Football camerounais : que demander au Père Noël

Publié le 24 décembre 2010 par Atango

Impossible de résister au marronnier. Voici venue la fin de l'an, et son cortège de fêtes pendant lesquels l'usage veut que l'on se souhaite et que l'on souhaite à son prochain le meilleur pour l'année en gésine. Sacrifions donc au rituel, et penchons-nous sur le cas du principal centre d'intérêt de ce blog : le football camerounais.

Que pourrait-on bien souhaiter au football camerounais pour l'année 2011 ? Que demander de plus que ce que nous avons déjà ?

Nous avons en effet dans nos rangs le meilleur footballeur africain de ces dix dernières années. Nous avons aussi une équipe nationale qui, sur le papier, devrait rivaliser avec les meilleurs mondiaux : au moins dix-sept joueurs sur les vingt-trois régulièrement convoqués évoluent dans des clubs du top level mondial : Inter Milan, Arsenal, Ajax d'Amsterdam, Tottenham, etc. De ce point de vue, nous n'avons rien à envier à la Hollande ou au Ghana... Seulement, la Hollande et le Ghana ont terminé dans le carré d'as de la dernière Coupe du Monde, et nous dans la queue du peloton. Constat : ce serait une plaisanterie de demander au Père Noël du talent : nous en avons suffisamment.

Les Lions Indomptables reçoivent à eux seuls une part du budget national qui, lorsqu'elle est mise en regard avec leur poids démographique, apparaît simplement scandaleuse. La part individuelle des primes versées à ces jeunes gens pour la Coupe du Monde sud-africaine était l'équivalent de 1000 salaires moyens annuels au Cameroun. Le total de la somme dépensée pour cet événement, tous frais confondus, équivaut quant à lui à la somme nécessaire pour construire trois hôpitaux ou quatre lycées, entièrement équipés. Ainsi, seul un sacré plaisantin songerait à demander au Père Noël plus de moyens. Il y en a déjà trop.

Pourtant...

Pourtant, la nation du quadruple ballon d'or africain est aussi celle de Petit Pays, le Président de club le plus folklorique de toute l'histoire du football, qui donne à chaque vrai amateur de ce sport l'envie de se reconvertir aux claquettes.

Ce pays, naturellement et régulièrement doté en talents bruts, se trouve absolument incapable de mettre en place la moindre politique de formation digne de ce nom : et il y a longtemps que notre football est sans âme.

Ajoutez à cela diverses querelles aussi puériles que régulières, une aptitude rare à tout transformer en chienlit, une incapacité chronique à bâtir et à organiser, secouez le tout, et vous aurez cette chose innommable qu'on appelle "football camerounais".

Allez, finalement, on ne va pas déranger le Père Noël pour ces histoires lamentables.

Bonnes fêtes à toutes et à tous.

Big dédicace :