient bien sur le célèbre mont, objet de ma convoitise.

Partie de Tokyo (gare routière de Shinjuku) sous une pluie battante le matin, je suis arrivée en début d'après-midi à Kawaguchiko, sous une pluie non moins battante et un ciel définitivement plombé.

Fort heureusement, j'ai pu profiter longuement et avec délectation des bains communs - intérieur comme extérieur, boire des litres de thé et me plonger dans la lectures des nouvelles de Yoko Ogawa, bien à l'abri, dans ma chambre sans avec vue, dans ma chambre d'au moins 16 tatamis ...

Si j'insiste sur les tatamis, c'est qu'il y a longtemps que je voulais en parler et qu'enfin, j'ai eu le temps, lors de ce long après-midi, de me documenter sur la question.

De prime abord, lorsqu'on pénètre dans une pièce "tatamisée" (après avoir oté ses chaussures, bien entendu), outre les plaisirs visuel et tactile, le plaisir olfactif est immédiat. En effet, le tatami exhale un parfum très caractéristique et extrêmement agréable d'herbes fraichement coupées.

Le tatami est un objet typiquement japonais, sans influence chinoise ou coréenne qui serait apparu il y a 1300 ans, sous l'ère Nara, où il était utilisé comme lit. Il devint par la suite un produit de luxe pour la classe aisée à une époque où la plupart des maisons avaient un sol en terre battue. C'est vers la première moitié de l'ère Edo (1730), qu'il se répandit parmi les couches populaires de la société.

Les tatamis sont fabriqués à partir de jonc - l'igusa - et de paille de riz. C'est le choix des plantes qui déterminera les différentes qualités et couleurs du tatami. Ils sont bordés de brocard pour les plus traditionnels ou plus simplement d'une bande de tissu noir.

Particulièrement adapté à l'architecture des maisons traditionnelles japonaises en bois et au climat (humide) japonais car il protège les sols, les isole et ne pourrit pas, le tatami, outre ses qualités d'assainissement, empêche également le développement de parasites ou d'insectes.

Le tatami est également étroitement associé à la cérémonie du thé et aux rites religieux japonais.

Bien qu'il soit aujourd'hui moins présent dans l'habitat japonais, le tatami n'en reste pas moins une unité de mesure de référence : au lieu de compter en m² la surface d'un appartement, on compte en tatamis. Ainsi, ma chambre d'environ 20 m² correspond à une surface de plus ou moins 16 tatamis. Cependant, les dimensions peuvent varier d'une région à une autre.

En effet, on classifie les tatamis en trois types :
- Kyou-ma (191 cm x 95,5 cm)
- Chuukyou-ma (180 cm x 90 cm)
- Kantou-ma, le plus populaire (176 cm x 88 cm).

Voila, la nuit va bientôt tomber et le ciel semble s'éclaircir et surtout, j'ai réussi à caser mes tatamis ;) Mais toujours pas de Fuji en vue !

Allez, je vous retrouverai après le dîner. On dîne tôt au Japon, 19 heures en général. Et puis c'est la pleine lune et je suis certaine qu'elle va me réserver quelques surprises ...

Photos prises Sunnide Resort (mai 2010)
Réservation effectuée auprès de
Japanican