J’aime les bonefish. Je les aime tellement, parfois ils me rejoignent au milieu de la nuit. Je suis dans mon lit, à Paris, la tour Eiffel dort, c’est à ce moment qu’ils arrivent. Je ne sais pas pourquoi ils font ça, ils arrivent du ciel droit dans mes rêves. Mon lit n’est plus mon lit, c’est un skiff sous le soleil brûlant, Je me mets debout, j’en vois un à 10 heures, à 15 mètres, sa queue se tortille en l’air comme ccelle d’un chien, il a probablement trouvé quelque chose d’intéressant à truffer. Ma crazy charlie file dans l’air, elle atterrit entre la fenêtre et la chaise, le bonefish la regarde alors que je la ramène, je stripe, stripe et stripe encore. IL l’a suit, je ralenti. Il se rapproche, je ramène plus vite, il sprint, attrape la mouche, je le sens dans mes doigts, il se retourne, je ferre, une fois, deux fois… Il est accroché, le moulinet fait le bruit des moulinets lorsqu’ils sont contents, Mr Bone file vers la mangrove, mais mon frein est costaud et doux à la fois, Mr Bone est à la peine, Mr Bone ne peut pas aller où il veut. Il regarde désespérément à cette mangrove solitaire, je suis sur qu’il aimerait m’y entortiller ma ligne…Je le ramène, je trébuche sur mon oreiller. Putain qu’est ce qu’un oreiller fout sur mon bateau !!?? Mr Bone file encore, mais pas si loin. Après quelques minutes, Mr Bone m’appartient. Il me regarde avec ses petits yeux de cochon, « qu’est ce que tu crois que t’es entrain de faire ? ». Je l’aime tant. Il est du genre gris, de ceux qui passent leur journées dans l’herbe à tortue, il a ces grosses raies sombres sur le corps, pas comme les fantomatiques argentés, ceux qui vivent sur le sable blanc. Je lui enlève la charlie des lèvres. j’aime sa peau, se touché si particulier. Il s’en va en tortillant parmi les herbes. J’en cherche un autre. Le matin ma femme me demande: « Qu’est-ce que t’as foutu cette nuit?? Tu sautais sur le matelat en hurlant !! » Moi ? Je n’ai jamais aussi bien dormi…