Puisque Nathalie Riera

Par Gerard

« Puisque Beauté il y a ». D’abord ce titre. Constat de débordement. De trop. La force magnétique de ce « Puisque ». Les Japonais classiques ont leur fameux : « Et cependant… ». Nathalie Riera, elle, puise son verbe dans ce « puisque » originaire - éruptif. Mot à partir duquel se déplie tout le reste.

La poésie de Nathalie Riera possède la nudité des écorchures en plein vent et des rires plus anciens que la vie. La main est ferme, le trait est net, tous les sens en éveil. Le poème atteint le plein ; l’ouvre à ce qui l’emporte et le poursuit. Il faut pour parvenir à pareille maîtrise une lucidité hors du commun. « Comme la clarté est muette », écrit-elle. Poème, donc, dans « sa vertu de silence ».

Affinité avec la lumière du Sud. Avec le tressaillement de la branche après la chute du fruit. Murissement lourd, sensuel. Un « pansensualisme », comme on disait « panthéisme » à l’époque des dieux.

« La tristesse n’est pas un chemin de pluie/et la pluie ne fait pas pleurer ». A qui sait ainsi dépasser l’expérience singulière pour s’en remettre aux vents des dehors sont promises de belles œuvres. L’humain n’en est que plus complet. Il trouve sa juste place. Une telle précision, inscrite sur ce « puisque ».

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« Puisque Beauté il y a », de Nathalie Riera (Lanskine, 2010).