Hippopotamus, déroutant!

Publié le 16 janvier 2008 par Chrisos


Hippopotamus Franklin
6 avenue Franklin Delano Roosevelt, 75008 Paris.
Tél. : 01 42 25 77 96. Site Web.

Pas la peine de présenter trop longtemps cette chaine de restaurants de viandes (ils ne font pas que ça, si vous n’êtes pas carnassier, vous trouverez quand même quelque chose à manger), née en 1968 au 6 avenue Franklin Delano Roosevelt (40 ans en 2008 donc). Tombé dans le giron de JP Bucher (groupe Flo) au début des années 1990, il a fallu survivre et s’adapter à l’épisode vache folle, donc se diversifier.

Pour moi l’Hippo, c’est avant tout celui de Nice (avenue Félix Faure, à deux pas de la place Masséna), en terrasse ou à l’intérieur, où je venais me réfugier assez souvent les vendredi au déjeuner, pour échapper aux infâmes poissons de la cantine du Lycée Masséna. Tartare de tomates au guacamole, oeuf poché à la ciboulette, burger saignant, carpaccio d’ananas apportaient alors un peu de réconfort au pauvre élève en classes préparatoires que j’étais. Ah, les chips de l’Hippo avec l’apéro, si grasses… Après mon départ de Nice, en 1999, j’ai beaucoup moins fréquenté cette enseigne. J’ai du y aller 3-4 fois maximum depuis l’an 2000, en étant à chaque fois un peu plus déçu (Montparnasse et les Halles, berk!). Ce midi, je ne devais pas avoir toute ma tête, et avoir la nostalgie de mes années niçoises. D’où mon passage par l’Hippopotamus où tout a commencé. Avec envie de savoir, qui des Hippos ou de moi avait le plus changé…

Service et accueil féminins, pas toutes jeunes (elles étaient plus jeunes et plus minces à Nice, dans mon souvenir). On m’installe à une table dans la mezzanine, les tables sont toujours recouvertes de nappes en coton rouge, elles même portant des set de table en papier blanc avec des suggestions dessus. Hum, c’est exquis, n’est-ce pas? Tables assez proches les unes des autres, clientèle du quartier, pas mal de monde dans la finance, l’immobilier, les assurances.

Ce n’est surement pas la saison, mais il y a quand même le tartare de tomates guacamole à la carte (5,90€, le prix a facilement doublé depuis 1999), que je prends avec un demi de Heineken en pression (25cl, 3,9€, là encore, jolie inflation). Un peu de pain sans intérêt. Bière et entrée arrivent au bout de 7-8 minutes. Tiens, les assiettes ont changé. Pourquoi pas, mais du transparent c’est bien sur une belle nappe blanche, là ça fait moche. Admirez quand même l’assortiment de couleurs texte et tomates! Visuellement : bof, et dans la bouche aussi, bof. Ma consolation c’est que comme ce n’est pas très copieux, j’ai quand même terminé, mais que ça ne fera pas de mauvaise graisse.

Ce n’est surement pas la bonne saison pour ce plat, mais il est à la carte, donc je l’ai pris, et ce n’est pas une réussite!  Que donnera l’entrecôte de bœuf charolais saignante, frites, sauce béarnaise (24,5€). La sauce béarnaise semble légèrement diluée, ça se voit à la texture (assez fluide) et au goût (pas très goûtu). Le moulin à poivre marchotte.  Les frites , genre alumettes, sont standard assez bonnes tant qu’elles sont encore chaudes, elles passent moins bien en tiédissant. Pas trop grasses, c’est déjà ça. La viande quant à elle, n’est pas mal, mais elle n’est pas en un morceau, il  y a finalement assez peu de bon gras, par contre il y a pas mal de parties non mangeables, à nettoyer et à séparer (heureusement sans trop de difficulté). C’est copieux.

Mais pour environ 26€, à cinq minutes de là, on a une entrecôte au Griffonnier, et c’est quand même meilleur. On pourrait aussi citer celle du bistrot Paul Bert (pas le même quartier, certes), mais j’avoue avoir du mal à voir l’avantage et l’intérêt de l’Hippo par rapport à ces bistrots qui ne sont pas des chaines et qui servent de la viande de meilleure qualité! Les gens y vont sans doute pour ne pas changer, pour éviter les surprises (mauvaises, mais surtout bonnes) : ce n’est pas extraordinaire, juste standard, pas mauvais. Et puis contrairement à d’autres chaines, je n’ai jamais été malade après.Par contre, ce n’est pas vraiment moins cher!

Bref, tout ça pour dire que je crois que j’ai presque définitivement tourné la page Hippo (il faudra tester une dernière fois leur burger, sauce au poivre, avant 2010). Ces restaurants et moi ayant évolué vers des états assez différents, je pense que ne sous sommes plus copains. 34,30€ pour ce repas certes copieux, mais disons le une dernière fois, trop cher pour ce que c’est, dans un cadre quelconque. Service pas méchant, lisse, mais je n’ai pas eu mes chips!