Photo : le pubis des femmes

Publié le 16 janvier 2011 par Adelap @adelap10

 Tandis que mon livret A va passer à 2%, Oliviero Toscani fait des siennes en Italie avec un calendrier de photographies de sexes féminins, et déjà la critique s'emballe… Sacré Oliviero. Tiré à 76.000 exemplaires, le calendrier est distribué avec la version italienne du magazine Rolling Stone, l'objectif étant de promouvoir l'image d’un groupe de tanneurs italien Vera Pelle!
Pendant la conférence de presse donnée au Pitti Uomo, le photographe s'explique : "Je voulais déglamouriser les traditionnelles photos de mode, où les femmes déambulent en talons aiguille en arborant des lèvres rouge vif (...) et où tout est montré excepté le triangle du sexe féminin, le vrai cœur de la séduction".
Les Calendriers de Vogue font fureur et entrainent aussi le scandale, parce que oui, mesdames les féministes ne supportent pas que l'image de la femme soit ainsi mise en avant à des fins publicitaires!!
Bref, je vais vous raconter une petite histoire très personnelle, très intime.L’histoire commence par une envie de pisser, et l’histoire se répète pendant un peu plus d’un mois…
En tout lieux et à toute heure, comment une femme fait pipi.

C'était en 2008. Très souvent en vadrouille, je me retrouve souvent dans des endroits improbables, du plus luxueux restaurant à la salle de concert la plus glauque. Pour nous, femmes, faire pipi dans des toilettes inconnus est une vraie épreuve. Alors j'ai eu l'idée, l'envie, le besoin pendant plus d'un mois de photographier ce périple très intime. J'en ai réalisé des livres 18x 13,8cm / Dos Carré Collé dans une boîte cartonnée 20 x 15,5 cm recouverte de tissus argenté agrémenté d’un carreau de faïence de 10,8x10,8 cm. Intérieur en papier Lilas.
J'en ai vendu trois exemplaires sous le manteau. Un à une psychologue, le second à ma mère, le troisième à un homme d'une grande culture!!Quelque temps plus tard, j'ai fais partis d'un cercle d'artistes féministes. Une sorte de réunion où nous parlions de notre travail d'artiste, de femme, de la femme dans l'art, de l'art et la femme, des écrits sur la femme, d'être une femme artiste etc. Pas féministe pour un sou, je n'aime pas les cercles, les groupes, les religions, les partis, les rassemblements… je me testais…J'en suis venue à parler de mon travail de photographe. Pas celui que je vous montre sur ce blog ou sur le site , non, le travail qui m'anime, me passionne, me tient en éveil… Et j'ai sorti ce livre "J'irai pisser chez vous" de ma besace. Un peu honteuse dans un premier temps de montrer ces images grades vraiment pas glamour, la surprise puis la vive admiration de ces femmes pour ce recueil a dédiaboliser ce que je leur montrais "mais tu es plus féministe que nous…!" S'en ai suivi une discussion animée sur ce que nous pourrions faire autour de ces images, de cette démarche : nous allons pisser debout, oui debout devant une façade, nous serons une quinzaine et nous pisserons debout… comme les hommes… Une sorte de performances d'artistes venues d'horizons différents, mais réunies pour la même cause.Nous ne l'avons pas fait. Le problème des groupes, c'est qu'il faut s'organiser, se réunir, se confronter, être disponible. Nous ne l'avons donc pas fait.Pourquoi je vous parle de tout ceci, alors que le web enregistre nos traces, nos mots, nos images et que nos futurs employeurs, clients, amis auront tout loisir de lire toutes ces conneries, ces essais de jeunesse… Je sais pas… enfin il me semble qu'il faut parfois savoir tourner la page, qu'il est temps d'arrêter de se voiler la face, qu'il faut assumer tant bien que mal ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous pensons, ce que nous créons.Toscani avec son actualité rongée par la polémique me sert aujourd'hui de porte-drapeau. Pas que je lui ressemble, ni veuille lui ressembler, mais merde, les femmes qui ont posé pour ce calendrier le font en toute connaissance de cause, que pisser debout ou en lévitation au dessus de chiottes dégueulasses n'a rien de choquant ou de dégradant… enfin si quand même un peu!!! Mais tout ça pour dire que je me suis vraiment marrer à faire ce livre, que pendant un mois j'ai photographié toutes les fois où je suis allée au toilette, noté la date, l'heure, le lieu. Déroulement : 1 image de l'action en lévitation / 2 le résultat / 3 la chasse d'eau / 4 l'autoportrait.Vous remarquerez tout de même que la pudeur est plus forte que tout et que je ne vous ai pas mis les images en énorme, comme je le fais d'habitude… je ne vais pas pousser le vice si loin… petite joueuse va!! Bon j'en ai trop dit…

Sinon, on peut toujours aller à l’école des Beaux-Arts de Dresde découvrir Petra, de l'artiste Allemand Marcel Walldorf, en train d'uriner…