Le 10 Tevet commémore le début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor II, roi de Babylone.
Le dixième jour du mois de Tevet de l'an 3336 depuis la Création, les armées de Nabuchodonosor II établirent le siège de Jérusalem.
Suite à cela, le peuple juif fut exilé en Babylonie pendant 70 ans.
Il est dit dans le Tanakh, dans les livres des Nebi'îm, "Il arriva, en la neuvième année de son règne (de Sédécias), dixième mois, le dixième jour du mois, que Nabuchodonosor, roi de Babylone, vint contre Jérusalem, lui et toute son armée, et campa contre elle ; et ils bâtirent contre elle des retranchements tout à l’entour. La ville fut assiégée jusqu’à la onzième année du roi Sédécias…" (II Mélakhim alèf, bèt (Rois) 25, 1 et suivants).
Suite à cette tragédie, les Juifs exilés en Babylonie et ne purent regagner leur pays, pour ceux qui le souhaitaient, que 70 ans plus tard, sous le règne du roi babylonien Cyrus.
Trois autres jeûnes sont observés pour marquer ces événements marquants et traumatisants de l’histoire du peuple juif.
Le jeûne du 10 Tevet est donc le premier de la série des jeûnes qui va jusqu’au 9 Av.
Le 17 Tamouz, où la première brèche fut creusée dans les murailles entourant Jérusalem par le roi Titus.
Cet événement s’est produit à l’époque de la conquête romaine, en 70 de notre ère.
Le 9 Av, Ticha BeAv, jour particulièrement tragique de la destruction des deux Temples de Jérusalem.
Le 3 Tichri, appelé Tsom Guedalia, où le gouverneur juif de Judée nommé par Babylone, Guedalia Ben Ahiqam, a été assassiné.
Ce meurtre a mis fin à la relative tranquillité dont jouissaient encore les Juifs de l’époque.
Le jeûne du 10 Tevet fut instauré dès l’époque de l’exil de Babylone.
C’est un demi jeûne observé de l’aube au crépuscule.
C’est le seul jeûne qu’on ne déplace pas s’il se trouve un vendredi.
En Israël, le 10 Tevet a été désigné par le Grand Rabbinat comme jour du Kaddish en souvenir des victimes de la Shoah, dont le lieu et la date du décès sont pour la plupart inconnus.
Le rabbinat orthodoxe est plutôt réticent au choix de Yom Hashoa qui tombe toujours dans le mois de Nissan, mois durant lequel on ne doit pas être attristé.
Cependant de plus en plus c’est Yom Hashoa qui compte.
Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi explique qu’un jour de jeûne est aussi un jour de bienveillance divine.
Comme l’obligation de jeûner le 10 Tévet est, à certains égards, plus stricte que pour les autres jeûnes, on peut comprendre que la bienveillance divine est aussi plus forte ce jour-là.
Il faut aussi se souvenir que le 10 Tevet marque le début d’un processus de destruction et que le jeûne, signe de contrition et de Téchouva, marque une prise de conscience.
L’expérience humaine montre combien il est important que cette prise de conscience ait lieu au début du processus et non à la fin.
D’où la pertinence de continuer de marquer le 10 Tevet encore aujourd’hui.
Hag 10 Tevet à toutes et à tous.